Russie: Alexeï Navalny maintenu en détention malgré la protestation internationale
par Anton Zverev et Andrew Osborn
MOSCOU (Reuters) – La justice russe a ordonné lundi le maintien en détention pour 30 jours de l’opposant Alexeï Navalny pour avoir enfreint les conditions d’une peine de prison avec sursis, ignorant les appels des pays occidentaux à sa libération immédiate.
La police russe l’a interpellé dimanche à son arrivée à Moscou après quasiment cinq mois de convalescence en Allemagne à la suite de son empoisonnement.
L’administration pénitentiaire de Moscou a demandé que la peine de trois ans et demi de prison avec sursis prononcée dans une affaire de détournement de fonds, qui, selon Alexeï Navalny, a été inventée de toutes pièces, soit convertie en une véritable incarcération.
Il fait également l’objet de trois autres procédures pénales.
Les Nations unies et les pays occidentaux ont demandé sa libération immédiate. Certains plaident même pour de nouvelles sanctions à l’encontre Moscou.
Dans une vidéo diffusée sur Twitter, Alexeï Navalny a appelé la population à descendre dans les rues. Selon un témoin, plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés devant le poste de police où il est incarcéré.
« N’ayez pas peur, descendez dans la rue. Ne sortez pas pour moi, sortez pour vous et pour votre avenir », a-t-il déclaré dans cette vidéo.
Il a qualifié l’audience de « plus haut degré de non-droit » et s’en est pris directement à Vladimir Poutine, l’accusant de fouler aux pieds le code pénal par peur.
Le Kremlin n’a pas réagi mais avait déclaré auparavant qu’Alexeï Navalny devait faire face à la justice comme tout autre citoyen s’il s’était rendu coupable d’actes répréhensibles.
« LE PATRON »
Les pays occidentaux, dont la France et la Grande-Bretagne, avaient demandé à la Russie de libérer immédiatement l’opposant âgé de 44 ans.
La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont appelé l’Union européenne à discuter de nouvelles sanctions contre la Russie, qui pourraient inclure la suspension du projet de gazoduc Nord Stream 2 de 11,6 milliards de dollars (9,61 milliards d’euros), destiné à accroître les exportations de gaz russe vers l’Allemagne.
L’Allemagne a toujours soutenu le projet, arguant qu’il s’agit d’une entreprise commerciale, et le porte-parole du gouvernement a fait savoir lundi que sa position n’avait pas changé.
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré que l’indignation manifestée par les pays occidentaux concernant la détention d’Alexeï Navalny avait pour but de détourner l’attention de leurs propres citoyens face à leurs difficultés et que Moscou ne craignait pas les atteintes potentielles à son image.
« Nous devrions probablement penser à notre image mais nous ne sommes pas des jeunes filles allant au bal », a-t-il dit aux journalistes.
Pour Mikhaïl Khodorkovski, qui a dénoncé l’arrestation d’Alexeï Navalny, Vladimir Poutine tente de montrer qu’il est toujours « le patron » en Russie.
« La seule chose qui protège Poutine c’est l’impression qu’il est le meilleur, ce qui a de nouveau été mis en doute », a déclaré à Reuters l’ancien oligarque tombé en disgrâce, qui vit en exil à Londres.
Selon lui, la situation d’Alexeï Navlany a peu de chance de s’arranger. « Il pourrait être condamné à dix ans (de prison) – c’est en résumé ce à quoi on peut s’attendre à ce stade. Beaucoup dépendra de la réaction de la société russe », a-t-il conclu.
(Avec Tom Balmforth, Gabrielle Tétrault-Farber, Alexander Marrow et Alexander Reshetnikov à Moscou, Paul Carrel à Berlin, version française Kate Entringer, Laetitia Volga et Camille Raynaud, édité par Jean-Philippe Lefief)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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