A Neuchâtel, les Eglises renoncent à la jouer discrètes
Alors que dans ce canton la contribution ecclésiastique est au bon vouloir des contribuables, seuls 25% des personnes inscrites comme appartenant à une de ces communautés choisissent d’honorer leur part – le plus souvent par simple méconnaissance du rôle joué par ces institutions au service de tous. Les Eglises veulent aujourd’hui mieux communiquer.
Les trois Eglises du canton de Neuchâtel (réformée, catholique romaine et catholique-chrétienne) ne veulent plus travailler dans l’ombre. C’est en substance le message qu’elles ont choisi d’adresser aux contribuables en ce mois d’avril, par le biais d’un flyer directement annexé à leur déclaration d’impôts. Une initiative qui prend place dans une vaste opération de communication commune, qu’ont tenu à expliquer les trois Eglises cantonales lors d’une conférence de presse, tenue jeudi 27 avril.
«Le travail social et spirituel de nos trois Eglises est souvent méconnu de la population», formule Nassouh Toutoungi, curé de l’Eglise catholique-chrétienne (ECC). Et d’ajouter: «Il faut le dire, nous nous sommes faits discrets ces dernières années.» La campagne, inaugurée ce mois et qui se poursuivra jusqu’en 2025, a donc précisément pour but de faire connaître au grand public les actions de ces institutions envers la population neuchâteloise.
Juste contribuer
L’enjeu est évidemment financier – mais pas seulement. Car avec le slogan «Contribuer c’est juste», les Eglises neuchâteloises veulent surtout sensibiliser aux enjeux qui se cachent derrière ce qui apparaît souvent comme une facture de plus. «Car ce n’est pas simplement utile ou sympa de payer sa contribution ecclésiastique, c’est juste», exprime Yves Bourquin, président du Conseil synodal (exécutif) de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN).
«Les Eglises se battent pour la justice sociale, ici et ailleurs dans le monde, pour que personne ne soit laissé-pour-compte», poursuit-il. Et de rappeler leur service d’écoute pour tous, notamment auprès des plus fragilisés: dans les hôpitaux, les EMS, les prisons, les lieux d’accueil de rue, auprès des personnes en détresse psychique et physique. «L’Eglise se rend présente là où d’autres ne vont pas», résume le représentant protestant.
Des services destinés à toute la population, indépendamment des origines ou convictions religieuses, et que les Eglises veulent pouvoir continuer à offrir gratuitement, tout comme les baptêmes, les mariages et les services funèbres.
Contribuables oublieux ou oubliés
En 2022, dans le canton de Neuchâtel, sur les 33’952 personnes physiques inscrites au service fiscal comme appartenant à une de ces trois Eglises, «seul un quart (8759) ont payé tout ou partie de leur contribution ecclésiale», renseigne Emmanuel Raffner, président de la Fédération catholique romaine (FCR). De plus, d’après lui, la proportion de personnes affiliées de près ou de loin à ces Eglises serait trois à quatre fois supérieure au nombre de personnes inscrites (environ 120’000).
La raison d’un tel décalage? «Certaines personnes ne pensent simplement pas à cocher la case ad hoc dans leurs documents fiscaux, d’autres sont même encouragées à ne pas le faire par leur fiduciaire, qui y voient une possibilité d’économies», avance le président de la FCR. Pour autant, si la majorité des contribuables actuels (8200) contribue à hauteur de 11% d’impôts supplémentaires (ce qui est proposé de manière automatique), tout un chacun est libre d’adapter cette participation selon sa volonté ou ses possibilités. Avec cette campagne, les trois Eglises proposent même un QR-code pour faire un don unique à l’Eglise de sa confession ou pour les personnes qui souhaiteraient faire des dons liés à des projets spécifiques.
En 2022, les Eglises neuchâteloises reconnues ont perçu 4,3 millions de francs de la part des particuliers contre 1,1 million provenant des entreprises (personnes morales), des chiffres en constante diminution. L’enjeu de la contribution des particuliers est réel: l’EREN, qui a pu nous communiquer ses chiffres, est par exemple passée de 5,2 millions en 2012 à 3,4 millions en 2022 pour les personnes physiques.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

