Eprouvée financièrement, une Conférence des Eglises réformées romandes «sans dynamisme»?
«Nos Eglises vont se retrouver sans aucun dynamisme», a lâché ce samedi Christian Miaz, vice-président sortant du Conseil exécutif de la Conférence des Eglises réformées romandes (CER). Réunis à l’occasion de leur Assemblée générale, les délégués de la CER, issus des six Eglises membres, ont à nouveau évoqué leur avenir sous l’angle financier. Un débat tendu, surtout au moment d’aborder le changement, prévu à l’ordre du jour, de la clé de répartition financière. En effet, ce nouveau calcul devrait prochainement rebattre les cartes des contributions respectives des Eglises au budget de la CER, qui comprend la gestion de l’Office protestant de formation (OPF), l’Office protestant des éditions chrétiennes (OPEC) et l’Office protestant de médias (OPM).
Selon la nouvelle mouture soumise au vote des délégués par le Conseil exécutif, la contribution de chaque Eglise à la CER ne devrait plus être définie par leur masse salariale, trop complexe à déterminer précisément. La nouvelle clé de répartition s’appuie sur celle de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS), la faîtière réformée. Ainsi, selon ce modèle, les Eglises s’acquitteront d’une «contribution fixe selon le nombre de voix statutaires». La condition d’un «plafond fixé à 60% pour l’Eglise réformée vaudoise» a également été proposée, «car selon le calcul de l’EERS, les Vaudois seraient contraints de contribuer à 67%, ce qui est trop élevé», a précisé Christian Miaz. Ce qui a été accepté par l’AG.
Plus d’innovation?
Et si le budget 2025 a été approuvé ce samedi sans baisse substantielle par rapport à celui de 2024, le plan d’économies prévu pour la période 2026-2028 voté en mars 2024 a refait surface dans les débats. Ce dernier n’étant toujours pas élaboré, des inquiétudes ont été exprimées par certains délégués. «La nouvelle clé de répartition, qui pourra causer des soucis financiers aux Eglises les plus impactées, doit être appliquée à la condition que la baisse budgétaire soit réelle», a martelé Michel Blanc. Le conseiller synodal vaudois a donc proposé un amendement afin de lier la mise en œuvre de la clé de répartition avec la réalisation des économies attendues, ce qui a été accepté.
Ainsi, en vue d’une baisse linéaire de budget pour les années à venir, deux propositions que s’apprêtait à faire le Conseil exécutif n’ont même pas été présentées par Christian Miaz, qui a préféré y renoncer au vu de la teneur des débats. Il s’agissait d’une subvention visant à un renforcement de la «Mission web» qu’accomplit déjà la pasteure Carolina Costa pour le compte de l’Eglise protestante de Genève (EPG), et de l’engagement à 50% d’un producteur digital censé créer des contenus pour la jeunesse. «On ne va pas dépenser 170’000 francs pour deux nouveaux projets alors que nous ne savons pas encore comment réaliser des économies», a avancé le président de l’EERV Vincent Guyaz.
«Vous ne pourrez pas baisser le budget sans supprimer des missions», a réagi Christian Miaz. «Prenons l’exemple de la RTS ou de l’OPM. Si vous souhaitez baisser le budget de ces services, il faudra alors renvoyer des personnes. L’avenir qui est décrit aujourd’hui se passera donc de nouveaux projets et d’innovation.» Le Valaisan Gilles Cavin complète: «Il faut peut-être que la CER s’habitue à ce qui est devenu normal pour les Eglises les moins riches. A savoir qu’innover, aujourd’hui, implique de sacrifier quelque chose d’existant.»
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

