France/Auto: La bascule des métiers vers l’électrique se confirme
par Gilles Guillaume
PARIS (Reuters) – Le dernier Observatoire des métiers du groupe PSA, qui s’est réuni vendredi matin, a confirmé la bascule des emplois automobiles futurs vers l’électrique, le digital et l’automatisation.
Selon un document publié à l’occasion de ce rendez-vous annuel entre la direction et les syndicats, que Reuters a pu consulter, 550 emplois sont désormais dits « sensibles », c’est-à-dire en perte de vitesse et nécessitant une reconversion vers une fonction « à l’équilibre » – où la demande égale l’offre – ou « en tension » (demande plus forte que l’offre) – ou impliquant à terme un départ non remplacé.
« Avec la crise Covid, tous les métiers ont pris un coup, mais au global, la tendance structurelle est relativement stable », commente un responsable syndical présent à la réunion.
Les 550 postes dits sensibles représentent en effet un taux de 14% de l’effectif du constructeur en France, très proche du précédent observatoire d’octobre 2019 mais bien supérieur à celui octobre 2018 (6%), signe de l’accélération de la mutation de l’industrie.
PSA observe une demande croissante pour les métiers liés au digital, à l’automatisation, au sourcing lointain, aux flux de transport internationaux, aux logiciels, aux aides à la conduite et à la chaîne de traction électrique. Cette dernière devrait offrir des perspectives de reconversion aux salariés spécialisés dans le diesel, où PSA estime que « les compétences seront nettement moins utiles après 2025. »
Le gouvernement veut croire que l’essor des véhicules électrifiés, et le coup de semonce de la crise du coronavirus, qui a souligné le danger d’une trop grande dépendance vis-à-vis de pays low cost lointains, compenseront les emplois perdus à cause des délocalisations engagées depuis longtemps chez PSA, Renault ou les grands équipementiers.
LES ÉCARTS DE COÛTS EN FRANCE PLUS RÉDUITS SUR L’ÉLECTRIQUE
Dans l’entourage de Bruno Le Maire, on en veut pour preuve l’arrivée d’une nouvelle plate-forme électrique de PSA à Sochaux, l’accélération de l' »Airbus des batteries » et les promesses du nouveau directeur général de Renault sur le « made in France ».
Dans un mémo interne révélé par Reuters, Luca de Meo assure vouloir se concentrer sur la petite plate-forme CMF-B-EV « en développant une gamme de véhicules électriques emblématiques, rentables, à un prix d’entrée de moins de 20.000 euros, produits en France. »
« C’est le message que j’ai vraiment essayé de faire passer à tous. Faisons en sorte que nos constructeurs conservent en France leur assemblage de véhicules 100% électriques, et les plateformes qui leur seront dédiées », a dit dans une interview à Reuters Hervé Guyot, auteur d’un rapport sur la compétitivité transmis au printemps au gouvernement.
« Il y a une chance que ça se fasse ici parce que les écarts de coûts devraient être moins importants par rapport à un véhicule thermique. La localisation n’ira de pair qu’à partir du moment où on aura beaucoup d’automatisation, de digitalisation et une part du coût du travail plus faible », ajoute l’ancien directeur de la stratégie de l’équipementier Faurecia, désormais senior advisor au sein du cabinet Oliver Wyman.
Plus simple et plus rapide à produire qu’un véhicule essence ou diesel, une voiture électrique se prête à un assemblage plus automatisé où l’Hexagone garde toutes ses chances dès lors que le coût du travail ne pèse pas plus de 10-15%. La France serait alors en mesure de conserver aussi sur son sol l’ensemble de la chaîne de traction électrique – moteur, électronique de puissance et batterie – soit l’essentiel de la valeur du produit.
Si l’on compare les coûts de production français aux pays low cost d’Europe de l’Est, d’Asie ou du Maghreb, les coûts salariaux (salaires, charges sociales et temps de travail) représentent 70% de l’écart, les amortissements (d’usines plus anciennes) 24% et les impôts de production 6%.
(Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)
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