Si le communiqué ne cite pas le nom de l’entreprise, des sources au sein du ministère évoquent Alba InfoSolutions LLP, enregistrée depuis 2018 sous forme de Limited Liability Partnership (LLP). Officiellement active dans l’immobilier, la location et les services aux entreprises, la société semble diversifier son activité vers le négoce de produits agroalimentaires.
Un levier pour les femmes rurales
Cette annonce intervient alors que le Cameroun promeut le manioc comme alternative au blé importé. Le pays achète chaque année entre 800 000 et 1 million de tonnes de blé, pour une facture de 178 milliards FCFA en 2023, selon Business in Cameroon, pesant sur la balance commerciale et exposant l’économie aux variations des cours mondiaux. À l’inverse, le manioc est massivement cultivé dans tout le pays, et plusieurs études officielles montrent que la farine de manioc est moins coûteuse, par tonne, que la transformation du blé importé.
Le gouvernement pousse ainsi à une substitution partielle du blé par la farine de manioc dans les boulangeries et l’industrie agroalimentaire, afin de renforcer la sécurité alimentaire, réduire la facture d’importations et soutenir les filières locales. La filière manioc repose sur une multitude de petits exploitants, majoritairement des femmes rurales. L’intérêt de marchés étrangers, comme l’Inde, pourrait stimuler la production, attirer des investissements dans la transformation locale, augmenter les revenus des productrices et renforcer leur autonomisation, tout en reconfigurant la chaîne de valeur.
Un produit stratégique dans la Zlecaf, mais des défis à relever
Avec la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le manioc transformé peut devenir un produit d’exportation compétitif pour le Cameroun. Une offre structurée de manioc déshydraté à destination des marchés régionaux et extra-africains s’inscrirait dans la stratégie de diversification des exportations agricoles.
Reste à relever plusieurs défis : augmenter la qualité du manioc déshydraté pour répondre aux standards internationaux, accroître les capacités de transformation, moderniser les infrastructures rurales et fluidifier la logistique. Le gouvernement affirme agir via le développement d’usines de transformation et des programmes de soutien technique aux producteurs.
Avec Stopblablacam
