Fronde parlementaire contre la commission sur l’article 24, Castex répond
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – Les présidents de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, et du Sénat, Gérard Larcher, ont fait part vendredi de leur opposition à la création d’une commission chargée de réécrire un article controversé de la proposition de loi en cours d’élaboration sur la « sécurité globale », rappelant que cette tâche était du ressort du Parlement.
Dans un courrier envoyé par la suite à Richard Ferrand, Jean Castex précise que cette instance n’a pas vocation à se substituer au travail parlementaire.
« Il n’entrera pas dans le périmètre de cette commission le soin de proposer une réécriture d’une disposition législative, mission qui ne saurait relever que du Parlement », peut-on lire dans cette lettre du Premier ministre dont Reuters s’est procuré une copie.
Jean Castex avait annoncé jeudi soir la création de cette instance chargée de se pencher sur le très controversé article 24 de la proposition de loi dans le but affiché de « respecter l’objectif poursuivi tout en dissipant tout doute sur le respect de la liberté d’informer ».
Cet article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité « physique ou psychique ».
Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression. Un nouveau rassemblement contre la proposition de loi est annoncé samedi place de la République à Paris.
L’idée de confier l’article 24 à une commission indépendante, décidée en accord avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a créé des remous chez les députés, en particulier ceux de la majorité qui ont fait part de leur désaccord en interne dès jeudi soir, a-t-on appris de sources parlementaires.
D’où l’appel téléphonique du président de l’Assemblée au Premier ministre vendredi matin pour lui faire de « sa vive émotion, partagée par les députés, et lui dire son opposition à l’initiative consistant à confier à un organe extérieur au parlement le soin de réécrire un texte d’une proposition de loi issue de travaux parlementaires », a fait savoir l’entourage de Richard Ferrand.
D’où la lettre que lui a adressée par la suite Jean Castex.
DARMANIN S’EXPLIQUERA DEVANT LA COMMISSION DES LOIS
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a lui aussi fait part de sa désapprobation dans un communiqué où il demande à Jean Castex de « renoncer » à cette commission, dont la création va selon lui « à l’encontre du fonctionnement normal de nos institutions » et est « en totale contradiction avec les droits du Parlement ».
Même le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, s’est joint à la fronde via un message sur Twitter citant l’article 24 de la Constitution qui prévoit que « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ».
« Voilà. Simple, clair, net. Confiance pleine et entière à la démocratie représentative », ajoute le ministre, issu du MoDem de François Bayrou.
Cette fronde émanant en partie de la majorité dont il est le chef est d’une ampleur inédite contre Jean Castex, arrivé à Matignon il y a moins de cinq mois.
Soucieux de « préciser les intentions du gouvernement » dans son courrier à Richard Ferrand, le Premier ministre explique vendredi que les propositions de la commission n’ont « pas vocation à être seulement juridiques et devront aussi plus largement porter sur des enjeux de procédure ou de formation, ainsi que sur les conditions de travail et d’intervention de la presse et des forces de l’ordre.
Gérald Darmanin sera pour sa part entendu lundi soir par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, et rencontrera mardi après-midi – à leur demande – les députés La République en marche, dans un contexte d’inquiétude sur le thème des violences policières après plusieurs incidents récents qui ont choqué l’opinion.
(édité par Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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