Baisse en vue en Europe sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt
par Claude Chendjou
PARIS, 20 mai (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mercredi à l’ouverture alors que la récente flambée des rendements obligataires sur fond d’inquiétude d’une résurgence de l’inflation devrait continuer de peser sur l’humeur des investisseurs.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait perdre 0,55% dans les premiers échanges. Le Dax à Francfort pourrait reculer de 0,79%, tandis que le FTSE 100 à Londres devrait abandonner 0,68%. L’indice EuroStoxx 50 est attendu en repli de 0,75% et le Stoxx 600 en baisse de 0,64%.
Les investisseurs attendent à 09h00 GMT les données définitives de l’inflation en zone euro qui devraient confirmer une accélération de la dynamique des prix en avril sur un an à 3,0%, contre un objectif à moyen terme de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).
Avant cela, ils auront pris connaissance à 06h00 GMT de l’indice des prix à la consommation en Grande-Bretagne, attendu en hausse de 0,9% en avril après +0,7% en mars.
Les pressions inflationnistes sont de retour dans le monde en raison de la flambée des coûts de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, alors que la BCE et la Réserve fédérale américaine (Fed) se réunissent le mois prochain. La publication ce mercredi à 18h00 GMT du compte rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed devrait apporter un éclairage sur l’ampleur des débats au sein de l’institution.
En attendant les taux longs se stabilisent mercredi alors que le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a touché dans la nuit un pic de 16 mois, à 4,687%, tandis que celui du Bund allemand de même échéance a grimpé mardi à un sommet depuis 2011, à 3,19%.
Outre la macroéconomie, les résultats des entreprises continuent de concentrer l’attention du marché avec notamment ce mercredi, après la clôture de Wall Street, Nvidia, baromètre de l’intelligence artificielle. En Europe, Ubisoft, Elior ou encore M&S seront surveillés.
Sur le plan géopolitique, le président américain Donald Trump, tout en affirmant que la guerre au Moyen-Orient pourrait se terminer « très rapidement », a noté qu’il pourrait devoir frapper à nouveau l’Iran, 24 heures après avoir annoncé qu’il reportait une attaque imminente contre Téhéran afin de permettre la poursuite des négociations.
Parallèlement, le détroit d’Ormuz, voie de navigation essentielle pour les hydrocarbures, reste de facto largement fermé même si deux pétroliers chinois ont pu en sortir avec leur chargement de brut, selon des données maritimes.
La confusion autour de cette guerre ne rassure guère les marchés, tempérant l’appétit pour le risque, malgré une baisse modérée mercredi des prix pétroliers, qui restent bien au-dessus du seuil des 100 dollars le baril.
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse mardi, le rendement des Treasuries à dix ans touchant un record en plus d’un an, alors que les craintes liées à une envolée de l’inflation persistent, malgré le recul momentané des cours du pétrole sur fond d’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran.
L’indice Dow Jones a cédé 0,65%, ou 322,24 points, à 49.363,88 points. Le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 49,44 points, soit 0,67% à 7.353,61 points.
Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de -220,02 points, soit 0,84% à 25.870,71 points.
EN ASIE
A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei reflue de 1,67% à 59.528,67 points, après avoir touché en séance un creux de trois semaines, sur fond de dégagements dans des valeurs liées à l’IA, ce qui se traduit par une chute de 6% du groupe d’investissement technologique SoftBank Group. Le Topix, plus large, cède 1,83% à 3.779,84 points.
Selon Kazuaki Shimada, stratège en chef chez IwaiCosmo Securities, les investisseurs ont décidé de vendre des actions qui avaient propulsé le Nikkei à des sommets historiques au début de ce mois.
L’indice MSCI regroupant les valeurs d’Asie et du Pacifique (hors Japon) perd 0,7%.
L’indice de référence de Hong Kong, le Hang Seng, quant à lui, baisse de 0,6%, tandis que le Kospi à la Bourse de Séoul abandonne 2,02%, plombé notamment par Samsung Electronics (-2,18%) après l’échec des négociations pour éviter une grève chez le géant sud-coréen.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai fléchit de 0,45% et le CSI 300 reflue de 0,28%, les indices étant tirés vers le bas par les inquiétudes liées au Moyen-Orient et à l’inflation.
LES VALEURS A SUIVRE EN EUROPE:
CHANGES
Le dollar fait du surplace mercredi face à un panier de devises de référence après avoir progressé de plus de 1% en mai grâce à la demande pour les actifs refuge. Le billet vert se maintient ainsi près de ses plus hauts niveaux en six semaines, porté par les anticipations de hausse des taux et l’incertitude liée à la guerre au Moyen-Orient.
L’euro recule de 0,06%, à 1,1599 dollar, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3395 dollar (+0,01%), non loin de son plus bas niveau en six semaines atteint en début de semaine.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est stable, à 4,661%, se maintenant à un sommet de plus d’un an, après avoir bondi de 21 points de base au cours des trois dernières séances.
Le rendement à 30 ans est également stable, à 5,185%, après un bond de 17 points de base depuis jeudi dernier.
Les opérateurs anticipent désormais avec une probabilité de plus de 50% une hausse des taux en décembre, selon le baromètre CME FedWatch, ce qui représente un revirement spectaculaire par rapport aux deux baisses de taux attendues avant la guerre au Moyen-Orient.
« Nous continuons de nous attendre à ce que le FOMC entame un cycle de resserrement monétaire en décembre », déclare Carol Kong, stratégiste en devises à la Commonwealth Bank of Australia.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en repli mercredi après que Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis mettraient fin à la guerre contre l’Iran « très rapidement », même si les investisseurs restent prudents quant à l’issue des pourparlers de paix.
Le Brent reflue de 0,49% à 110,74 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 0,38% à 103,74 dollars, tout en restant à des niveaux élevés.
Citi a dit mardi s’attendre à ce que le cours du Brent atteigne 120 dollars le baril à court terme, affirmant que les marchés pétroliers sous-estiment le risque d’une perturbation prolongée de l’approvisionnement et les risques plus larges qui en découlent.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 20 MAI:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
GB 06h00 Inflation avril +0,9% +0,7%
– sur un an +3,0% +3,3%
DE 06h00 Prix à la production avril +1,0% +2,5%
– sur un an +1,5% -0,20%
EZ 09h00 Inflation (définitif) avril +1,0% +1,3%*
– sur un an +3,0% +3,0%*
*première estimation
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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