Etats-Unis: La Fed relève les taux d’un demi-point et va commencer à réduire son bilan
par Howard Schneider et Ann Saphir
WASHINGTON (Reuters) – La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé mercredi son principal taux d’intérêt d’un demi-point, sa plus forte hausse depuis près de 22 ans, et son président a appelé les Américains qui souffrent de l’inflation à tenir bon le temps que la banque centrale prenne les mesures nécessaires pour l’endiguer.
Comme attendu, l’objectif de taux des fonds fédéraux (« fed funds »), le principal instrument de la politique monétaire aux Etats-Unis, a été porté entre 0,75% et 1%, et la Fed a clairement laissé entendre que de nouvelles hausses, sans doute de même ampleur, allaient suivre.
Son président, Jerome Powell, a toutefois précisé lors d’une conférence de presse que des hausses de taux de trois quarts de points n’étaient pas « activement » envisagées par les membres du Federal Open Market Committee (FOMC).
La banque centrale a aussi annoncé qu’elle commencerait le mois prochain à réduire son bilan, qui représente près de 9.000 milliards de dollars (8.530 milliards d’euros) en raison des achats massifs d’obligations réalisés ces dernières années pour maintenir des taux bas et soutenir l’économie.
Cette réduction du bilan sera plafonnée à 47,5 milliards par mois en juin, juillet et août, puis à 95 milliards par mois à partir de septembre, a précisé le FOMC.
« C’est très désagréable », a reconnu Jerome Powell au sujet de l’impact de l’inflation sur les ménages américains. « Toute personne normale du point de vue économique n’a probablement pas (…) des moyens supplémentaires (…) à dépenser et cela affecte immédiatement ses dépenses quotidiennes (…) d’essence, d’énergie et de choses de ce genre. Nous comprenons donc la souffrance que cela implique ».
Il a assuré que lui et ses collègues du FOMC étaient déterminés à restaurer la stabilité des prix, même si cela passe par une remontée des taux directeurs qui se répercute sur ceux des prêts immobiliers ou du crédit automobile.
« Ce ne sera donc pas plaisant non plus mais au final, tout le monde se portera mieux (…) avec des prix stables », a dit Jerome Powell.
Le patron de la Fed a estimé que l’économie restait en bonne santé et qu’elle était capable de supporter la remontée des taux à venir, ajoutant que « nous avons de bonnes chances d’éviter une récession ».
DÉTENTE DES RENDEMENTS, BAISSE DU DOLLAR, HAUSSE À WALL STREET
Malgré la contraction du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis au premier trimestre, « les dépenses des ménages et l’investissement des entreprises restent solides. La croissance de l’emploi a été robuste », explique le FOMC dans son communiqué.
Mais l’inflation « reste élevée » et la guerre en Ukraine comme les nouveaux confinements sanitaires en Chine menacent d’alimenter les pressions à la hausse sur les prix, ajoute-t-il, soulignant que « le Comité est très attentif aux risques inflationnistes ».
Sur les marchés, les rendements des bons du Trésor se sont orientés à la baisse après les déclarations de Jerome Powell sur l’ampleur des hausses de taux à venir et, vers 19h50 GMT, celui des titres à deux ans reculait de 13 points de base à 2,636% tandis que le dix ans cédait trois points à 2,9285%.
À Wall Street, l’indice Standard & Poor’s 500 gagnait alors 3,07% tandis que, sur le marché des changes, le dollar amplifiait son repli face aux autres grandes devises (-0,70%), permettant à l’euro de remonter au-dessus de 1,06 dollar pour la première fois depuis une semaine.
« Le marché tablait en gros sur une probabilité de 50-50 d’une hausse de taux de 75 points de base d’ici juillet (…) et (Powell) a pratiquement exclu cela », a expliqué Mazen Issa, stratège devises senior de TD Securities à New York.
La Fed avait relevé mi-mars l’objectif des « fed funds » d’un quart de point malgré le souhait de plusieurs membres du FOMC d’une hausse plus importante, la majorité ayant privilégié la prudence trois semaines seulement après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’inflation a depuis connu une nouvelle accélération, la guerre déclenchée par Moscou ayant fait bondir les prix de l’énergie et des produits alimentaires, tandis que le retour au confinement dans plusieurs régions de Chine pour combattre la résurgence de l’épidémie de COVID-19 perturbait une nouvelle fois les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les statistiques sur l’emploi aux Etats-Unis ont parallèlement reflété des tensions sur le marché du travail, la pénurie de main-d’oeuvre favorisant l’augmentation des salaires.
(Reportage Howard Schneider, avec Saqib Ahmed à New York, version française Marc Angrand, édité par Jean Terzian)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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