ENQUÊTE: La BCE devrait prolonger sa plus longue pause depuis l’ère des taux négatifs selon des économistes
12 février (Reuters) – La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir son taux de dépôt à 2% au moins jusqu’à la fin de cette année, montre un sondage Reuters auprès d’économistes, prolongeant ainsi sa plus longue période de stabilité des coûts d’emprunt depuis l’ère des taux négatifs, malgré des risques géopolitiques accrus.
L’inflation s’est établie à 1,7% en janvier dans la zone euro, son plus bas niveau depuis septembre 2024, ce qui a conduit certains responsables de la banque centrale à avertir que la croissance des prix pourrait trop ralentir et que la BCE devait être prête à agir.
Les économistes interrogés entre le 9 et 12 février ont globalement maintenu inchangées leurs prévisions à long terme de stabilité des taux d’intérêt, d’inflation proche de l’objectif de 2% et de croissance stable.
La BCE, qui a laissé ses taux inchangés pour la cinquième fois consécutive la semaine dernière, devrait maintenir le statu quo jusqu’en 2027 au moins, selon 66 des 74 personnes interrogées, une perspective inchangée depuis octobre.
Si cela se concrétise, cela représenterait la plus longue période de taux inchangés depuis la pandémie de COVID-19, lorsque la période de taux négatifs, qui a duré près d’une décennie, a pris fin, l’inflation record qui a suivi ayant contraint la BCE à relever rapidement ses taux.
« La BCE se trouve aujourd’hui dans une situation idéale pour une banque centrale (…) Il est également très clair qu’au cours des six prochains mois, la BCE maintiendra ses taux à 2% ou les réduira », a déclaré Claus Vistesen, chef économiste pour la zone euro chez Pantheon Macroeconomics.
L’économie de la zone euro se montre par ailleurs résiliente, avec une croissance de 0,3% au dernier trimestre 2025 et des perspectives similaires pour l’ensemble de l’année 2026, avec une légère accélération en fin d’année.
Elle devrait croître de 1,2% cette année et de 1,4% en 2027, après une hausse de 1,5% en 2025, une perspective stable depuis août et en partie soutenue par l’optimisme entourant les dépenses d’infrastructure.
L’inflation, que la BCE vise à 2%, devrait s’établir en moyenne à 1,7% ce trimestre, passer à 1,9% le trimestre prochain et osciller autour de ce niveau jusqu’en 2026, selon le sondage. Elle devrait s’établir en moyenne à 1,8% cette année et à 2% l’année prochaine, des prévisions globalement inchangées depuis mars dernier.
« Notre scénario de base suppose que la résilience intérieure l’emportera sur les vulnérabilités extérieures et que la BCE pourra maintenir le statu quo. Mais il est juste de dire que l’incertitude entourant l’orientation de la politique monétaire est élevée », ont déclaré les économistes de la Deutsche Bank.
Certains affirment qu’un euro plus fort, dans un contexte de détérioration continue du sentiment envers le dollar, pourrait accentuer la pression désinflationniste. Cependant, en termes pondérés par les échanges commerciaux, que la BCE surveille de plus près, la monnaie ne montre aucun signe d’alerte.
Après avoir chuté d’environ 1,6% depuis son récent pic à 1,20 dollar, la devise européenne devrait rebondir au cours de l’année prochaine, selon un autre sondage Reuters.
(Rédigé par Indradip Ghosh, enquête d’Anant Chandak et Debrah Gomes, analyse de Renusri K, version française Diana Mandia, édité par Kate Entringer)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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