La France et ses partenaires annoncent leur retrait militaire du Mali
PARIS (Reuters) – La France et ses partenaires impliqués dans la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel ont décidé de retirer leurs forces militaires du Mali, jugeant désormais impossible de coopérer avec la junte malienne, ont-ils annoncé jeudi dans une déclaration commune.
Ces alliés déclarent toutefois vouloir « rester engagés dans la région » et sont convenus de « poursuivre leur action conjointe contre le terrorisme dans la région du Sahel, notamment au Niger et dans le Golfe de Guinée ».
Des consultations politiques et militaires ont été engagées pour définir d’ici juin prochain « les paramètres de cette action commune ».
« Le coeur de cette action ne sera plus au Mali mais sera au Niger, toujours dans la zone des trois frontières, et, de manière peut-être mieux équilibrée, réparti entre tous les pays de la région qui le souhaiteront », a par la suite déclaré Emmanuel Macron au cours d’une conférence de presse, précisant que la fermeture des bases françaises encore présentes au Mali prendrait « quatre à six mois ».
La zone des « trois frontières », où se rencontrent les territoires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, constitue l’épicentre des activités djihadistes.
Le président français a « récusé » le terme d’échec pour qualifier les neuf années d’intervention militaire de la France au Mali, lancée initialement pour repousser une alliance de rebelles touaregs et de groupes djihadistes progressant vers Bamako.
« CONDITIONS PLUS RÉUNIES »
« En raison des multiples obstructions des autorités de transition maliennes, le Canada et les Etats européens opérant aux côtés de l’opération Barkhane et au sein de la Task Force Takuba estiment que les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire actuel dans la lutte contre le terrorisme au Mali et ont donc décidé d’entamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs dédiés à ces opérations », est-il écrit dans la déclaration publiée avant l’ouverture d’un sommet entre l’Union européenne et l’Afrique, ce jeudi, à Bruxelles.
Même si Paris et ses partenaires se disent disposés à « poursuivre le dialogue avec les autorités de transition maliennes », l’annonce de ce retrait du Mali consacre la rupture entre la France et la junte au pouvoir à Bamako après des mois de dégradation des relations et de surenchère verbale consécutifs à deux coups d’Etat successifs menés par l’armée malienne, en 2020 et à l’été 2021.
« La victoire face au terrorisme, elle n’est pas possible si elle n’est pas portée par l’Etat lui-même. Et pourquoi nous décidons aujourd’hui de partir ? C’est parce que la junte qui est aujourd’hui en responsabilité au Mali n’en fait plus sa priorité », a insisté le président français Emmanuel Macron.
Les dirigeants de transition maliens, le Premier ministre Choguel Maïga en tête, ont multiplié ces derniers mois les critiques sur la mentalité « coloniale » de Paris et opéré un rapprochement avec la Russie en faisant appel, selon la France et ses alliés, à des mercenaires du groupe Wagner. Bamako assure qu’il s’agit de formateurs de l’armée russe.
L’ARMÉE FRANÇAISE A OBTENU « DE NOMBREUX SUCCÈS », DIT MACRON
Ils ont parallèlement expulsé l’ambassadeur de France et exigé le départ du contingent danois déployé dans le cadre de Takuba, une force européenne qui devait progressivement prendre le relais de l’opération française Barkhane en accompagnant l’armée malienne au combat face aux groupes liés à Al Qaïda ou à l’organisation Etat islamique.
La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union européenne ont pour leur part décrété des sanctions drastiques contre le Mali en raison de la décision de la junte de repousser jusqu’en 2025 les élections qui devaient se tenir fin février.
« Nous exhortons les autorités maliennes à achever la période de transition et à organiser des élections libres, équitables et crédibles », déclarent la France et ses partenaires jeudi, en réclamant un « retour du Mali à l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais ».
Neuf ans après le début de l’intervention française, l’insécurité persiste sur une partie du territoire malien, sur fond de conflits ethniques autant que religieux. La violence s’est même étendue à d’autres pays, à commencer par le Niger et le Burkina Faso, ou plus récemment le Bénin et la Côte d’Ivoire, alimentant la frustration et la colère des populations locales.
L’armée française a perdu une cinquantaine de soldats au combat au Mali.
« Je récuse complètement ce terme » d’échec, a répondu Emmanuel Macron en réponse à une question d’un journaliste sur le bilan de cette intervention, dont le président français assure qu’elle a permis d’éviter l’effondrement total de l’Etat malien ou l’instauration d’un « califat » dans le nord du Mali.
« Nos militaires ont obtenu de nombreux succès », a assuré le président français en rappelant la mort de plusieurs chefs djihadistes.
Mais « le rôle de la France n’est pas de se substituer aux Etats de la région », a-t-il dit.
(Reportage Elizabeth Pineau, John Irish, Tangi Salaün, rédigé par Jean Terzian, Myriam Rivet et Bertrand Boucey, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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