Le rachat d’action de 25 milliards de dollars de Nvidia déconcerte certains actionnaires
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par Lewis Krauskopf, Chibuike Oguh et Lance Tupper
NEW YORK (Reuters) – Le rachat d’actions de 25 milliards de dollars (23,16 milliards d’euros) annoncé par Nvidia a pris certains investisseurs au dépourvu, alors même que les excellents résultats du groupe au deuxième trimestre ont été salués par les marchés.
Le cours de l’action Nvidia a atteint un niveau record jeudi, grimpant jusqu’à plus de 6% au lendemain de la publication des résultats trimestriels du groupe, soutenus par la demande en puces destinées à l’intelligence artificielle (IA).
Le rachat d’actions de Nvidia, le cinquième plus important des sociétés américaines en 2023, selon EPFR, a en revanche surpris certains investisseurs.
Les entreprises rachètent généralement leurs actions afin de restituer du capital aux actionnaires, et les rachats peuvent soutenir les cours en réduisant l’offre et en augmentant la demande, tout en soutenant le bénéfice par action, une mesure très suivie.
Mais alors que les actionnaires considèrent les rachats d’actions comme un signe encourageant lorsque le cours est bon marché, l’action de Nvidia a pris presque 220% en 2023.
« C’est un peu déconcertant », estime King Lip, stratège en chef chez Baker Avenue Wealth Management, qui gère 2,5 milliards de dollars d’actifs et compte Nvidia parmi ses dix principales positions.
« En tant qu’actionnaires, nous apprécions les rachats d’actions, mais pour une société comme Nvidia qui connaît une croissance aussi rapide, nous préférerions voir ses bénéfices réinvestis », a ajouté King Lip.
Contrairement aux entreprises dont les performances financières croissent peu et qui se tournent vers les rachats d’actions pour augmenter leur bénéfice par action, l’annonce de Nvidia « est une surprise » étant donné qu’il s’agit d’un « groupe technologique à forte croissance », ajoute Daniel Morgan, gestionnaire de portefeuille senior chez Synovus Trust, qui possède des actions Nvidia.
« Le message semble être que la direction (de Nvidia) pense que son action est sous-valorisée », a déclaré Daniel Morgan.
GÉNÉRER DES LIQUIDITÉS
Pour certains investisseurs, que Nvidia soit « sous-valorisé » est un message difficile à digérer: selon Refinitiv Datastream, l’action de Nvidia se négociait mercredi à 45 fois les bénéfices prévisionnels sur 12 mois, contre 19 fois pour l’ensemble de l’indice S&P 500.
« Historiquement, on apprécie qu’une entreprise soit capable de racheter ses actions lorsqu’elles sont en berne, mais je ne pense pas que l’on puisse affirmer que ce soit le cas de Nvidia actuellement », juge Tom Plumb, PDG et gestionnaire de portefeuille principal de Plumb Funds, dont l’une des principales positions est Nvidia.
Toutefois, selon Tom Plumb, Nvidia pourrait avoir du mal à déployer autrement ses ressources financières, après que son accord pour acheter le concepteur de semi-conducteurs Arm a échoué l’année dernière.
« La société génère des quantités incroyables de liquidités, bien plus que ce dont elle a besoin pour sa stratégie d’investissement actuelle, et il lui est interdit d’acheter des entreprises complémentaires importantes. Que peut elle donc faire de son argent ? », s’interroge Tom Plumb.
Nvidia a consacré environ 27% de son chiffre d’affaires à la recherche et au développement l’année dernière, en ligne avec les pratiques du secteur. L’entreprise n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, mercredi, Nvidia a déclaré que son conseil d’administration avait approuvé 25 milliards de dollars de rachats d’actions supplémentaires « sans date limite » et que l’entreprise prévoyait de poursuivre ses rachats au cours de l’exercice fiscal. Malgré le montant du rachat, celui-ci ne représentait que 2,1% de la capitalisation du groupe, de près de 1.200 milliards de dollars, à la date de mercredi. Selon Howard Silverblatt, analyste indices chez S&P Dow Jones Indices, ce chiffre est inférieur au montant moyen de 2,58% pour l’ensemble du S&P 500.
Plusieurs autres grandes entreprises technologiques et de croissance ont annoncé des rachats encore plus importants cette année : Apple a annoncé un rachat de 90 milliards de dollars, Alphabet de 70 milliards de dollars et Meta Platforms de 40 milliards de dollars.
Les entreprises technologiques ont tendance à préférer utiliser leurs liquidités pour des rachats d’action plutôt que pour le versement de dividendes, car « si elles doivent payer un dividende tous les trimestres, cela peut entraver leur capacité à profiter des opportunités de croissance », explique Daniel Klausner, responsable du conseil en actions cotées aux États-Unis chez Houlihan Lokey.
Certains investisseurs ont de fait salué la décision de rachat d’actions de Nvidia.
« C’est une preuve de confiance », a déclaré Francisco Bido, gestionnaire de portefeuille senior pour le fonds grandes capitalisations de F/M Investments, qui détient des actions Nvidia. « S’ils avaient eu un meilleur moyen d’utiliser leurs liquidités, je suis presque sûr qu’ils l’auraient fait.
(Reportage Lewis Krauskopf, Chibuike Oguh et Lance Tupper à New York, reportage additionnel Echo Wang à New York et Stephen Nellis à San Francisco, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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