Mali: Le président et le Premier ministre libérés après leur démission
par Paul Lorgerie et Tiemoko Diallo
(Reuters) – Le président et le Premier ministre par intérim du Mali ont été libérés après avoir démissionné deux jours après leur arrestation par l’armée, a annoncé jeudi un conseiller du vice-président Assimi Goita.
Le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane avaient été conduits lundi sur une base militaire en dehors de la capitale, Bamako, une arrestation condamnée par plusieurs pays étrangers dont la France et les Etats-Unis, qui avaient brandi la menace de sanctions.
Les deux hommes ont remis leur démission mercredi.
Orchestrée par Assimi Goita, leur interpellation menaçait de remettre en cause la transition vers un retour à des élections libres négociée après le coup d’Etat militaire d’août dernier, qui avait renversé le président élu Ibrahim Boubacar Keïta.
Assimi Goita, un colonel de l’armée qui était déjà à la tête de ce coup d’Etat, a promis que les élections prévues l’an prochain auraient lieu.
« Ils ont démissionné, leur libération était prévue, nous n’avons rien contre eux », a dit son conseiller, Baba Cissé.
L’arrestation de Bah Ndaw et Moctar Ouane avait eu lieu juste après un remaniement du gouvernement lors duquel deux participants au coup d’Etat avaient été privés de leur portefeuille.
Leur démission a coïncidé avec la visite à Bamako d’une délégation de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a elle aussi évoqué la possibilité de sanctions visant les officiers à l’origine du putsch.
La Cédéao n’a fait aucun commentaire jeudi.
De son côté, le M5-RFP, une coalition de mouvements politiques et de la société civile qui avait orchestré des manifestations anti-gouvernementales avant le coup d’Etat l’an dernier, a déclaré qu’il s’opposerait aussi à la nomination d’Assimi Goita à la présidence.
« Les discussions d’hier (avec la Cédéao) ont été un échec parce qu’Assimi veut être président, ce qui est contraire au texte de la Charte de transition », a dit Nouhoum Togo, porte-parole du mouvement, à Reuters.
Le lieutenant-colonel Pardo, porte-parole de la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM), a déclaré que celle-ci suivait avec attention l’évolution de la situation politique.
(Version française Hayat Gazzane et Marc Angrand)
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