L’Église réformée de Suisse surfe sur la deuxième vague
Pour sa session virtuelle du 2 novembre, le Synode de l’Église réformée de Suisse a traité les urgences. Parmi elles, l’élection de deux femmes aux postes de présidente et de membre de l’exécutif. Des postes laissés vacants au printemps à la suite de deux démissions.
La deuxième vague de coronavirus a peut-être eu raison de la convivialité, mais elle n’aura pas mis le parlement de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) à terre. Le synode a bien eu lieu donc, mais par écrans interposés et avec un ordre du jour revu à la baisse. Et pour cause, les enjeux étaient de taille ce lundi 2 novembre pour les délégués des Églises dispersés aux quatre coins du pays: attribuer les sièges vides de la présidence de l’EERS et de l’un des membres du Conseil (exécutif). C’est donc la pasteure de l’Église réformée zurichoise, Rita Famos, qui deviendra la première femme à occuper la présidence de l’EERS au 1er janvier. Élue par 47 voix sur 78 – contre 25 pour sa concurrente romande, la pasteure Isabelle Graesslé –, Rita Famos succèdera à Gottfried Locher, qui a démissionné en mai après des accusations de comportements abusifs dans le cadre de ses relations professionnelles et d’une plainte déposée au Conseil.
Les femmes au pouvoir
Dans la foulée, les délégués ont élu la Bernoise Claudia Haselbacher, pasteure de l’Église évangélique méthodiste suisse, comme septième membre de l’exécutif. Elle reprend la place laissée vide par Sabine Brändlin qui a démissionné en avril.
Jamais deux sans trois, c’est encore une femme qui a été élue à la tête du Synode (organe délibérant), en la personne d’Evelyn Borer, actuelle présidente de l’Église réformée de Soleure. La rejoignent deux nouveaux vice-présidents: la Zurichoise Catherine Berger-Meier et le Neuchâtelois Christian Miaz. Le président de l’Église réformée du Valais, Gilles Cavin est nommé président de la commission de nomination. Une commission qui intègre le Vaudois Jean-Luc Blondel comme nouveau membre.
S’il était prévu que les membres démissionnaires du Conseil fassent leurs adieux lors de la session d’automne, la suppression des moments festifs pour cause de pandémie a eu gain de cause. Alors que Sabine Brändlin avait accepté de dire quelques mots, les invitations adressées à Gottfried Locher sont, quant à elles, restées lettre morte, a informé le président du Synode Pierre de Salis.
L’enquête avance
Crise institutionnelle toujours, les délégués de l’EERS ont eu droit à un premier rapport verbal de la commission d’enquête, nommée par le Synode s’agissant du dossier en lien avec la démission de l’ancien président. Par la voix de sa présidente Marie-Claude Ischer, déléguée de l’EERS et présidente de l’Église réformée vaudoise, la communication est de forme plus que de fond. On apprend que la commission s’est mise en route, mais qu’elle attend surtout, pour la fin de l’année, le rapport du cabinet d’avocats externe mandaté, pour aller plus avant. Pour rappel, le bureau d’avocats investigue sur la plainte et la commission d’enquête sur la manière dont le Conseil de l’EERS a agi face à celle-ci, et si des mesures existaient en matière de comportements abusifs.
Accepter la fusion
Après la pause de midi, le Synode s’est penché sur les autres affaires urgentes. Bien qu’éparpillée, l’assemblée a approuvé la fusion des fondations Pain pour le Prochain et EPER, en vue de la constitution de la Fondation Entraide protestante suisse (EPER). Mais la marque Pain pour le Prochain existera toujours. L’objectif: «Renforcer leur position dans un environnement de plus en plus concurrentiel et optimiser l’impact de leur projet en Suisse et à l’étranger», a expliqué Daniel Reuter, vice-président du Conseil de l’EERS. Les statuts de fondation modifiés ont été acceptés et les délégués ont pris connaissance d’un rapport sur la fusion, des projets de contrat de fusion et du règlement d’organisation. Autant de documents soumis au préalable à l’Autorité fédérale de surveillance des fondations. Le dossier sera remis sur le tapis lors de la session de juin prochain, afin que la fusion soit effectuée sur un plan juridique et que la nouvelle appellation puisse être utilisé dès le 1er janvier 2022.
L’après-midi a été l’occasion de valider le budget 2021 qui prévoit une réduction de 2% des contributions des Églises membres. Les délégués ont également alloué une subvention extraordinaire de 420 000 fr. pour l’aumônerie pour requérants d’asile dans les centres fédéraux pour l’année 2021.
Le temps des adieux
La session du 2 novembre était la dernière séance de l’Église évangélique libre de Genève (EELG). Membre depuis 1923, «la question de l’affiliation revient régulièrement depuis trente ans s’agissant des débats théologiques», a exprimé le délégué Boris Cretegny qui remercie pour les décennies d’échanges et de témoignages riches. L’EELG deviendra une Église associée, dès que le règlement du Synode sera approuvé. Un changement de statut auquel la prise de position de l’EERS en faveur du mariage pour tous n’est pas étranger.
C’est enfin Pierre de Salis, président sortant du Synode qui a fait ses adieux, après trois assemblées des délégués, du temps de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (ancêtre de l’EERS), et deux synodes. Il a notamment remercié «toutes les personnes qui se sont engagées dans cette année 2020 difficile, bouleversée et bouleversante».
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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