Grande-Bretagne: La BoE relève son taux d’un demi-point malgré le risque d’une récession longue
par William Schomberg et David Milliken
LONDRES (Reuters) – La Banque d’Angleterre (BoE) a procédé jeudi à la plus importante augmentation de son taux d’intérêt directeur depuis 27 ans dans le but d’endiguer l’inflation, qui devrait culminer à plus de 13% cette année en Grande-Bretagne, tout en prévenant qu’une longue récession était imminente.
La BoE a relevé son taux directeur d’un demi-point à 1,75%, son niveau le plus élevé depuis fin 2008, comme attendu par une large majorité des économistes et analystes interrogés par Reuters avant la réunion du Comité de politique monétaire (MPC).
La décision a été votée par huit voix, un seul membre du Comité – Silvana Tenreyro – s’étant prononcé pour une hausse limitée à 25 points de base.
La BoE a averti que l’économie britannique devrait se contracter à partir du quatrième trimestre et tout au long de 2023, ce qui représenterait sa plus longue période de récession depuis la crise financière mondiale de 2008-2009.
En parallèle, la hausse des prix à la consommation devrait culminer à 13,3% sur un an en octobre en raison principalement de la flambée des prix de l’énergie liée notamment à la guerre en Ukraine.
Les consommateurs britanniques verraient alors leurs revenus disponibles diminuer pour deux années consécutives.
L’inflation britannique a atteint en juin un plus haut depuis 1982 à 9,4%, soit plus de quatre fois l’objectif de 2% fixé par la BoE.
Ce renchérissement du coût de la vie a déclenché une multiplication des mouvements sociaux, des grèves de cheminots notamment, et accentue la pression sur le ou la prétendante à la succession de Boris Johnson au poste de Premier ministre pour le déblocage d’une aide financière supplémentaire aux ménages.
La BoE prévoyait auparavant un pic de l’inflation à plus de 11% et une quasi-stagnation de l’économie jusqu’à 2025 au plus tôt.
Dans ses nouvelles prévisions, la banque centrale estime que l’inflation retombera à 2% d’ici deux ans alors que le coup porté à l’économie se répercutera sur la demande.
PAS DE PLAN PRÉDÉFINI
La banque centrale britannique a relevé son taux à six reprises depuis décembre mais l’ampleur de la hausse votée ce jeudi est la plus importante depuis 1995.
La pression exercée sur les membres de l’institution pour une accélération du resserrement monétaire s’est intensifiée après le tour de vis de la Réserve fédérale américaine, de la Banque centrale européenne et d’autres grandes banques centrales.
La BoE a répété qu’elle était prête à agir avec force si nécessaire pour endiguer des pressions inflationnistes plus persistantes.
Mais elle a souligné qu’il existait des incertitudes « extrêmement importantes » concernant l’économie et qu’elle jugerait des prochaines mesures à prendre en fonction de l’évolution de la conjoncture.
« La politique n’est pas sur une trajectoire prédéfinie », a déclaré la BoE. « L’ampleur, le rythme et le calendrier de toute nouvelle modification du taux refléteront l’évaluation par le Comité des perspectives économiques et des pressions inflationnistes. »
La BoE a indiqué en outre qu’elle prévoyait de commencer à vendre les obligations d’Etat de son bilan, avec des cessions actives pour environ 10 milliards de livres par trimestre, peu après sa prochaine réunion à la mi-septembre.
Sur les marchés financiers, l’indice FTSE 100 gagnait 0,49%.
Le rendement des emprunts d’Etat à dix ans britanniques était en baisse après ces annonces à 1,837% tandis que la livre sterling reculait de 0,54% face au dollar.
« La décision de relever le taux de 0,50% est sans surprise. Cependant, les sombres perspectives pour le PIB et les prévisions d’inflation en hausse incluses dans le communiqué ont ébranlé la confiance du marché, ce qui s’est traduit par la baisse de la livre », a expliqué Sam Cooper, vice-président chez Silicon Valley Bank.
(Reportage William Schomberg et David Milliken, avec Andy Bruce, version française Laetitia Volga, édité par Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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