En grande difficulté financière, l’Eglise réformée neuchâteloise prépare une stratégie immobilière
«Nous ne sommes pas des promoteurs immobiliers par essence, mais nous pouvons l’être si ces bénéfices financiers servent à accomplir la mission de l’Eglise», écrivait dans un rapport officiel le président de l’Eglise évangélique réformée du canton de Neuchâtel (EREN). Ainsi, grâce à des résolutions votées en décembre 2024, l’EREN se lance dans une politique d’entretien, de rénovation et de valorisation de son considérable parc immobilier, dans le but d’absorber un déficit de près de 1,2 million de francs au budget 2025. Précisions avec Jacques Péter, conseiller synodal en charge de l’immobilier et des finances.
Pour quelles raisons l’EREN se décide-t-elle à se séparer de ses biens?
L’EREN vend des biens immobiliers afin de répondre à des besoins financiers urgents et pour financer des travaux de rénovation nécessaires sur d’autres bâtiments. L’objectif est de maintenir l’équilibre financier sans trop réduire les activités de l’Eglise.
La valeur du parc immobilier de l’EREN est-elle suffisante pour assurer son avenir financier?
Notre patrimoine immobilier vient d’être estimé à 60 millions de francs, avec une hypothèque actuelle de 8 millions. Cela nous offre une certaine sécurité, mais notre principale source de revenus reste la contribution ecclésiastique (actuellement 3,8 millions), qui diminue chaque année d’environ 200 000 francs. Même avec un parc immobilier qui rapporte de l’argent, sans cette contribution, on ne pourrait pas payer tous les salaires pour lesquels une réduction de voilure inévitable est d’ailleurs prévue prochainement.
Les besoins financiers de l’EREN sont-ils en adéquation avec le nombre de paroissiens, en forte baisse?
Notre mission et notre responsabilité vont bien au-delà des membres de l’Eglise. Réduire drastiquement nos activités, notamment en supprimant des services essentiels comme les aumôneries de prison ou d’hôpitaux, nous empêcherait de répondre aux besoins fondamentaux de l’ensemble de la population. L’EREN est reconnue d’utilité publique, cela implique donc d’être au service de toute la société. En ce sens, nous avons une responsabilité vis-à-vis de l’Etat, bien que l’Eglise en soit séparée.
Quels sont les grands projets de vente dans lesquels l’EREN se lancera prochainement?
Récemment, afin de répondre à un urgent besoin de liquidités, l’EREN a vendu un appartement situé à La Chaux-de-Fonds et a mis en vente deux autres appartements dans le bas du canton. Nous sommes dans une phase d’évaluation avec des professionnels, notamment des architectes, pour définir quels bâtiments doivent être conservés, ou rénovés avant d’être vendus ou loués. Un plan global est donc en préparation pour gérer le patrimoine de manière plus stratégique.
La mise en place d’une stratégie immobilière est-elle en adéquation avec les valeurs d’une Eglise?
Cela pose inévitablement des questions d’ordre éthique. L’idée que l’Eglise puisse faire fructifier son patrimoine est controversée, même s’il y va de sa survie financière. Ainsi, nous ferons attention à ne pas traiter avec des entreprises qui ne respectent pas certaines normes éthiques, comme le recours au travail au noir. Les partenariats seront soigneusement examinés pour s’assurer qu’ils sont en accord avec les valeurs de l’Eglise.
L’exécutif a-t-il besoin de l’accord d’une paroisse pour vendre un de ses bâtiments?
Selon une décision du Synode de décembre 2024, les paroisses doivent donner leur accord pour les bâtiments du patrimoine administratif. Pour les autres immeubles, nous veillons à consulter les paroisses concernées.Cela permet de s’assurer que les bâtiments vendus ne sont pas essentiels aux activités paroissiales et d’éviter les incompréhensions.
En 2024, l’EREN a dépensé une centaine de milliers de francs à cause d’une infestation de punaises de lit dans un de ses locatifs. Comment se prémunir contre ces risques?
Il est difficile d’éviter complètement les risques financiers liés à la gestion immobilière, comme les infestations de punaises de lit, qui ne sont généralement pas couvertes par les assurances. L’EREN, comme la majorité des propriétaires, prend cependant des précautions en demandant des garanties de loyer aux locataires, bien que ces mesures ne soient pas toujours suffisantes en cas de problème.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

