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Ce que Ramuz, Chappaz et Chessex doivent à la Bible

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L’universitaire Sylviane Dupuis analyse dans un essai de haute tenue l’influence des Écritures sur la littérature romande du XXe siècle, de Chessex à Ramuz, de Bille à Chappaz.
«Réserve d’images, de fables, de figures ou de préceptes», la Bible a été, au cours du XXe siècle, un foisonnant abreuvoir pour les écrivains romands. Bien que majoritairement agnostiques, les auteurs de Suisse romande n’ont pas fait l’impasse sur les deux Testaments et ce que ces derniers ont injecté dans leur chair et dans leur langue. Au point d’y faire largement référence, du «Pasteur Burg» d’un Jacques Chessex fier de ses initiales christiques, au «Match Valais-Judée» de Maurice Chappaz, qui compare la plaine du Rhône avec la Terre promise, en passant par les romans apocalyptiques de Charles Ferdinand Ramuz et l’audacieux projet de Catherine Colomb de «récrire la Bible».

Dans «Au commencement était le verbe», la professeure de littérature francophone et auteure Sylviane Dupuis cartographie le rapport au Livre de nos écrivains. Un essai qui se veut littéraire, pas théologique, où l’universitaire genevoise explique pourquoi et comment l’espace littéraire romand, au siècle dernier, témoigne d’un mouvement allant «des Écritures à l’écriture». Interview.

Pourquoi la littérature romande, à l’inverse de la littérature moderne française, ne se distancie-t-elle pas de la Bible?

En France, le surréalisme et les avant-gardes ont changé la donne; on assiste à une forme de rejet de la Bible, voire de la religion elle-même, dans la littérature. Il faut évidemment rappeler que du côté français se conjuguent, dès la fin du XVIIIe siècle, la Révolution et déjà un postulat de laïcité. J’ai donc été très frappée d’observer à quel point les auteurs romands n’ont pas connu ce processus d’éloignement par rapport à la référence biblique. Au contraire, elle est toujours là, même si elle est raillée, ou «retournée» de manière subversive – et ce, jusqu’à la profanation, chez un Jacques Chessex. En effet, il n’est pas toujours question d’imiter le modèle biblique en le respectant.

« La Suisse renvoie peut-être, parce qu’elle est restée très liée au monde paysan, à un ensemble de gestes traditionnels et à un paysage quotidien qui avaient encore, à l’époque, quelque chose de très biblique. »
SYLVIANE DUPUIS, UNIVERSITAIRE

Paradoxalement, vous écrivez que cette référence biblique en Suisse ouvre parfois à plus d’originalité ou de folie qu’en France. Comment cela se fait-il?

C’est peut-être en partie parce qu’ils ou elles ont été marqués par certains livres de l’Ancien Testament, qui sont de grands poèmes, tout comme l’est le Livre de l’Apocalypse, que les écrivains romands ont fait preuve d’autant de singularité dans leurs textes. Dans le Livre de Job ou les Psaumes, il y a un vrai lyrisme poétique, des images très concrètes, un rythme dans la langue. Mais cette liberté formelle, chez les Romands, est peut-être aussi due au fait que, n’ayant pas à correspondre à des critères éditoriaux français et étant en quelque sorte limités à la Suisse romande, certains auteurs d’ici, hommes ou femmes, se sont affranchis de toute idée de genre. Comme un Jean-Marc Lovay, qui quitte Gallimard après trois livres, refusant de rendre son style plus lisible pour le lectorat français, et qui est accueilli par les Éditions Zoé, à Genève.

Faite d’auteurs issus de cantons réformés ou catholiques, la littérature romande est-elle l’espace où cultures catholique et protestante ne se sont jamais autant mêlées?

Il ne faut pas, en effet, restreindre le champ littéraire romand à l’empreinte protestante. La Réforme a bien sûr essaimé dans l’espace culturel qui va de Genève à Neuchâtel en passant par le canton de Vaud, mais les cantons catholiques existent également. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y ait eu ce double rapport à la Bible, assez différent de part et d’autre, puisque les écrivains protestants vont insister sur l’Ancien Testament, tandis que les catholiques sont plus tournés vers les Évangiles et le Nouveau Testament. Il y a donc eu, tout à la fois, une empreinte protestante et réformée, ou catholique, et une influence réciproque, jusqu’à un certain point, entre les auteurs. L’universitaire Roger Francillon parle d’une «protestantisation» du catholicisme romand. Je crois que cela joue dans les deux sens.

Si la littérature romande du XXe siècle est truffée de références bibliques, relève-t-elle pour autant d’une recherche spirituelle?

Pour Jean-Marc Lovay, l’écriture même est «instrument spirituel», ouvrant à «l’inconnu du verbe» avec un «v» minuscule. Cette formule, qui déplace le sens religieux vers le sens poétique ou le Verbe divin vers la littérature, «l’unique autre monde possible», selon Lovay, me paraîtrait convenir à beaucoup d’auteurs romands.

Chez Ramuz, on retrouve d’ailleurs l’espoir toujours contrarié d’atteindre par l’écriture une perfection «éternelle». L’écrivain se prend-il pour Dieu?

Il est clair qu’au début du XXe siècle, il y a un transfert de la religion vers l’art. On le voit aussi chez Proust. En Suisse romande, ce travail, c’est vraiment Ramuz qui l’initie de la façon la plus originale et la plus neuve en recourant sans cesse, à l’arrière-plan, au texte biblique, mais en le transposant dans le domaine de l’écriture romanesque. C’est l’écriture qui devient porteuse du sens. Et donc d’un désir de perfection et d’absolu qui existait dans la religion et se voit relayé par le travail littéraire. Quant au fantasme d’être Dieu en écrivant, il accompagne la littérature depuis toujours, le poète ou l’écrivain se mettant à la place de Dieu pour créer. Balzac l’a dit: être romancier, c’est usurper sur Dieu.

On voit chez Chappaz, Bille ou Ramuz une comparaison entre les lieux et images bibliques et la réalité suisse. Y aurait-il dans les paysages suisses quelque chose de profondément bibliques?

C’est un peu ce que suggère Chappaz, en effet. Il voit la plaine du Rhône comme une sorte de nouvelle Judée quand Corinna Bille y voit une «terre de la Genèse». Il y a donc fusion imaginaire entre le paysage réel et le paysage biblique, mais je ne crois pas que ce soit vraiment parce que la Suisse ressemble au décor biblique. L’imaginaire de ces trois écrivains étant profondément imprégné de la lecture de la Bible, ils la projettent sur le paysage et, en quelque sorte, lui insufflent une substance biblique. Toutefois, la Suisse renvoie peut-être, parce qu’elle est restée très liée au monde paysan, à un ensemble de gestes traditionnels et à un paysage quotidien qui avaient encore, à l’époque, quelque chose de très biblique.

Jacques Chessex semble avoir dit tout et son contraire sur sa foi dans une production littéraire gorgée de références bibliques. La lecture complète de son œuvre nous permet-elle de trancher sur sa croyance en Dieu?

Non. On se demande vraiment s’il joue de bout en bout avec ces références, ce matériau, tout ce bagage biblique qui est en lui, en s’en servant uniquement pour en tirer de l’écriture, ou s’il s’agit aussi, jusqu’à la fin, d’un questionnement sur l’existence ou non de Dieu. Difficile de trancher. Ma lecture serait plutôt que cette manière paradoxale qu’a Chessex d’être à la fois dans le blasphème et le «désir de Dieu» recouvrait une angoisse, fondamentale chez lui, du vide et du néant.

«Au commencement était le verbe»
Sylviane Dupuis
Éditions Zoé
255 p.

Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

1. Le Journal Chrétien,  un service de presse en ligne reconnu par l’Etat

Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.
La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

2. Chrétiens TV, chaîne 483 de Free

Chrétiens TV est une chaîne de télévision chrétienne francophone reconnue par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et diffusée en continu sur le canal 483 de l’opérateur Free en France ainsi que sur Apple TV, Roku TV, Amazon Fire TV, les applications Chrétiens TV et Free TV (iOS ou Android), les sites Chrétiens TV et https://tv.free.fr
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