La France sur le banc des mauvais élèves en matière de télétravail
Alors que les négociations entre syndicats et patronat patinent, la France renforce son image de mauvais élève en Europe sur le télétravail, qui a explosé avec la pandémie de COVID-19.
Patronats et syndicats doivent se réunir lundi pour une dernière réunion de négociations dans le but de définir un cadre mieux à même de protéger les salariés travaillant de chez eux. Mais l’espoir d’aboutir est faible, au regard des nombreux points de désaccords entre les deux camps.
« C’est triste de voir un niveau aussi faible de dialogue social en France », quand on regarde ce qui se négocie en Europe sur ce dossier, estime Jean-Luc Molins, négociateur pour la CGT.
La pratique du télétravail a explosé en Europe avec la crise sanitaire, les gouvernements incitant les entreprises à privilégier ce mode de fonctionnement pour limiter les interactions sociales et freiner la propagation du coronavirus. Selon une étude européenne réalisée en juin et juillet, près de 40% de l’ensemble des heures travaillées l’ont été à domicile durant la pandémie.
Pris au dépourvu par cette crise, certains pays européens n’ont pas tardé à modifier leur législation pour protéger davantage les salariés, dont une grande partie a pris goût à cette nouvelle façon de travailler.
En Espagne, les entreprises doivent depuis septembre établir un contrat individuel avec chaque salarié en télétravail lorsqu’il se trouve à la maison plus d’une journée et demie par semaine, et spécifier, entre autres, les horaires de travail, les moyens mis à disposition et la forme de compensation des frais générés par l’exercice de l’activité.
Au Portugal, des droits pour les télétravailleurs ont été actés dès 2015. Tous les frais générés par l’activité professionnelle sont à la charge de l’employeur, connexion internet comprise. Et le télétravail ne peut pas être refusé dans certains cas, pour un salarié avec un enfant de moins de trois ans, par exemple, dit la CGT.
DEUX TIERS DE TELETRAVAILLEURS « GRIS »
En France, seul un tiers des télétravailleurs bénéficie d’un cadre réglementaire – un accord collectif ou une charte d’entreprise – dans lequel sont spécifiées quelques modalités, comme les plages horaires durant lesquelles le salarié peut être contacté ou encore les conditions de contrôle du temps de travail. Pour les deux tiers restants, un simple accord verbal avec l’employeur prévaut, sans cadre défini. C’est le télétravail dit « gris ».
« Tant qu’il n’y a pas de problème, ça va », dit Jean-Luc Molins. « Mais s’il y a un différend sur un des sujets, le salarié n’est pas forcément protégé. »
Pour Catherine Pinchaut, secrétaire nationale pour la CFDT, l’idée d’encadrer le télétravail n’est pas « de rigidifier les affaires mais de sécuriser le salarié et l’employeur aussi ».
Or le patronat se refuse pour l’instant à négocier un accord « normatif », qui modifierait les dispositions légales actuelles. Il souhaite même revoir certaines règles, comme la notion de responsabilité en cas d’accident pendant le travail.
Pour Eric Chevée, négociateur pour la CPME, les textes existants sont « parfaitement clairs, compréhensibles et opérationnels pour les salariés et les entreprises ». Il n’est donc pas nécessaire de revenir dessus, selon ce représentant des petites et moyennes entreprises.
Cette négociation doit avant tout servir à définir un cadre réglementaire en cas de situation exceptionnelle, comme la pandémie, car « beaucoup d’entreprises, qui n’avaient pas anticipé le télétravail, ne savent pas faire », dit-il.
MÉFIANCE MANAGÉRIALE
De manière générale, la pratique du télétravail a du mal à s’implanter chez les managers français, craintifs à l’idée de perdre le contrôle de leurs équipes.
Après le premier confinement, les entreprises françaises ont par exemple massivement demandé à leurs salariés pouvant télétravailler de revenir sur site.
La proportion de salariés en télétravail est tombée à 15% début août (elle était à 27% pendant le premier confinement), contre 29% en Grande-Bretagne (35% pendant le confinement), selon un sondage Yougov réalisé pour la société Cardiosens.
Autre exemple de cette défiance vis-à-vis du télétravail : le grand nombre d’entreprises qui ont refusé le télétravail à 100% comme l’exigeait le gouvernement fin octobre pour contrer la résurgence de l’épidémie.
Reuters a reçu de nombreux témoignages de salariés à qui l’on avait refusé le télétravail à temps plein alors qu’ils avaient pu le pratiquer lors du premier confinement. Parmi les entreprises mises en cause, figurent des PME mais aussi de grandes entreprises, dont certaines ont été nommément pointées du doigt par la ministre du Travail, Elisabeth Borne.
Selon un sondage Harris Interactive, réalisé pour le ministère du Travail, 27% des salariés ont indiqué être allés sur leur lieu de travail entre le 2 et le 8 novembre alors que leurs tâches auraient pu, selon eux, être réalisées à domicile.
Si les négociations échouent au niveau interprofessionnel, le gouvernement pourrait reprendre le dossier en main. Une perspective qui ne déplaît pas à certains syndicats de salariés.
« On veut que le gouvernement s’implique pour qu’il y ait des discussions normatives », dit Fabrice Angéï de la CGT. « Cela rentre dans le jeu de la préservation de l’intérêt général. »
(Caroline Pailliez, édité par Bertrand Boucey)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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