Le maire de New-York Zohran Mamdani soutenu par des chrétiens
À la fin d’un office religieux vibrant à la First Corinthian Baptist Church de Harlem, à New York, deux jours avant l’élection municipale de mardi, le pasteur Michael Walrond a invité le candidat socialiste musulman Zohran Mamdani à monter sur l’estrade. « Nous invitons toujours les candidats, à condition qu’ils acceptent une seule chose : rester et prier », a-t-il déclaré.
Avant son élection, Zohran Mamdani a été accueilli à la First Corinthian Baptist Church de Harlem. Les caméras ont filmé le jeune homme politique dans l’assistance. Zohran Mamdani, le candidat démocrate de 34 ans, s’est alors adressé à l’assemblée noire, citant Lévitique 23.22: « Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Eternel, votre Dieu. »
« Nos dirigeants ont trop longtemps pratiqué une politique consistant à récolter les fruits de leur labeur. Dans certains cas, ils ont même récolté dans les champs de leurs voisins », a déclaré Mamdani, sous les applaudissements et les acclamations. « Dieu a plus à offrir et veut plus pour chacun de nous », a-t-il ajouté.
Zohran Kwame Mamdani, citoyen Ougandais naturalisé américain en 2018, a été élu maire de New York, concrétisant une ascension politique fulgurante qui a fait de lui l’une des personnalités les plus éminentes du Parti démocrate.
Il est le premier maire de la ville d’origine africaine (puisqu’il est né à Kampala en Ouganda et qu’il a conservé sa nationalité ougandaise) et premier maire musulman.
Il a battu l’ancien gouverneur Andrew Cuomo lors des primaires démocrates, puis de nouveau le jour de l’élection, en menant une campagne progressiste axée sur l’augmentation des impôts des plus riches et la gratuité des bus, la création de crèches publiques, de supermarchés municipaux, le gel des loyers et la hausse du salaire minimum.
Mamdani a suscité l’opposition en raison de ses critiques passées envers Israël, d’accusations d’antisémitisme et du coût de ses propositions. Malgré cela, Mamdani a recueilli plus de la moitié des suffrages lors d’une élection où plus de 2 millions de New-Yorkais ont voté, soit le taux de participation le plus élevé depuis 56 ans.
« Il y a un profond mécontentement envers le système… Mamdani surfe sur cette vague », a déclaré Peter Meilaender, professeur de sciences politiques à l’université Houghton, un établissement chrétien situé à environ 500 kilomètres de New York. « On a vu Donald Trump accéder à la présidence en s’appuyant sur ce mécontentement. Mamdani, lui, se situe à l’opposé. »
Mamdani a dû faire face à l’opposition des super PACs et des démocrates de l’establishment qui ont financé ses adversaires. Les évangéliques représentent 8 % de la population de New York et les protestants afro-américains, 6 %. Certains espèrent que son mandat permettra d’alléger les inquiétudes des New-Yorkais concernant le coût de la vie. D’autres craignent que son administration n’aggrave la situation.
« Les jeunes sont enthousiastes à l’idée de voir Zohran », a déclaré Joel Ernst, un démocrate de 33 ans, chrétien non confessionnel, vivant à Manhattan. « Le fait qu’il n’ait pas occupé de fonction publique depuis 50 ans, avec un passé entaché de scandales en tous genres, joue en sa faveur. » Les sondages à la sortie des urnes indiquaient que Mamdani avait remporté les deux tiers des votes des primo-votants.
Le président Donald Trump a apporté son soutien à Cuomo à la veille de l’élection et a qualifié Mamdani de « communiste » qui provoquerait un « désastre économique et social total ». Trump a menacé de couper les fonds fédéraux à la ville. Mardi, Cuomo a obtenu 70 % des voix des électeurs de Trump, mais Ernst a reçu de nombreux témoignages de New-Yorkais qui soutenaient Mamdani sans pour autant partager ses idées progressistes.
Mamdani a mis l’accent sur le dialogue avec les communautés religieuses, notamment les églises noires et autres lieux de culte, ainsi que les mosquées, les synagogues et les temples hindous. Il a réalisé un score important auprès des électeurs sans affiliation religieuse, mais a également obtenu 43 % des voix des protestants et 33 % des catholiques, selon les premiers sondages à la sortie des urnes.
Charles Galbreath, pasteur de l’Alliance Tabernacle à Brooklyn, n’a pas apporté son soutien à Mamdani, mais a pris la parole lors d’un rassemblement qu’il a organisé en octobre, saluant la position du candidat contre les politiques fédérales d’immigration et son attention portée au coût de la vie.
Bryan Scutari, chrétien non confessionnel qui ne s’identifie à aucun parti politique, partage certains des objectifs affichés par Mamdani pour aider les plus démunis, mais désapprouve ses projets de changement. Ce jeune homme de 24 ans a déclaré à CT s’être abstenu de voter, invoquant son désaccord avec les opinions politiques et religieuses de Mamdani.
Le plan de Mamdani pour financer une grande partie de son programme repose sur une augmentation des impôts sur les sociétés et sur les personnes gagnant plus d’un million de dollars par an. Sa capacité à réunir les fonds nécessaires dépendra de l’approbation de la gouverneure Kathy Hochul, qui l’a soutenu en septembre mais a affirmé ne pas vouloir augmenter les impôts.
Avant de se lancer en politique, Mamdani travaillait comme conseiller en logement dans une association. Il a expliqué que son travail auprès de familles immigrées du Queens pour prévenir les expulsions avait influencé son engagement politique.
Meilaender, professeur à Houghton, critique le socialisme démocratique de Mamdani, mais considère que l’accent mis par le nouveau maire sur les questions économiques plutôt qu’identitaires est une stratégie politiquement judicieuse : « Son parcours personnel pourrait alimenter certains débats sur les enjeux culturels, mais il ne semble pas en avoir fait son cheval de bataille. Et je suppose que ces électeurs sont probablement ravis de voir un démocrate qui ne se contente pas de surfer sur la vague woke et qui parle plutôt du coût de la vie, de la difficulté à se nourrir à moindre coût. »
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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