Ukraine: Zelenski dit rester à Kiev, nouvelles sanctions contre Moscou
par Natalia Zinets
KIEV (Reuters) – Le président ukrainien Volodimir Zelenski a promis vendredi de rester à Kiev sur fond d’avancée de l’armée russe vers la capitale ukrainienne, dans ce qui constitue une attaque d’une ampleur inédite contre un Etat européen depuis la Deuxième Guerre mondiale, tandis que l’Union européenne a annoncé à l’issue d’un sommet de nouvelles sanctions contre Moscou.
La Russie a lancé jeudi contre l’Ukraine une offensive terrestre, aérienne et maritime à la suite d’une déclaration de guerre de son président Vladimir Poutine.
Plusieurs dizaines de personnes auraient été tuées depuis le début de l’offensive, tandis qu’environ 100.000 personnes ont pris la fuite, alors que des explosions et des échanges de tirs secouaient les grandes villes ukrainiennes.
Un conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur a fait savoir vendredi matin qu’un appareil ennemi avait été abattu au-dessus de Kiev, provoquant l’incendie d’un immeuble résidentiel après sa chute.
Les Etats-Unis et l’Ukraine accusent la Russie de vouloir saisir Kiev et renverser le gouvernement ukrainien, considéré par Moscou comme un pantin de Washington.
L’armée russe a pris jeudi le contrôle de l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, un site crucial situé à environ 90 kilomètres au nord de Kiev, sur la route la plus courte pour parvenir à la capitale ukrainienne depuis la Biélorussie, où Moscou a stationné des troupes.
S’exprimant dans un message vidéo, Volodimir Zelenski a prévenu que l' »ennemi m’a inscrit comme cible numéro une ». « Ma famille est la cible numéro deux. Ils veulent détruire l’Ukraine politiquement en détruisant la tête de l’Etat », a-t-il ajouté.
« Je vais rester dans la capitale. Ma famille se trouve aussi en Ukraine », a déclaré le président ukrainien.
NOUVELLES SANCTIONS OCCIDENTALES
Vladimir Poutine présente l’offensive russe comme une « opération spéciale » destinée à empêcher l’Ukraine de commettre ce qu’il dénonce comme un « génocide » des russophones, des accusations balayées par les Occidentaux. Le chef du Kremlin voit aussi dans l’Ukraine un Etat illégitime occupant des terres appartenant historiquement à la Russie.
A la question de savoir s’il était préoccupé par la sécurité de Volodimir Zelenski, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a répondu à la chaîne de télévision CBS: « A ma connaissance, le président Zelenski se trouve à son poste en Ukraine. Nous sommes bien sûr préoccupés par la sécurité de tous nos amis en Ukraine – représentants gouvernementaux et autres ».
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Canada et Australie ont dévoilé de nouvelles sanctions contre la Russie, en plus de celles annoncées plus tôt cette semaine lorsque Moscou a décidé de reconnaître l’indépendance de deux régions séparatistes du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, et d’y envoyer des troupes.
Réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne sont convenus d’un ensemble de nouvelles sanctions économiques contre la Russie décrites par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, comme « les plus sévères jamais prises » par le bloc.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait savoir dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’issue du sommet, que les sanctions européennes ciblaient « 70% du marché bancaire russe et des entreprises publiques majeures, dont dans le secteur de la défense ».
Emmanuel Macron déclaré qu’il s’était de nouveau entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine, à la demande de Volodimir Zelenski, décrivant cet échange comme « franc, rapide et direct ». Il a dénoncé toutefois la « duplicité » du président russe.
Au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, le président français a indiqué que Paris annoncerait ultérieurement des sanctions contre la Russie et allait accélérer son déploiement en Roumanie.
La Chine, elle, a été critiquée pour son refus de qualifier l’offensive russe d’invasion.
RÉUNION VENDREDI DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU
S’exprimant devant des journalistes à la Maison blanche, Joe Biden a déclaré que « toute nation approuvant l’agression flagrante de la Russie contre l’Ukraine sera salie par association ». Le président américain a refusé de commenter directement la position de Pékin.
Il a annoncé de nouvelles sanctions américaines contre la Russie, dénonçant une « attaque préméditée » de Moscou qui doit en « supporter les conséquences ».
Alors que la Russie est l’un des principaux producteurs mondiaux d’énergie, le conflit et les sanctions prises en conséquence auront un lourd impact économique à travers le monde, dans un contexte déjà compliqué par la sortie de la crise sanitaire du coronavirus.
Volodimir Zelenski a déclaré vendredi que les affrontements ont fait 137 morts dans les rangs de l’armée et parmi les civils, ainsi que des centaines de blessés.
Les Etats-Unis et des pays de l’Otan ont envoyé des équipements militaires en Ukraine mais se gardent de déployer des troupes sur place par crainte de déclencher une guerre plus vaste.
L’Ukraine a besoin de « davantage d’armes pour poursuivre le combat », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères. « Le nombre de chars d’assaut, véhicules blindes, avions et hélicoptères que la Russie a envoyés en Ukraine est inimaginable », a ajouté Dimitro Kouleba.
Il est prévu que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunisse ce vendredi pour se prononcer sur un projet de résolution condamnant l’invasion de l’Ukraine et demandant le retrait immédiat des troupes russes. La Russie dispose toutefois d’un droit de veto, en tant que membre permanent du Conseil.
L’invasion russe a provoqué des manifestations à travers le monde, notamment en Russie, où les autorités ont arrêté des centaines de personnes qui étaient descendues jeudi dans la rue.
(Reportage Natalie Zinets à Kiev, Aleksandar Vasovic à Mariupol, Mark Trevelyan à Londres, Sabine Siebold et Michel Rose à Bruxelles, avec les bureaux de Reuters; rédigé par Jean Terzian)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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