Ukraine: Un éventuel sommet Biden-Poutine au coeur des débats
par Dmitry Antonov
MOSCOU (Reuters) – Il n’y a aucun projet concret de sommet sur la crise ukrainienne entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Joe Biden, a annoncé lundi le Kremlin, après l’annonce par la France d’un accord de principe sur une rencontre entre les deux dirigeants.
La voie diplomatique pourrait offrir une issue à la plus grande crise que l’Europe ait jamais connue depuis des décennies mais aussi bien Washington que Moscou ont tempéré les espoirs d’avancées alors que des images satellites suggèrent un rapprochement des forces russes de la frontière ukrainienne.
Les pays occidentaux redoutent que le renforcement militaire russe à la frontière soit le prélude à une intervention armée de Moscou, ce que rejette ce dernier, qui réclame des garanties de sécurité, dont la non-adhésion de Kiev à l’Otan.
Initiative qui alimente les craintes occidentales, la Russie et la Biélorussie ont décidé de prolonger leurs manoeuvres militaires conjointes, qui devaient s’achever dimanche, en raison du « regain d’activité militaire à leurs frontières extérieures ».
La Russie dispose de dizaines de milliers de militaires sur le territoire biélorusse. Et les Etats-Unis évaluent le nombre de soldats déployés aux frontières de l’Ukraine entre 169.000 et 190.000.
Après un entretien à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss a déclaré que les pays occidentaux se préparaient à un « scénario du pire ».
Mais l’Union européenne a rejeté l’appel de Kiev à imposer dans l’immédiat des sanctions.
INCERTITUDES SUR LE SOMMET BIDEN-POUTINE
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré qu’un appel téléphonique ou une réunion entre Vladimir Poutine et Joe Biden pouvait être organisé à tout moment, mais qu’il n’y avait pas encore de projet concret de sommet entre les deux hommes.
Washington a accepté le principe d’un sommet à la condition que la Russie n’envahisse pas l’ancienne république soviétique d’ici là.
« Nous sommes toujours ouverts à la diplomatie », a déclaré Jen Psaki, la porte-parole de la Maison blanche. « Nous sommes également prêts à imposer des sanctions rapides et sévères, si la Russie choisit plutôt la guerre », a-t-elle ajouté.
Selon plusieurs sources au fait du dossier, l’administration du président Biden a préparé un premier train de sanctions contre la Russie, qui prévoit notamment d’interdire aux institutions financières américaines d’effectuer des transactions pour les grandes banques russes.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kuleba, présent à Bruxelles pour rencontrer ses homologues européens, a exhorté le bloc communautaire à imposer dès à présent des sanctions contre Moscou pour montrer sa détermination à éviter une guerre.
Jusqu’à présent, l’Occident a repoussé les appels de Kiev, arguant que pour être dissuasives, les sanctions devaient intervenir seulement en cas d’invasion.
Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a affirmé que la voie diplomatique restait ouverte et qu’il convoquerait une réunion extraordinaire de l’UE pour convenir de sanctions « le moment venu ».
LA DIPLOMATIE MISE À RUDE ÉPREUVE
La France a indiqué que « les conditions [n’étaient] pas encore réunies » pour un sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden, proposé dimanche par le président Emmanuel Macron et dont le contenu sera préparé jeudi lors de la rencontre entre le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a indiqué sur son compte Twitter qu’il s’entretiendrait dans l’après-midi avec Sergueï Lavrov.
L’Ukraine s’est félicitée d’un éventuel sommet Poutine-Biden mais a prévenu qu’aucune solution à la crise à ses frontières ne pourrait être trouvée sans sa participation.
La société américaine d’imagerie par satellites Maxar a signalé dimanche plusieurs déploiements de troupes russes dans des forêts, des fermes et des zones industrielles situées à seulement 15 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine.
Dans une lettre adressée à Michelle Bachelet, à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, et consultée par Reuters, les États-Unis ont déclaré qu’une invasion russe « pourrait créer une catastrophe en matière de droits de l’homme ».
Vladimir Poutine s’inquiète depuis longtemps de l’ascension de responsables politiques pro-occidentaux qui défendent la démocratie et promettent de lutter contre la corruption en Ukraine.
Lorsque des manifestations de masse ont forcé l’ancien président pro-russe Viktor Ianoukovitch à fuir Kiev en 2014, la Russie a réagi en annexant la région ukrainienne de Crimée et a soutenir les rebelles qui ont pris le contrôle de certaines régions dans l’est du pays.
Washington craint que Moscou trouve un prétexte monté de toutes pièces pour justifier une intervention armée, ce à quoi la Russie répond que l’Occident fait preuve d' »hystérie ».
Les bombardements se sont intensifiés depuis jeudi sur la ligne de front entre les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes de l’est du pays.
Des affrontements ont encore été entendus ce lundi, notamment une explosion dans le centre de la ville de Donetsk, tenue par les séparatistes, sans que la cause ait pu être déterminée.
Les services de renseignement russes (FSB) ont annoncé qu’un poste-frontière dans la région de Rostov, dans l’ouest de la Russie, avait été totalement détruit par un obus tiré depuis le territoire ukrainien voisin, sans faire de blessé, rapporte l’agence de presse Interfax.
Des responsables militaires russes ont déclaré que cinq personnes avaient été tuées en tentant de franchir la frontière en provenance de l’Ukraine, ce que dément Kiev. Les médias russes ont fait état de 61.000 personnes évacuées de l’est de l’Ukraine vers le territoire russe.
Washington estime que les accusations selon lesquelles les autorités ukrainiennes auraient intentionnellement intensifié le conflit étaient absurdes à l’heure où la Russie a massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière.
(Reportage des bureaux de Reuters, rédigé par Kevin Liffey, version française Laetitia Volga, édité par Jean-Michel Bélot)
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