Pâques à l’épreuve des faits
Le procès de Jésus
Jésus se dit «Fils de Dieu». Il en paiera le prix. Cette affirmation lui vaut, en effet, d’être jugé pour blasphème par le Sanhédrin (assemblée législative et tribunal d’Israël à l’époque romaine, ndlr). Il doit comparaître devant Ponce Pilate, préfet de la province romaine de Judée entre 26 et 36. «Dans le cadre de sa juridiction, celui-ci détient le droit du glaive. C’est-à-dire le privilège absolu de prononcer la peine capitale. Toutefois, selon les Évangiles, il ne va pas trouver de motif pour mettre à mort Jésus», explique Simon Butticaz, professeur de Nouveau Testament à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne.
«En refusant dans un premier temps de rendre un verdict au sujet des accusations portées à l’encontre de Jésus, Ponce Pilate est tout à fait cohérent. C’est une affaire de compétences. En effet, Jésus est condamné par le Sanhédrin. Or le blasphème est, dans ce cas précis, un crime commis à l’encontre de la loi juive. Il ne relève donc pas de la compétence de Ponce Pilate qui, en tant que gouverneur, doit avant tout appliquer la loi romaine», note Christophe Schmidt, historien de l’Antiquité à l’Université de Genève. Et d’ajouter qu’«en outre, Jésus n’est pas citoyen romain, mais pérégrin (homme libre non-citoyen romain, ndlr). Ponce Pilate est donc parfaitement dans rôle lorsqu’il déclare être dans l’incapacité de juger Jésus».
Il n’empêche que, dans les textes bibliques, «la description faite de Ponce Pilate l’exonère de sa responsabilité face à la mort de Jésus», précise Simon Butticaz. Face à son refus initial de prendre position sur le sort à réserver à l’accusé, le préfet «accepte finalement de le condamner à mort sous la pression des Juifs, qui menacent de le dénoncer à l’empereur en cas d’inaction», commente Christophe Schmidt. Il renvoie aux travaux de l’historien Adalberto Giovannini, qui aboutit à la conclusion que les Romains reconnaissaient au Sanhédrin la possibilité de prononcer des condamnations à mort lorsqu’il s’agissait d’une infraction à la loi religieuse juive. «Mais si Jésus est finalement condamné par Ponce Pilate, c’est pour une raison politique: il accepte d’être nommé roi des Juifs, ce qui revient à contester l’autorité de l’empereur.»
Le mont Golgotha
«Gologotha est le lieu d’exécution de Jésus. Une montagne en forme de crâne dont font état les récits bibliques», pose Simon Butticaz. On parle aussi du Calvaire, racine latine oblige: le crâne se dit calvaria en latin.
«On situe le mont Golgotha en dehors de la ville de Jérusalem. Mais, dans l’Évangile de Jean, la proximité de cette montagne avec la ville est mentionnée», ajoute le théologien. Une distance toute relative donc, mais une distance tout de même. En effet, selon la ritualité juive, on préférait que l’impureté, c’est-à-dire tout ce qui touche à la mort, au sang et aux cadavres, soit retranchée à l’extérieur des cités. «La localisation du Golgotha n’est toujours pas assurée. Les collines, autour de Jérusalem, ce n’est pas vraiment ce qui manque!» commente l’historien Christophe Schmidt. La toute première localisation historique continue cependant de faire autorité, rappelle-t-il: «Pour les catholiques, la colline et le tombeau se trouvent à l’emplacement de l’Église du Saint-Sépulcre, lieu arrêté au IVe siècle par l’empereur Constantin et sa mère Hélène. Mais depuis le XIXe siècle, un autre lieu a été proposé: le Tombeau du jardin, hors de Jérusalem, reconnu par diverses Églises issues du protestantisme.»
La crucifixion
«Les Évangiles retracent d’une façon plus que crédible le rituel de la crucifixion», affirme Simon Butticaz. Les auteurs des Évangiles en rendent compte, alors même que «nous ne disposons que de très peu de descriptions de ce châtiment dans les sources écrites datant de l’Antiquité. Et pour cause, on parlait le moins possible de ce rituel considéré comme particulièrement infamant», précise encore le théologien.
Aucun doute non plus du côté de l’historien Christophe Schmidt. On pratiquait bien, à l’époque de Jésus, la crucifixion de la façon dont en parle la Bible: «Conformément au droit romain, les brigands sont condamnés à la crucifixion, une peine dégradante et avilissante.» Les preuves archéologiques de cette pratique sont toutefois très rares : en tout, deux squelettes de victimes de crucifixion ont été retrouvés, dont l’un en Judée. «Avec cette technique de mise à mort du supplicié, les organes ne sont pas touchés. La mort survient des suites de l’exténuation et finalement de l’asphyxie», poursuit le théologien. Élément confirmé par l’historien: «C’est bien par étouffement que le crucifié va décéder, comme on a pu l’observer grâce au premier squelette découvert en 1968.»
Si le recours à ce type d’exécution est avéré, il est un point dans le récit biblique qui semble s’éloigner pourtant de la pratique: malgré toutes les représentations chrétiennes, on ne clouait pas les mains des suppliciés sur la croix. L’historien en veut pour preuve qu’«au milieu de la paume, il n’y a pas d’os assez puissant pour faire tenir le corps et son poids en hauteur. On plaçait donc les clous dans les avant-bras.»
Le tombeau
Mort en croix, le corps de Jésus est déposé dans un tombeau fermé par une pierre. Trois jours plus tard, le tombeau est retrouvé ouvert et vide, Jésus est ressuscité. Si la mention du tombeau figure dans les quatre Évangiles, pas un mot dans les Épîtres de Paul, qui suivent le livre des Actes dans le Nouveau Testament. «Paul annonce et proclame le fait que Jésus a été réveillé d’entre les morts et qu’il est apparu. Il dresse ainsi une liste des apparitions du Ressuscité à différentes figures du christianisme naissant: Jacques, Pierre et Paul lui-même», détaille Simon Butticaz.
La thèse du tombeau reste pourtant de mise. À l’époque de Jésus, en effet, le tombeau constitue une alternative à d’autres types d’ensevelissements autrement moins nobles: «La mise à mort en croix était honteuse et n’était destinée qu’à des parias, les personnes les plus humbles ou de basse condition. Ainsi, elle était aussi très souvent suivie d’un ensevelissement dans la fosse commune», relève Simon Butticaz.
Le récit biblique décrit le tombeau comme creusé dans la roche, fermé par une pierre ronde. Selon l’historien Christophe Schmidt, «la description telle qu’elle est faite dans les Évangiles est plutôt crédible. Elle est en soi assez conforme à ce que l’on a pu établir à partir des fouilles archéologiques sur les pratiques funéraires juives de l’époque: certains tombeaux étaient effectivement creusés directement dans la roche, formant ainsi des caveaux. Ceux-ci voyaient leurs entrées closes par de lourdes pierres roulées.» Comment expliquer que Jésus, considéré comme un paria, dispose d’une dernière demeure digne de la noblesse d’antan? Parmi les personnes qui descendent le corps de Jésus de la croix et procèdent à son inhumation, la Bible évoque Joseph d’Arimathie, un notable juif membre du Sanhédrin. «Il n’est pas totalement incongru que celui-ci demande que le corps de Jésus ait une sépulture convenable. Cela reflète les devoirs de piété des juifs face à la mort», se figure Simon Butticaz. Cette thèse n’est pas non plus exclue pour Christophe Schmidt mais il note que «l’existence même de Joseph d’Arimathie est contestée par certains historiens».
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

