États-Unis: Le bénéfice des grandes banques attendu en hausse, le M&A reste atone
Les grandes banques de Wall Street devraient enregistrer une hausse de leur bénéfice au deuxième trimestre à la faveur du renchérissement des taux d’intérêt sur les crédits qui a compensé le ralentissement des revenus issus des opérations de fusions-acquisitions (M&A).
Selon les données de Refinitiv, le bénéfice par action (BPA) des banques dites universelles, disposant à la fois d’une clientèle de particuliers et d’entreprises, comme JPMorgan et Wells Fargo, devrait bondir de plus de 40% sur la période avril-juin.
Le consensus est en revanche pessimiste pour Citigroup, dont le bénéfice par action devrait accuser une baisse de 43%, tandis que Bank of America verrait son BPA augmenter de seulement environ 7%.
Pour les mastodontes de la banque d’investissement comme Goldman Sachs, le BPA devrait chuter de près de 59%. Le bénéfice par action de Morgan Stanley, sans doute pénalisé par la faiblesse du M&A, est attendu en repli de 9%, malgré une hausse des revenus issus de l’activité de la gestion de patrimoine.
Selon David Konrad, analyste chez Keefe, Bruyette & Woods, les banques universelles devraient avoir profité des dépenses de consommation qui sont restées vigoureuses, à l’opposé du marasme observé dans la banque d’investissement, dont les revenus ont été affectés par la hausse des taux d’intérêt et les incertitudes économiques.
« Goldman Sachs aura à nouveau un trimestre morose concernant la banque d’investissement, tandis que le trading a été terne en raison de la baisse de la volatilité », a déclaré Stephen Biggar, analyste chez Argus Research. La banque enregistrera probablement des dépréciations sur ses activités grand public, a-t-il également prédit.
Les grandes banques de Wall Street devraient continuer de pâtir de l’atonie des opérations de M&A, l’activité dans le secteur au niveau mondial ayant reculé à 15,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, au plus bas niveau depuis 2012, selon les données de Dealogic.
BAISSE DES DÉPÔTS DES CLIENTS AU T2
Les dirigeants des banques d’investissements avaient déjà annoncé la semaine dernière une révision à la baisse de leurs prévisions pour le deuxième trimestre sur fond de recul des opérations de fusions-acquisitions et d’émissions obligataires ces derniers mois. Certaines banques ont toutefois noté une reprise des introductions en Bourse (IPO), signe selon elles d’un potentiel redémarrage des marchés des capitaux pour le second semestre.
Lorsque les taux d’intérêt montent, les banques gagnent généralement davantage d’argent en appliquant à leurs clients des coûts d’emprunt plus élevés. Mais la hausse des taux d’intérêt pousse également les clients à rechercher des supports mieux rémunérateurs et à retirer leurs dépôts des comptes courants.
Selon une note des analystes de KBW, les dépôts des clients au sein des grandes banques ont reculé à 141 milliards de dollars au deuxième trimestre, après un afflux au premier lorsque les clients recherchaient davantage de sécurité à la suite de l’effondrement de plusieurs banques régionales.
Les banques pourraient par ailleurs être contraintes à terme de réduire les prêts accordés à leurs clients au regard de nouvelles règles susceptibles de les obliger à détenir davantage de fonds propres.
Les grandes bancaires américains ont passé sans encombre en juin le « stress-test » annuel mené par la Réserve fédérale américain (Fed), qui a montré qu’elles disposaient de suffisamment de capitaux pour faire face à une grave récession économique.
Le dynamisme du marché de l’emploi aux Etats-Unis devrait permettre à la Fed de continuer à relever ses taux d’intérêt en juillet, selon les prévisions des traders.
Lors de la publication des résultats financiers, qui commence vendredi, les analystes et les investisseurs se concentreront sur les commentaires des dirigeants des banques quant à la croissance des prêts et la qualité du crédit, note Betsy Graseck, analyste chez Morgan Stanley.
« Il s’agit d’une arme à double tranchant. « La bonne nouvelle, c’est que le crédit est bon, mais la mauvaise nouvelle, c’est que cela pourrait signifier que les taux doivent être encore plus élevés », a-t-elle ajouté.
RISQUE ACCRU SUR LES PRÊTS
Même si les consommateurs ont affiché jusqu’ici une bonne résistance au durcissement des conditions de crédit, les risques de défaillance sur les prêts personnels et les cartes de crédit devraient augmenter, écrit dans une note Kenneth Leon, directeur d’études chez CFRA Research.
« Nous prévoyons un risque de crédit plus élevé pour les familles issues des classes moyennes et basses qui ont une dette plus importante sur les cartes de crédit et qui ne peuvent pas suivre le rythme du coût plus élevé de la vie », a-t-il déclaré.
Les prêts pour l’immobilier non résidentiel pourraient également poser des problèmes à certaines banques américaines, car la valeur de ces biens diminue, selon les analystes. Les investisseurs surveillent donc désormais les provisions constituées par les banques pour faire face à la dégradation du marché de l’immobilier commercial.
« Les pertes sur crédit pour les grandes banques devraient être modestes dans l’immobilier commercial ce trimestre, mais il pourrait y avoir une plus grande accumulation de provisions car l’incertitude est très élevée », souligne David Konrad de Keefe, Bruyette & Woods.
L’indice du secteur des banques affiche une baisse de 9,3% depuis le début de l’année, contre un gain de 14,6% pour le S&P-500 .
(Reportage Nupur Anand et Saeed Azhar à New York, Niket Nishant à Bangalore; rédigé par Lananh Nguyen et Marguerita Choy, version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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