Le conflit au Moyen-Orient plombe les Bourses et fait s’envoler les taux
par Blandine Henault
PARIS, 20 mars (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse vendredi à l’issue d’une semaine intense marquée par une envolée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, ce qui alimente les craintes inflationnistes et provoque un recalibrage des anticipations de politique monétaire des grandes banques centrales à travers le monde – poussant les rendements obligataires souverains à la hausse.
À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,82% à 7.665,62 points. Le Footsie britannique a cédé 1,44% et le Dax allemand 2,01%.
L’indice EuroStoxx 50 a perdu 2%, le FTSEurofirst 300 a plié de 1,75% et le Stoxx 600 de 1,78%.
Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 accuse un repli de 3,1%, sa troisième baisse hebdomadaire d’affilée. Le Stoxx 600 a perdu 3,79%.
La guerre menée depuis fin février par les États-Unis et Israël contre la République islamique a franchi une nouvelle étape cette semaine avec des frappes iraniennes sur les installations énergétiques des pays du Golfe, notamment sur un site crucial de GNL au Qatar – des représailles à l’attaque la veille d’Israël sur le gisement de gaz iranien de South Pars.
Vendredi, l’Iran a attaqué une raffinerie de pétrole au Koweït et Israël a tué un porte-parole des Gardiens de la révolution, rien ne laissant ainsi présager d’une fin prochaine du conflit.
Conséquence, les prix du gaz en Europe se sont envolés avec les cours du pétrole, le Brent étant installé désormais bien au-dessus des 100 dollars le baril.
Parallèlement, une série de banques centrales ont tenu ces derniers jours leur réunion de politique monétaire. Si la Réserve fédérale (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont maintenu le statu quo sur leurs taux, la perspective d’un biais restrictif sur la politique monétaire a dominé les rendez-vous des banquiers centraux sur fond de craintes inflationnistes liées à l’envolée des prix de l’énergie.
Pour la Fed, la perspective d’une baisse des taux cette année – pourtant réclamée par le président américain Donald Trump – semble s’éloigner tandis que, selon des sources à Reuters, la BCE pourrait commencer à discuter d’une hausse des taux en avril et éventuellement resserrer sa politique monétaire lors de la réunion de juin.
Le recalibrage des anticipations inflationnistes et de la trajectoire des politiques monétaires met sous tension les marchés obligataires souverains, avec un bond de l’ordre de 10 points de base ce vendredi des taux à 10 ans aux Etats-Unis comme en Europe.
« Cette combinaison [d’une correction sur les actions et d’une hausse des taux, NDLR] confirme que le marché ne ‘price’ pas une récession, mais un choc d’offre inflationniste », constate Arthur Jurus, responsable de l’investissement chez Oddo BHF Switzerland.
« Le point clé est que ce choc intervient dans un environnement macro encore solide, avec une croissance autour de 2% et des bénéfices en progression à deux chiffres aux États-Unis. Nous sommes donc dans un régime de tension, pas de rupture », ajoute-t-il.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans grimpe de près de neuf points de base, à 4,3771%. Le taux à deux ans, plus sensible aux fluctuations des anticipations de politique monétaire, prend cinq points de base, à 3,8853%.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le 28 février, le taux américain à dix ans s’est envolé de 41 points de base.
Même tension en Europe où le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, a pris vendredi huit points de base, à 3,038%. Depuis le 28 février, il a bondi de 38 points de base.
A 3,7565% vendredi (+11 points de base), le taux de l’OAT française à dix ans affiche un bond de 54 points de base depuis le début du conflit.
PÉTROLE / GAZ
Les cours du pétrole continuent de monter, les spéculations autour d’un envoi additionnel de troupes américaines au Moyen-Orient alimentant les tensions autour du conflit dans la région.
Le baril de Brent prend 1,1% à 109,84 dollars après un pic à plus de 119 dollars la veille. Celui du brut léger américain (WTI) gagne 3% à 98,99 dollars.
Les analystes estiment que les prix resteront élevés tant que le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% de la production mondiale de pétrole et de GNL, sera fermé. Les dommages sur les sites énergétiques des pays du Golfe limitent également les perspectives d’une baisse.
« Un retournement rapide des prix de l’énergie est peu probable car la production a subi des dommages », observe Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Bank.
Sur le marché gazier, le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour l’Europe, recule de 3,7% à 59,53 euros par mégawattheure (MWh), après avoir atteint la veille 74 euros, son plus haut niveau depuis janvier 2023.
VALEURS EN EUROPE
L’envolée des rendements obligataires a pesé sur les secteurs européens de l’immobilier (-2,34%) et de la technologie (-2,4%).
A Londres, Unilever a gagné 0,47% après avoir annoncé mener des discussions avec la société américaine McCormick & Company en vue de lui vendre son activité agroalimentaire.
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, la Bourse de New York s’affiche en net repli. L’indice Dow Jones abandonne 0,4%, le S&P 500 perd 0,9% et le Nasdaq, à forte composante technologique, lâche 1,3%.
CHANGES
Le dollar se renforce face à un panier de devises de référence mais reste en passe d’accuser un repli hebdomadaire, alors que les investisseurs réduisent leurs anticipations de baisse des taux pour la Fed face à la perspective d’une recrudescence de l’inflation.
L’euro recule de 0,25% face au billet vert, à 1,1560 dollar.
A SUIVRE LUNDI:
(Rédigé par Blandine Hénault avec les bureaux de Reuters, édité par Benoit Van Overstraeten)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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