Jean Castex succède à Edouard Philippe à Matignon
par Michel Rose et Myriam Rivet
PARIS (Reuters) – Jean Castex, personnalité peu connue du grand public chargée récemment de la stratégie de déconfinement en France, a succédé vendredi à Edouard Philippe au poste de Premier ministre, disant vouloir être « à pied d’oeuvre » le plus vite possible pour s’atteler à sa tâche.
« Je ne suis pas ici pour chercher la lumière, je suis ici pour chercher des résultats », a-t-il dit lors d’une interview, sa première en tant que chef de gouvernement, accordée au 20-Heures de TF1.
Quelques heures après sa nomination par Emmanuel Macron, et à la suite de la passation de pouvoirs à Matignon, il a précisé qu’il espérait pouvoir annoncer la formation de son gouvernement avant lundi. « Nous ferons tout pour », a-t-il dit. « Nous y travaillons déjà, je souhaite prononcer mon discours de politique générale au milieu de la semaine prochaine. »
Son premier chantier, a-t-il dit, sera « le plan de relance du pays, la reconstruction en investissant dans des secteurs d’avenir », évoquant notamment l’écologie.
« L’écologie, a-t-il insisté, n’est pas une option, elle est entrée dans toutes les têtes, elle transcende la classe politique (…) Maintenant, comment amplifier ? C’est au coeur des priorités que le président de la République m’a chargé de mettre en oeuvre. »
Sur Twitter, il a précisé sa méthode: « Avant de donner les solutions, je souhaite que l’on en discute avec la Nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires. Nous les associerons le plus possible à la recherche de solutions pour un nouveau pacte social. »
Agé de 55 ans, cet énarque et diplômé de droit public, également élu local, aura la lourde tâche de conduire la France sur un « nouveau chemin » voulu par le président de la République après la crise sanitaire et le choc économique provoqués par le coronavirus, tout en étant lui-même une forme d’incarnation de « l’ancien monde » – cet ancien membre du parti LR qui a rendu sa carte « il y a quelques jours » fut ainsi secrétaire général adjoint de l’Elysée lors de la présidence de Nicolas Sarkozy et a travaillé dans des cabinets ministériels de gouvernements de droite.
Ce « fils d’une institutrice du département du Gers, issu de l’école républicaine » se présente comme un « gaulliste social » et comme un « homme politique local enraciné dans (son) territoire » croyant aux valeurs de la responsabilité, de la laïcité et de l’autorité « gardienne des libertés fondamentales ».
« Bref, mes valeurs, ce sont les valeurs de la République. »
« LES PRIORITÉS DEVRONT ÉVOLUER,
LES MÉTHODES DEVRONT ÊTRE ADAPTÉES »
Jean Castex a officiellement pris ses fonctions en fin d’après-midi lors de la traditionnelle cérémonie de passation de pouvoirs à l’hôtel de Matignon, où son prédécesseur et lui, qui ont travaillé étroitement à l’élaboration du plan de déconfinement de la France, ont rivalisé d’éloges mutuels.
« Notre pays a besoin d’un esprit ouvert et d’une main ferme, et je pense que vous avez cet esprit ouvert et cette main ferme », a dit Edouard Philippe, ajoutant n’avoir « aucun doute sur le fait que vous saurez (…) prendre les bonnes décisions ».
Aucun doute non plus dans l’esprit de Jean Castex, au moment de s’adresser à son prédécesseur, sur le fait que « les trois années que vous avez passées ici à Matignon à diriger l’action gouvernementale resteront (…) marquées dans l’histoire de notre pays ».
Evoquant « le courage, la clairvoyance, la hauteur de vue et l’élégance » de celui qui dirigeait le gouvernement depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, le nouveau Premier ministre a annoncé l’ouverture d’une « nouvelle étape du quinquennat ».
« Elle est très largement dictée par un contexte lui-même nouveau, un contexte pesant, un contexte difficile, la crise sanitaire, vous l’avez dit, n’est malheureusement pas terminée. La crise économique et sociale, elle, est déjà là », a-t-il poursuivi.
« Les priorités devront donc évoluer, les méthodes devront donc être adaptées et il nous faudra plus que jamais réunir la nation pour lutter contre cette crise qui s’installe et surtout dans la continuité des réformes de fond que vous avez entreprises pour faire en sorte que nous en sortions plus forts et plus solidaires. »
Dans un communiqué publié par la municipalité de Prades, petite ville des Pyrénées-Orientales dont il est maire depuis 2008, Jean Castex avait dit mesurer « l’immensité de la tâche qui (l’)attend ».
« Je mesure, cher Edouard, l’émotion qui est la vôtre dans la solennité de cet instant, comme chacun du reste imagine la mienne au moment où je prends ces lourdes fonctions », a-t-il dit en fin d’après-midi sur le perron de Matignon.
« HOMME DE DROITE MAIS GAULLISTE SOCIAL »
Les choses sont allées très vite vendredi matin, lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron d’un remaniement de l’exécutif pour les deux dernières années de son quinquennat.
L’Elysée a annoncé la démission d’Edouard Philippe avant de dévoiler, dans un communiqué diffusé à peine trois heures plus tard, le nom de son successeur: « Le président de la République a nommé M. Jean Castex Premier ministre, et l’a chargé de former un gouvernement. »
A deux ans de la présidentielle de 2022, le futur gouvernement devra « mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale dont le président a exposé les grandes orientations lors de son allocution du 14 juin et qui s’est précisée au cours du cycle de consultations approfondies conduit au cours des dernières semaines », a-t-on indiqué à l’Elysée.
« Jean Castex, c’est l’homme du déconfinement réussi. Il conjugue harmonieusement l’expérience de la haute fonction publique et des mandats d’élu local », dit-on encore dans l’entourage du président, où l’on admet qu’il a un profil d' »homme de droite mais un gaulliste social ».
Décrit par l’opposition comme le « président des riches » en début de quinquennat, Emmanuel Macron a été confronté ces deux dernières années à des demandes croissantes de justice sociale en France avec le mouvement de contestation des Gilets jaunes et à la montée des préoccupations écologiques, accentuées par la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.
Les rumeurs de remaniement se faisaient de plus en plus persistantes ces derniers mois, alors que la majorité présidentielle a été distancée par le Rassemblement national lors des élections européennes de mai 2019 et n’a conquis aucune grande ville lors des municipales de dimanche dernier, marquées par une poussée des écologistes.
APAISER LES RELATIONS AVEC LES COLLECTIVITÉS LOCALES
Jean Castex aura donc pour mission de mettre en musique l’inflexion promise par le chef de l’Etat.
Son profil d’élu local et rural – Prades compte 6.000 habitants – pourrait notamment l’aider à apaiser les relations entre le chef de l’Etat et les représentants des collectivités locales, tendues depuis le début du quinquennat et la réforme de la taxe d’habitation.
« Tout ne peut pas se décider depuis Paris, je crois aux territoires, je crois à la confiance et aux valeurs de responsabilité », a-t-il dit dans la soirée du TF1.
Edouard Philippe quitte pour sa part Matignon avec une popularité au niveau national qui s’est envolée pendant la crise sanitaire.
Il a remporté dimanche dernier la mairie du Havre (Seine-Maritime), ville qu’il a dirigée de 2010 à 2017 avant d’être nommé à Matignon et dont le conseil municipal doit désigner le nouveau maire ce samedi.
« Un maire du sud, du monde rural vient donc remplacer un maire du nord de la Loire, d’une grande ville industrielle, maritime. Ainsi est la France, dans sa diversité, que nous devons plus que jamais réunifier, réconcilier, chacune et chacun, en ce qui nous concerne, comme vous l’avez fait », a résumé son successeur sur le perron de Matignon.
(avec Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Stéphane Brosse, Jean-Michel Bélot et Henri-Pierre André)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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