Les chrétiens du Népal craignent des attaques
En tant que minorité religieuse dans l’ancienne monarchie hindoue, les chrétiens du Népal s’inquiètent, après la chute du gouvernement, de devenir la cible de violences.
L’effondrement du gouvernement népalais suite à des manifestations de masse a créé un vide de pouvoir et a plongé la minorité chrétienne du pays dans une profonde angoisse concernant sa sécurité et son avenir. L’insécurité a, selon un partenaire local de CSI de longue date, déjà conduit à des menaces contre les Églises et a alimenté les craintes de violences de la part de groupes extrémistes qui pourraient profiter de ce vide de pouvoir.
Des manifestations avec des conséquences
Le 8 septembre 2025, des manifestations ont eu lieu à l’échelle nationale, menées par la génération Z, après que le gouvernement a imposé une interdiction sur les grandes plateformes de réseaux sociaux. Les manifestations ont dégénéré : les forces de sécurité utilisant des munitions réelles ont tué au moins 19 jeunes et en ont blessé des centaines. En réponse, le 9 septembre, des manifestants ont pris d’assaut des bureaux de partis, des postes de police et les maisons de ministres. Parmi elles, la maison du Premier ministre KP Sharma Oli. Suite à l’incident, il a démissionné, s’est enfui et demeure caché. L’ancien Premier ministre Sher Bahadur Deuba et sa femme, la ministre des Affaires étrangères Arzu Rana Deuba, ont été blessés lors d’une attaque contre leur maison.
L’exigence des manifestants
Les manifestants de la génération Z ne sont pas uniquement descendus dans la rue à cause du blocage temporaire des plateformes de médias sociaux par le gouvernement, mais aussi parce que cette mesure a mis en lumière leur frustration de longue date vis-à-vis de l’élite au pouvoir du pays. Pendant des années, les jeunes citoyens ont observé l’impossibilité des partis politiques plus âgés à aborder des problèmes tels que le chômage, l’inflation et la corruption. Les jeunes adultes constatent que des personnalités comme le maire Balendra Shah de Katmandou ou le maire Harka Sampang de Dharan ont établi un nouveau modèle de leadership qui contourne la politique de parti, utilise les médias sociaux pour interagir directement avec le public et apporte des améliorations concrètes dans la vie publique.
L’interdiction des médias sociaux a été largement perçue comme une tentative de faire taire ces nouvelles voix et de protéger une classe politique qui échappe encore à toute forme de responsabilité. La génération Z, éduquée et connectée numériquement, ne croit plus aux réformes proposées par les mêmes partis qui ont à maintes reprises failli dans leur gouvernance. Leur protestation est une revendication d’un changement politique global, portée par la conviction qu’un leadership responsable et transparent n’est pas seulement possible, mais qu’il est grandement dû.
Les chrétiens sont inquiets
Dans ce milieu fragile, les chrétiens du pays expriment des craintes croissantes que leur communauté, déjà sous pression de groupes hindoux nationalistes ces dernières années, puisse être ciblée. « Dans l’ouest du pays, plusieurs Églises ont déjà été menacées par des hindous extrémistes, rapporte un partenaire local auprès de CSI. Dans un cas, la police a refusé d’intervenir. Par peur d’une attaque, les membres de l’Église ont sécurisé tous leurs biens et ont commencé à prier jour et nuit. » Un autre partenaire informe que la présence des forces indiennes à la frontière entre le Népal et l’Inde renforce l’insécurité parmi les chrétiens. Les réseaux chrétiens locaux réagissent principalement par des prières et des appels à la paix. Cependant, l’inquiétude grandit en raison des hindous extrémistes ou des factions promonarchistes qui pourraient profiter du chaos pour provoquer des violences ciblées.
Bien que la Constitution népalaise garantisse la laïcité, des groupes nationalistes hindous soutenus par l’Inde ont étendu leur présence au Népal et promeuvent des campagnes de reconversion dirigées contre les chrétiens. En particulier dans les districts frontaliers tels que Sunsari et Morang, les groupes organisent des rituels visant à « ramener » les chrétiens à l’hindouisme. Le terme utilisé pour cela est ghar wapsi et signifie « retour à la maison ».
La loi « anticonversion » népalaise est appliquée de manière sélective : alors que les chrétiens sont poursuivis pour évangélisation, la reconversion à l’hindouisme est autorisée sans vérification. De nombreux visiteurs chrétiens étrangers ont déjà été expulsés.
L’une des plus grandes inquiétudes à l’heure actuelle est que les extrémistes pourraient tenter de s’affirmer lors de l’effondrement du contrôle de l’État.
Le partenaire du CSI constate que les manifestations actuelles s’adressent à la classe politique et non aux groupes religieux. Mais l’incertitude quant à l’identité des instigateurs de la violence laisse ouverte la possibilité d’actions ciblées contre les minorités. « Des acteurs soutenant le retour de la monarchie pourraient tirer parti de la crise », dit-il. La peur parmi les chrétiens est donc double. D’une part, qu’ils puissent devenir rapidement les cibles de la violence, et d’autre part, qu’un réajustement politique plus long puisse miner leurs droits constitutionnels. Si le mouvement monarchique regagne du terrain politique, cela pourrait annuler les réformes laïques durement acquises au fil des ans.
Malgré la situation apaisée, la peur persiste
La situation s’est stabilisée le week-end du 13 au 14 septembre dernier. Cependant, une grande incertitude demeure, de nombreuses personnes restent chez elles et ne vont pas travailler actuellement. Comment la situation politique va évoluer et si le vide de pouvoir sera à nouveau comblé reste à voir. La destruction est importante, tout comme l’insécurité. Un nouvel élan de violence ne peut être exclu. Des leaders chrétiens se réunissent actuellement tous les jours pour des réunions de prière en ligne et appellent les communautés à participer activement à la reconstruction, par exemple, en nettoyant les rues, en reconstruisant des postes de police détruits ou en rendant visite aux blessés dans les hôpitaux. Leur objectif est de motiver les communautés chrétiennes à agir au Népal en tant que « lumière et sel », à établir la paix, à servir et à contribuer à « la reconstruction de la nation ».
Anugrah Kumar
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

