La France réclame la libération de Fariba Adelkhah, condamnée en Iran
DUBAI/PARIS (Reuters) – La France a fermement condamné samedi la peine de six ans de prison prononcée par l’Iran à l’encontre de Fariba Adelkhah et réclamé la libération immédiate de l’anthropologue franco-iranienne détenue depuis juin 2019 dans la République islamique.
Fariba Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison pour collusion en vue d’attenter à la sécurité nationale iranienne et à un an de prison pour propagande contre la République islamique, a déclaré son avocat iranien Said Deghan, ajoutant qu’il ferait appel.
Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a « condamné avec la plus grande fermeté » une peine qui « n’est fondée sur aucun élément sérieux ou fait établi et revêt donc un caractère politique ».
« Les autorités françaises restent entièrement mobilisées pour obtenir des autorités iraniennes un accès consulaire à notre compatriote. Nous exhortons les autorités iraniennes à libérer immédiatement Mme Adelkhah », a-t-il ajouté.
Anthropologue réputée, directrice de recherche au centre de recherches internationales de Sciences-Po à Paris, Fariba Adelkhah, qui est âgée de 60 ans, avait été arrêtée en juin 2019 avec un autre chercheur français, son compagnon Roland Marchal, qui a été libéré en mars dernier.
L’Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité de Fariba Adelkhah et a rejeté les nombreux appels de la France en faveur de sa libération, avait abandonné en janvier les charges initiales d’espionnage contre la chercheuse mais l’avait maintenue en détention pour atteinte à la sûreté nationale.
« ELLE ENTEND CONTINUER SON MÉTIER DE CHERCHEUSE EN IRAN »
Dans un communiqué, son comité de soutien en France dit avoir encore l’espoir d’une solution judiciaire.
« D’ici une quinzaine de jours, son avocat fera appel de cette décision, l’appel devant advenir entre trois et quatre mois plus tard. En Iran, les condamnations en appel ne peuvent être supérieures à celles décrétées en première instance; il faut donc espérer que la condamnation soit allégée, mais rien n’est moins sûr puisqu’il s’agit d’un procès kafkaïen », a-t-il expliqué.
« Par ailleurs, la diplomatie française reste active, même si nous ne sommes pas au courant des négociations en cours », a ajouté le comité de soutien.
« Le régime lui a laissé entendre qu’elle pourrait être libérée sous conditions si elle renonçait à ses recherches et peut-être même à sa nationalité iranienne en étant expulsée vers la France et privée de passeport, ce à quoi elle se refuse avec détermination car ce serait reconnaître sa culpabilité entre guillemets », a précisé le coordinateur de son comité de soutien en France, Jean-François Bayart.
« Elle entend bien continuer à faire son métier de chercheuse en Iran et c’est apparemment ce qui lui est reproché », a-t-il dit au micro de franceinfo.
Fariba Adelkhah a observé une grève de la faim l’hiver dernier pour protester contre les « accusations fabriquées » dont elle fait l’objet.
Elle est « extrêmement active, en pleine possession de ses moyens intellectuels et moraux », a ajouté Jean-François Bayart, « mais elle est affaiblie par sa longue grève de la faim qui naturellement fait d’elle une victime toute désignée du coronavirus si celui-ci rentre dans les murs de la prison » d’Evin à Téhéran, où elle est détenue.
Roland Marchal a quant à lui été relâché en échange de la libération par la France de l’ingénieur iranien Jalal Ruhollahnejad, dont les Etats-Unis réclamaient l’extradition pour infraction au régime de sanctions imposé par Washington à la République islamique.
Des dizaines de ressortissants iraniens possédant la double nationalité ont été arrêtés par les gardiens de la Révolution ces dernières années, la plupart pour des accusations d’espionnage.
(Parisa Hafezi à Dubaï, John Irish et Jean-Stéphane Brosse à Paris)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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