Les actions voient rouge, Powell jette un froid, inquiétude sur la BCE
par Laetitia Volga
PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes ont fini en nette baisse vendredi après les propos fermes du président de la Réserve fédérale (Fed) qui ont jeté un froid sur la perspective d’un ralentissement du resserrement monétaire aux Etats-Unis.
Autre facteur défavorable aux actions, les échos en provenance de la Banque centrale européenne penchent là aussi résolument du côté ‘hawkish’. Cinq sources ont déclaré à Reuters que plusieurs responsables de l’institution de Francfort souhaitent débattre d’une hausse des taux directeurs de 75 points de base le moins prochain compte tenu de la détérioration des perspectives d’inflation et en dépit des risques de récession.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,68% à 6.274,26 points. Le Footsie britannique a cédé 0,7% et le Dax allemand a abandonné 2,26%.
L’indice EuroStoxx 50 a reculé de 1,93%, le FTSEurofirst 300 de 1,68% et le Stoxx 600 de 1,68%.
Au moment de la clôture européenne, Wall Street était également dans le rouge: l’indice Standard & Poor’s 500, référence de nombreux investisseurs, perdait 1,88% tandis que le Dow Jones reculait de 1,57% et e Nasdaq de 2,43%.
A l’occasion du symposium des banques centrales à Jackson Hole, Jerome Powell, a déclaré qu’une politique monétaire restrictive sera nécessaire « pendant un certain temps » avant que l’inflation ne soit maîtrisée, ce qui ne sera pas sans mal pour les ménages, les entreprises et la croissance économique.
Jerome Powell n’a donné aucune indication ce qui pourrait être décidé lors de la réunion de septembre mais les contrats à terme sur les taux d’intérêt suggèrent une probabilité de 56,5% d’une nouvelle hausse de taux de 75 points de base, contre 46,5% avant la prise de parole du président de la Fed.
Ce dernier a par ailleurs relativisé l’annonce en début d’après-midi d’un ralentissement de l’indice des prix à la consommation PCE en juillet, réaffirmant que l’amélioration d’un seul mois est insuffisante pour être convaincu d’un reflux de l’inflation.
« La Fed n’aime pas le fait que le marché intègre déjà des baisses de taux, elle veut que l’on croit qu’elle va resserrer et resserrer jusqu’à ce que le tuyau grince (…) il se pourrait que le marché se rende compte que la Fed n’est pas derrière elle et ne le sera pas tant que les données ne changeront pas », a déclaré Neil Wilson, analyste chez Markets.com.
VALEURS
En Bourse, tous les secteurs européens ont fini dans le rouge. Du côté des valeurs individuelles, l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft a pris 3,39% dans le sillage de son concurrent américain Electronic Arts (EA) (+5,13%), qui profite d’une spéculation sur la possibilité qu’Amazon tente de le racheter.
TAUX/CHANGES
Les informations de Reuters concernant la BCE ont logiquement soutenu les rendements des emprunts d’Etat en zone euro: celui du Bund allemand à dix ans a pris plus de sept points de base autour de 1,398% après un pic en séance depuis fin juin à 1,435%.
Pour la même raison, l’euro avance de 0,36% à 1,001 dollar.
Les marchés monétaires intègrent une hausse de taux de la BCE de 62 points de base en septembre contre 56 points de base auparavant.
Le dollar est quasiment inchangé (-0,03%) face à un panier de devises de référence et le rendement des Treasuries à dix ans recule légèrement, à 3,013%.
LES INDICATEURS DU JOUR
Du côté des statistiques publiées en Europe, l’indice du moral des consommateurs allemands, calculé par l’institut GfK, s’est à nouveau dégradé pour tomber à son plus bas niveau à l’approche du mois de septembre alors les ménages anticipent une envolée de leurs factures d’énergie. En revanche en France, la confiance des consommateurs a augmenté de manière inattendue en août.
PÉTROLE
Sur le marché pétroliers, les cours repartent à la hausse malgré les propos de Jerome Powell concernant le ralentissement économique nécessaire face à l’inflation.
Le Brent prend 0,47% à 99,81 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,16% à 92,67 dollars.
(Rédigé par Laetitia Volga, édité par)
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