Allemagne: Merz exclut une réforme prochaine du frein à l’endettement
par Andreas Rinke et Mathias Williams
BERLIN (Reuters) – Le vainqueur des élections législatives anticipées tenues dimanche en Allemagne a exclu toute réforme prochaine du frein à l’endettement, mardi, et a déclaré qu’il était trop tôt pour dire si le Parlement sortant pourrait approuver une augmentation massive des dépenses militaires.
La réforme de la règle constitutionnelle limitant le déficit budgétaire à 0,35% du PIB a l’objet d’importants débats durant la campagne des législatives, alors que le pays a enregistré deux années consécutives de contraction et que le président américain Donald Trump appelle les Vingt-sept à dépenser davantage pour la sécurité du continent européen.
Le bloc conservateur CDU/CSU de Friedrich Merz est arrivé en tête des élections législatives dimanche mais, sans majorité, il doit faire face à des négociations coalition difficiles et au fait que l’extrême droite d’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et le parti de gauche Die Linke ont remporté ensemble un tiers des sièges du nouveau parlement, ce qui signifie qu’ils seront en mesure de faire obstruction à ce dossier.
« Il est hors de question que nous réformions le frein à l’endettement dans un avenir proche », a déclaré Friedrich Merz. Il y a « beaucoup de travail à faire, beaucoup de travail difficile à faire », a-t-il averti.
L’Allemagne envisage également de créer un fonds spécial pour augmenter les dépenses militaires, qui, selon une source au sein de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), pourraient s’élever à des centaines de milliards d’euros.
Friedrich Merz s’est toutefois montré prudent mardi quant à la perspective de pouvoir valider ce projet au sein du Bundestag sortant.
« Nous discutons ensemble, mais il est bien trop tôt pour en parler. Je considère que c’est difficile pour le moment ».
INQUIÉTUDES CROISSANTES
La réforme du frein à l’endettement et la création du fonds de défense nécessiteraient le soutien des deux tiers du Bundestag, mais la configuration issue des élections de dimanche jette un doute sur la réussite de ces projets.
Les députés nouvellement élus prêteront serment au plus tard le 25 mars prochain.
Ces deux mesures reflètent les inquiétudes croissantes concernant la sécurité de l’Allemagne et l’avenir de l’alliance transatlantique depuis la réélection de Donald Trump à la Maison blanche.
Le reste de l’Europe n’est pas non plus épargné par les préoccupations sécuritaires : mardi, le Premier ministre Keir Starmer a annoncé que les dépenses de défense britanniques attendraient 2,5% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2027, soit l’augmentation la plus forte dans la durée depuis la fin de la guerre froide.
Le ministre-président bavarois et dirigeant de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) Markus Soeder, alliée de la CDU, a déclaré mardi que les partis devraient envisager d’approuver le fonds de défense dès que possible.
« Ce ne serait pas un mauvais signal si l’Allemagne, avant que le processus normal de formation d’un gouvernement n’ait lieu, profitait de l’occasion pour envoyer un signal international fort sur sa propre structure militaire », a-t-il dit mardi.
La formation de gauche Die Linke, qui disposera de plus de sièges dans le nouveau Bundestag, soutient la réforme du plafond de la dette, mais a réaffirmé mardi s’opposition à l’augmentation des dépenses de défense, déclarant qu’il ne soutiendrait pas la création d’un nouveau fonds.
Le libéral FDP, qui détient des sièges dans l’assemblée sortante mais a n’a pas atteint le seuil requis pour entrer au nouveau Bundestag, soutient pour sa part l’augmentation des dépenses de défense, mais n’accepte pas l’assouplissement du frein à l’endettement.
Le futur chancelier allemand, qui a demandé lundi à Washington de ne pas tourner le dos à ses alliés européens, a également exhorté les Vingt-Sept à renforcer leurs propres capacités de défense, déclarant qu’il était « minuit moins cinq pour l’Europe ».
(Reportage Andreas Rinke, Friederike Heine et Ludwig Burger; rédigé par Ludwig Burger et Matthias Williams, version française Diana Mandiá ; édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

