L’envolée du pétrole pénalise les Bourses et propulse les rendements à la veille de la BCE
par Diana Mandia
9 septembre (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse mercredi, la flambée des prix du pétrole rognant l’appétit des investisseurs, qui craignent surtout que l’inflation ne s’installe durablement.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,94% à 8.156,67 points. À Francfort, le Dax a reculé de 1,74% et à Londres, le FTSE 100 a abandonné 1,31%.
L’indice EuroStoxx 50 a fini sur une baisse de 1,70%, le FTSEurofirst 300 a perdu 1,42% et le Stoxx 600 a reculé de 1,48%.
Les actions ont été durement touchées par l’instabilité accrue au Moyen-Orient, qui a propulsé mercredi les prix du pétrole au-dessus des 100 dollars le baril, un seuil symbolique qu’il n’avait plus franchi depuis le 24 juillet dernier.
« La remontée du Brent vers les 100 dollars, puis son retour au-dessus de ce seuil, reflète un marché qui doit de plus en plus revoir son estimation de la durée pendant laquelle la crise au Moyen-Orient continuera à freiner l’offre en provenance de la région », souligne Ole Hansen, responsable de la stratégie sur les matières premières chez Saxo Bank.
Le Brent, référence mondiale du marché, avance de 3,32% à 101,17 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,55% à 96,33 dollars.
Les cours du gaz sont également affectés par la recrudescence des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ces dernières heures, comme en témoigne la flambée du contrat de référence néerlandais à échéance la plus proche sur le hub TTF, qui grimpe de plus de 4% à près de 80 euros par mégawattheure (MWh).
Le conflit au Moyen-Orient s’intensifie une nouvelle fois et sa résolution semble s’éloigner encore davantage, l’Iran ayant attaqué des navires près d’Ormuz et une base américaine en Jordanie, en réponse à la destruction de pétroliers iraniens par Washington. L’escalade vient s’ajouter aux attaques revendiquées mardi par les Houthis dans le sud de l’Arabie saoudite.
Ces nouvelles attaques surviennent alors que les investisseurs sont très attentifs à la politique monétaire : la Banque centrale européenne (BCE) annoncera très certainement une deuxième hausse de ses taux jeudi et le marché s’attend même à une troisième avant la fin de l’année, tandis que les chiffres de l’inflation attendus vendredi aux États-Unis pourraient déterminer la décision de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine.
Les craintes d’inflation viennent aggraver les turbulences d’un marché obligataire déjà tendu en raison de la dette publique élevée des grandes économies et des risques budgétaires dans des pays comme la France.
Dans la deuxième économie de la zone euro, les rendements des obligations d’État ont atteint ce mercredi leur plus haut niveau depuis 2008, lors de la crise financière mondiale.
Aux Etats-Unis, les rendements ont brusquement augmenté alors même que le Trésor a apporté des précisions concernant ses rachats d’obligations destinés à maîtriser les tensions sur le marché de la dette : il rachètera jusqu’à 6 milliards de dollars d’obligations d’État à 10 et 20 ans jeudi, soit le triple du montant de sa dernière opération portant sur des titres à long terme.
VALEURS
Le secteur pétrolier et gazier de l’indice Stoxx 600 a profité de la hausse des cours du pétrole et fini sur un gain de 0,23%, avec TotalEnergies, comme seule valeur terminant la séance dans le vert à Paris (+0,59%).
Les actions du secteur du luxe ont été particulièrement touchées par les ventes, comme à chaque fois que les tensions géopolitiques menacent de compromettre leurs perspectives. De plus, LVMH (-3,5%) et Burberry (-3,9%) ont été pénalisées par l’abaissement des recommandations de HSBC sur leurs titres respectifs, le courtier anticipant un second semestre plus modéré que le précédent.
Inditex, la maison mère de Zara, a perdu 3,6%, après avoir fait état d’un bénéfice au deuxième trimestre inférieur aux attentes, malgré un bon démarrage des ventes d’automne.
Fortum a en revanche grimpé de plus de 15%, le groupe énergétique finlandais ayant signé un contrat d’achat d’électricité à long terme avec Google. La principale filiale d’Alphabet va investir au moins 13 milliards d’euros d’IA en Finlande au cours des deux prochaines années, un projet présenté comme le plus gros investissement jamais réalisé par le groupe technologique américain en Europe.
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,76%, le Standard & Poor’s 500 0,48% et le Nasdaq Composite 0,68%, également affecté par les cours de l’énergie.
Meta avance toutefois de près de 6% après le lancement d’un assistant IA capable d’effectuer de manière autonome, pour le compte de l’utilisateur, des tâches quotidiennes telles que l’envoi d’e-mails ou la réservation de voyages.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro ont fortement progressé mercredi sur fond de craintes inflationnistes.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris environ 7 points de base à 3,4299%, à son plus haut niveau depuis avril 2011, tandis que celui de l’obligation à deux ans a pris 6,4 points de base à 3,0442%.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans a gagné 10,9 points de base pour terminer à 4,3308%. Celui du titre à 30 ans a pris plus de 8 points de base pour finir à 5,06%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance de 4,1 points de base à 4,8447%, les annonces du gouvernement américain sur les rachats d’obligations à long terme ne parvenant pas à freiner la tendance à la hausse.
CHANGES
Le dollar grappille 0,01% face à un panier de devises de référence, les investisseurs suivant de près les annonces du Trésor sur le marché obligataire. Le billet vert a été sous pression cette semaine en raison de l’appréciation rapide du yen japonais, soutenu par les paris renforcés sur les hausses de taux de la Banque du Japon (BoJ).
L’euro gagne 0,05% à 1,1629 dollar.
A SUIVRE LE 10 SEPTEMBRE :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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