Baisse en vue en Europe sur fond de menace de nouveaux droits de douane US (actualisé)
par Claude Chendjou
PARIS, 19 janvier (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse lundi avec la menace par le président américain Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane en Europe sur fond de tensions sur le Groenland, ce qui fait grimper l’or et d’autres actifs refuge.
La séance sera par ailleurs marquée par l’absence des investisseurs outre Atlantique, la journée étant fériée aux Etats-Unis, tandis que le seul l’indicateur du jour est l’inflation en zone euro pour le mois de décembre.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait perdre 2,04% à l’ouverture. Le Dax à Francfort pourrait reculer de 1,17%, tandis que le FTSE 100 à Londres devrait abandonner 0,63%. L’indice EuroStoxx 50 est attendu en repli de 1,54% et le Stoxx 600 en baisse de 1,09%.
Donald Trump a déclaré qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires de 10% à compter du 1er février sur les marchandises en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et de la Grande-Bretagne, ce taux passant à 25% le 1er juin si aucun accord n’était conclu sur le Groenland, convoité par les Etats-Unis.
Ces huit pays européens ont publié dimanche un communiqué commun pour manifester leur solidarité avec le Groenland et dénoncer les nouvelles menaces du président américain.
L’or et l’argent ont tous deux atteint des sommets historiques, tandis que le pétrole est resté stable en raison des inquiétudes concernant les conséquences qu’une éventuelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe pourrait avoir sur la croissance et la demande mondiales.
Cela devrait également créer une atmosphère tendue à Davos, où des dirigeants du monde entier se réunissent en Suisse pour le Forum économique mondial.
La Bourse de New York reste fermée ce lundi pour cause de « Martin Luther King, Jr. Day » mais la semaine sera importante pour les marchés avec notamment le Forum économique mondial de Davos, la bataille en cours pour le contrôle de la Réserve fédérale américaine (Fed) et la décision de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ).
Pour la séance du jour, le marché attend à 10h00 GMT les chiffres définitifs des prix à la consommation pour le mois de décembre en zone euro qui devraient confirmer un ralentissement à 2,0% sur un an, exactement dans la cible d’inflation à moyen terme visée par la Banque centrale européenne (BCE), qui ne devrait pas toucher à ses coûts d’emprunt cette année, sauf événement majeur.
Par ailleurs, six candidats briguent ce lundi le poste de vice-président de BCE pour remplacer l’Espagnol Luis de Guindos dont le mandat expirera fin mai, et les ministres des Finances de la zone euro nommeront l’un d’entre eux. Le candidat retenu devra obtenir le soutien d’au moins 16 des 21 pays de la zone euro, représentant au moins 65% de la population de la zone euro.
A WALL STREET
La Bourse de New York a terminé pratiquement inchangée vendredi dans un faible volume de transactions avant un week-end de trois jours.
L’indice Dow Jones a cédé 0,17%, ou 83,11 points, à 49.359,33 points. Le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 4,46 points, soit 0,06%, à 6.940,01 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 14,63 points, soit 0,06%, à 23.515,388 points.
EN ASIE
A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a reflué lundi de 0,65% à 53.583,57 points, et le Topix, plus large, a cédé 0,06% à 3.656,40 points, troisième séance d’affilée de baisse sur fond de tensions géopolitiques concernant le Groenland, ce qui a entraîné une hausse du yen, actif refuge.
Les données sur les commandes de machines japonaises en novembre ont montré une baisse de 11% en rythme mensuel, soit plus du double de ce que les économistes avaient prévu dans une enquête Reuters.
Ce lundi marque par ailleurs le début d’une semaine charnière pour les marchés japonais, avec la dissolution attendue du Parlement par la Première ministre, Sanae Takaichi, partisane d’une politique budgétaire plus accommodante, tandis que la Banque du Japon (BoJ) rendra vendredi sa décision de politique monétaire.
L’indice MSCI regroupant les valeurs d’Asie et du Pacifique (hors Japon) perd 0,1%.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai s’est octroyé 0,29% et le CSI 300 a grappillé 0,05%, dans un contexte de forte volatilité après la publication de nouvelles données économiques.
L’économie de la Chine a progressé de 4,5% sur un an au quatrième trimestre, un rythme légèrement supérieur aux attentes des analystes, tandis que sa croissance sur l’ensemble de l’année 2025 a été conforme à l’objectif de 5,0% fixé par Pékin.
LES VALEURS A SUIVRE EN EUROPE:
CHANGES
Le dollar recule de 0,32% face à un panier de devises de référence, les actifs américains étant sous pression, dans un mouvement général d’aversion au risque.
« Normalement, on pourrait penser que la menace de droits de douane entraînerait un affaiblissement de l’euro », note Khoon Goh, responsable d’études sur l’Asie chez ANZ.
« Mais, comme nous l’avons constaté l’an dernier également, lors de la mise en place des droits de douane du « Liberation Day (« Jour de la Libération »), l’impact sur les marchés des changes a en réalité été davantage une faiblesse du dollar chaque fois qu’une incertitude politique accrue émane des Etats-Unis », a-t-il ajouté.
L’euro avance de 0,33%, à 1,1636 dollar, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3399 dollar (+0,13%), les deux devises se redressant après avoir atteint leurs plus bas de plusieurs semaines.
Le yen, pour sa part, a atteint son niveau le plus élevé depuis le 9 janvier face au dollar après les dernières menaces sur les droits de douane de Donald Trump contre l’Europe.
Les cryptomonnaies, souvent considérées comme un indicateur du sentiment de risque, ont également subi de fortes ventes. Le bitcoin est en repli de 3% à 92.563,09 dollars, tandis que l’éther chute de plus de 4% à 3.200,99 dollars.
TAUX
Le rendement du Bund allemand de même échéance perd 2,2 points de base, à 2,8184%, après avoir pris environ deux points vendredi.
L’écart de rendement entre le Bund et l’OAT française à dix ans s’élargit légèrement, autour de 68 points de base, alors que le Premier ministre français Sébastien Lecornu doit trancher ce lundi entre l’article 49.3 et l’ordonnance pour le budget 2026.
Le marché des bons du Trésor américain au comptant est fermé ce lundi, mais les contrats à terme sur les obligations à 30 ans montrent une baisse, les investisseurs se couvrant contre le risque de futures ventes européennes.
Le rendement des obligations souverains japonais à 10 ans progresse de 3,5 points de base, à 2,215%, son niveau le plus élevé depuis février 1999, dans un contexte de crainte liées aux élections législatives anticipées.
Shunichi Suzuki, secrétaire général du Parti libéral-démocrate de la Première ministre Sanae Takaichi, a déclaré dimanche que le parti envisageait d’honorer la promesse électorale d’une suppression de la TVA sur les produits alimentaires pendant deux ans. Les partis d’opposition militent également pour des baisses d’impôts, ce qui pourrait affaiblir davantage les finances du pays.
PÉTROLE
Le marché pétrolier recule légèrement lundi après avoir progressé vendredi, l’atténuation des manifestations en Iran réduisant le risque d’une intervention militaire américaine, susceptible de provoquer une perturbation des approvisionnements.
Le Brent reflue de 0,58% à 63,77 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 0,61% à 59,08 dollars.
MÉTAUX
Les cours de l’or et de l’argent ont atteint de nouveaux sommets lundi, les investisseurs se ruant sur les actifs refuge sur fond de menace de nouveaux droits de douane dans le dossier du Groenland.
L’or au comptant bondit de 1,6%, à 4.666,11 dollars, après avoir touché un sommet historique à 4.689,39 dollars.
L’argent au comptant grimpe de 3,6%, à 93,15 dollars l’once, après avoir atteint un record à 94,08 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 19 janvier
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
EZ 10h00 Prix à la consommation décembre +0,02 -0,3%*
(définitif)
– sur un an +2,0% +2,0%*
*première estimation
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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