Grande-Bretagne: La reine livre la vision post-pandémique de Johnson
par Elizabeth Piper et William James
LONDRES (Reuters) – Le Premier ministre britannique Boris Johnson a promis mardi de s’attaquer aux inégalités et de « niveler par le haut » le pays avec une série de lois post-pandémiques présentées comme le veut la tradition par la reine Elizabeth II au Parlement.
Lors d’une cérémonie très sobre en raison de la pandémie de COVID-19, la reine a lu les projets de loi que le gouvernement entend faire adopter l’année prochaine sur de nombreux sujets, de la création d’emplois à la santé en passant par la réduction de la bureaucratie post-Brexit.
Durant les 18 mois qui ont suivi la réélection avec une large majorité parlementaire des conservateurs, l’agenda politique de Boris Johnson a été éclipsé par la pandémie, qui a pris son gouvernement au dépourvu et a occupé la majeure partie de son temps.
Alors que la campagne vaccinale est plus avancée au Royaume-Uni que dans bien d’autres pays et que la propagation du virus semble être contenue, Boris Johnson entend relancer son programme de « nivellement par le haut » et restaurer son image, récemment écornée par des accusations de favoritisme.
« La priorité de mon gouvernement est d’assurer un redressement national à la suite de la pandémie qui rendra le Royaume-Uni plus fort, plus sain et plus prospère qu’avant », a déclaré la reine, âgée de 95 ans, dans un discours écrit par le gouvernement.
« Pour y parvenir, mon gouvernement va multiplier les opportunités dans toutes les régions du Royaume-Uni, en soutenant les emplois, les entreprises et la croissance économique et en abordant l’impact de la pandémie sur les services publics », a-t-elle ajouté.
En introduction à ce discours, Boris Johnson a déclaré: « la crise n’a en rien entamé l’ambition ou le goût du changement du gouvernement (…) Nous avons une occasion historique d’améliorer la situation. »
DE LA RHÉTORIQUE A LA RÉALITÉ
Après avoir mené à bien la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne à la fin de l’année 2020, Boris Johnson a vanté les avantages du Brexit. Mais il n’a jusqu’à présent pas été en mesure d’honorer la promesse faite lors de la campagne du référendum sur le Brexit en 2016 de verser au service de santé 350 millions de livres (407 millions d’euros) par semaine.
Son gouvernement s’efforcera plutôt de réduire ce qu’il qualifie de bureaucratie européenne excessive en rationalisant les règles relatives aux aides d’État et aux marchés publics, afin de pouvoir allouer des fonds aux entreprises en difficulté plus rapidement et plus directement.
Cette politique s’intègre dans la stratégie du gouvernement visant à « reconstruire en mieux », qui comprenait également des réformes de l’éducation pour aider les adultes à accéder à l’apprentissage tout au long de la vie, ce dernier point étant considéré comme essentiel par les ministres pour améliorer la main-d’œuvre britannique.
Concernant le changement climatique, le gouvernement a réitéré sa promesse d’atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici 2050. Un engagement qui, espère-t-il, incitera d’autres nations à réduire leurs objectifs d’émissions avant le sommet des Nations unies sur le climat qui se tiendra en novembre en Écosse.
Une grande partie du « discours de la reine » de mardi reprenait des thématiques déjà développées par le gouvernement, ce qui a conduit l’opposition travailliste à appeler le gouvernement à transformer sa « rhétorique en réalité ».
(William James, Elizabeth Piper, version française Hayat Gazzane, édité par Jean-Michel Bélot)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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