En Suisse, l’Église réformée veut former des secouristes en santé mentale
Depuis cette année, l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS) se fait organisatrice de cours de premier secours en santé mentale, à destination des professionnels de ses Églises mais également du grand public. À l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, zoom sur cette nouvelle offre, en partenariat avec Pro Mente Sana.
«Une personne sur deux souffrira d’un souci psychique au cours de sa vie, c’est énorme!» pose sans détour Bettina Beer, pasteure et collaboratrice de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS). Selon Roger Staub, le directeur de l’association Pro Mente Sana spécialisée dans les troubles psychiques, «chaque année en Suisse, plus d’un demi-million de personnes ont des pensées suicidaires».
«Il est plus que jamais nécessaire de sensibiliser la population aux maladies psychiques, qui restent encore largement tabouisées», poursuit Bettina Beer, à l’initiative du partenariat signé, en début d’année, entre la faîtière des Églises réformées de Suisse et Pro Mente Sana. L’idée? Proposer des cours de premiers secours en santé mentale, à l’image des cours dits de Samaritains, obligatoires pour le permis de conduire.
Le programme ensa, développé en Australie et importé en 2019 en Suisse par Pro Mente Sana, vise ainsi à donner à tout un chacun des clés pour gérer les situations de crise. «Quand quelqu’un se tape la tête par terre et se met à saigner, presque tout le monde sait comment réagir. Par contre, lorsqu’on se retrouve face à une personne qui s’apprête à sauter en bas d’un pont, une personne sous l’emprise de drogue ou son ado en train de se scarifier dans la salle de bains, nous sommes pour la plupart complètement démunis», formule Sophie Wahli-Raccaud, pasteure et responsable de formation à l’Office protestant de formation (OPF), qui a choisi de proposer ce cours dans le cadre de son programme de formation continue.
Un service public
«Le partenariat signé par l’EERS permet aux Églises réformées membres d’organiser ces cours à des conditions avantageuses», explique Bettina Beer. «Le public-cible est défini par l’Église organisatrice. Dans un premier temps, celles-ci se concentrent plutôt sur les ministres et les collaborateurs, pour que ceux-ci portent la sensibilisation de la santé mentale dans leur lieu de travail, mais le but serait aussi de former le plus grand nombre de personnes aux premiers secours en santé mentale.» Et de rappeler que «les Églises ont une mission dépassant le cercle de leurs membres, tout comme l’aumônerie spécialisée, en hôpital ou dans les centres d’enregistrement pour requérants d’asile».
Sans surprise d’ailleurs, on retrouve, parmi la première volée des ministres ayant participé aux cours orientés sur les adolescents proposés par l’OPF, plusieurs aumôniers. «On a pas mal de jeunes qui ont des fragilités psychiques, c’est aussi l’âge qui veut ça», confie Frédéric Steinhauer, pasteur et aumônier du Centre professionnel nord-vaudois, à Yverdon et Sainte-Croix. «Ce qu’on rencontre le plus dans les écoles, ce sont les crises d’angoisse: des jeunes qui « pètent les plombs »et sortent de la classe en pleurant ou qui font des crises de tétanie.»
Agir tout en gardant sa place
Daniel Nagy est quant à lui pasteur jeunesse et aumônier en milieu médical à Fribourg. S’il était sceptique à l’endroit de ce cours, il en est ressorti des plus élogieux: «Les formateurs ne promettent pas de recette miracle. Le but n’est pas que nous prenions la place d’un thérapeute, mais que nous ayons les bonnes réactions face à une situation d’urgence.»
Si la formation donne des outils pour repérer les différentes pathologies, elle encourage surtout à ne pas rester inactif. «Parfois on se retrouve face à des situations où on a un rôle à jouer», explicite Daniel Nagy. «Il ne s’agit pas seulement de remarquer qu’une personne va mal, mais d’oser l’approcher et lui parler ouvertement, pour ensuite chercher avec elle le meilleur accompagnement possible.»
«C’est comme avec les cours de premiers secours, vous ne vous attendez pas à pouvoir entreprendre une opération chirurgicale», formule la responsable de formation à l’OPF. «Il s’agit juste d’avoir les bons réflexes de base et de ne surtout pas aggraver la situation avec des paroles malheureuses.»
Déstigmatiser, une responsabilité biblique
«La réussite de ce cours est de déstigmatiser les personnes qui ont des fragilités psychiques», souligne encore Frédéric Steinhauer. «Car les troubles psychiques nous font à tous un peu peur. Si on n’a pas déjà un proche qui en souffre ou l’habitude d’affronter des situations un peu compliquées, on aura tendance à avoir des préjugés et fermer la porte.»
Mais en quoi une promotion de ces cours par les Églises est-elle, finalement, pertinente? «Celles-ci sont en contact avec de nombreuses personnes, et souvent dans des relations de longue durée. Elles sont donc à même de constater des changements qui pourraient être le signe d’une fragilité psychique et ainsi les encourager à s’adresser à des professionnels avant que la situation ne s’aggrave», indique Bettina Beer. Et d’appuyer: «La souffrance psychique est déjà thématisée dans la Bible, notamment lorsque Jésus chasse des « démons ». À l’époque, la santé mentale et physique étaient considérées comme un ensemble. Les Églises ont donc aussi une responsabilité dans ce domaine.»
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
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