Carrefour et Auchan mettent fin à des discussions sur un rapprochement, selon des sources
Carrefour et Auchan ont mis fin à des discussions sur un éventuel rapprochement, ce qui constitue le deuxième échec cette année pour le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, dans ses tentatives de créer un géant de la distribution.
L’opération, qui aurait créé un acteur au chiffre d’affaires combiné de 110 milliards d’euros par an avec une part de marché de près de 30% en France, a semblé trop complexe en termes de valorisation et de structure, a indiqué lundi une source proche du dossier.
D’après une deuxième source au fait des discussions, Auchan a proposé à Carrefour une offre d’achat à 21,50 euros par action pour une valeur de 16,8 milliards d’euros, payable à 70% en numéraire et 30% en actions du nouvel ensemble ainsi formé. Cela représente une prime de 34,1% par rapport au cours de clôture de Carrefour vendredi (16,03 euros).
Mais Carrefour a décidé de mettre fin aux discussions face à l’opposition de son actionnaire principal, la famille Moulin, en raison principalement de la valorisation, a ajouté cette source.
Une autre source proche de la famille Moulin a pour sa part indiqué que la famille s’était opposée à l’opération en raison du manque de « logique industrielle », du risque de problèmes de concurrence et de menace sur l’emploi en France.
En janvier, Carrefour avait interrompu des discussions en vue d’un rapprochement avec le groupe canadien Alimentation Couche-Tard, face aux réticences du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.
Une opération avec Couche-Tard aurait pu offrir à Carrefour les moyens de déployer davantage ses activités de commerce en ligne, une priorité pour le groupe qui fait face à la concurrence du géant américain Amazon.
Par la suite, Carrefour a annoncé avoir entamé une réflexion sur une possible consolidation, alliance ou cession d’activités à l’étranger et reconduit pour trois ans le mandat d’Alexandre Bompard.
PAS DE GESTE HOSTILE
Les discussions avec Auchan, entamées au printemps, ont permis de passer en revue plusieurs hypothèses, allant d’un rapprochement capitalistique aux échanges d’actifs ou aux partenariats technologiques, a précisé une des sources.
Il n’était pas clair à ce stade si les pourparlers étaient susceptibles d’être relancés. Une deuxième source au fait des discussions a déclaré qu’Auchan, qui appartient à la famille Mulliez, n’avait pas l’intention de faire un geste hostile envers son rival.
A la Bourse de Paris, le titre Carrefour reculait de 1,99% à 14h41 après avoir ouvert en hausse, quand le CAC 40 reculait de 0,25% au même moment.
Les analystes redoutent qu’un rapprochement entre Carrefour et Auchan augmente l’exposition du distributeur au format des hypermarchés en difficulté. Certains ont néanmoins estimé qu’une telle opération pourrait générer des économies de coûts et des synergies dans les achats.
« Nous pensons qu’il y a un potentiel pour de nouvelles offres d’Auchan ou au moins des cessions d’actifs stratégiques », ont indiqué les analystes de Bernstein dans une note.
Alexandre Bompard a déclaré à plusieurs reprises que le secteur de la distribution était mûr pour une consolidation et qu’il souhaitait que Carrefour en sorte gagnant.
En 2018, le concurrent Casino avait affirmé avoir rejeté une offre de rapprochement de Carrefour, ce que ce dernier avait nié.
(Reportage Dominique Vidalon, version française Myriam Rivet et Blandine Hénault, édité par Jean-Michel Bélot)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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