Wall Street vue dans le désordre avant l’inflation, ASML porte l’Europe
par Claude Chendjou
PARIS, 14 octobre (Reuters) – Deux des trois grands indices de Wall Street sont attendus en légère hausse mercredi à l’ouverture avant les chiffres de l’inflation américaine et les Bourses européennes sont également dans le vert à la mi-séance, portées notamment par les résultats d’ASML.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,33% pour le Dow Jones et de 0,18% pour le Standard & Poor’s 500, tandis que le Nasdaq devrait refluer de 0,12% au lendemain d’une séance en repli marquée par une déception dans les compartiments technologique et bancaire.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,66% à 7.879,32 points vers 11h40 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,64% et à Londres, le FTSE prend 0,32%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,50% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,51%. Le Stoxx 600 monte de 0,49%, tous ses grands compartiments étant dans le vert, à l’exception de la finance.
La faiblesse des gains sur les marchés actions témoigne d’un certain attentisme alors que le département américain du Travail doit publier à 12h30 GMT l’indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois de septembre. Le consensus Reuters prévoit une accélération de l’inflation à 0,6% et 3,6% respectivement en rythme mensuel et annuel.
Cet indice pourrait fournir aux investisseurs de nouveaux signes sur les perspectives de la Réserve fédérale américaine (Fed) en matière de taux directeurs.
Des déclarations du président de la Fed de Richmond, Tom Barkin, ainsi que la publication à 18h00 GMT du Livre beige de la Fed, qui sert de base de travail à son comité de politique monétaire, sont également attendus par les marchés.
Côté résultats d’entreprises, après Goldman Sachs <GS.N, JPMorgan Chase, Wells Fargo et Citigroup, la saison des publications se poursuit aux Etats-Unis avec d’autres grandes institutions financières, dont Bank of America, Morgan Stanley, BlackRock <BLK.N et State Street.
En Europe, la tendance positive est tirée par les valeurs technologiques grâce aux résultats et prévisions d’ASML, premier fournisseur mondial d’équipements de fabrication de puces, qui ont dynamisé le secteur.
« Certains craignaient que le marché de l’IA ne s’essouffle, mais ASML a contribué à étayer l’argument optimiste selon lequel les valeurs technologiques restent performantes, la demande de puces demeure forte et les dépenses d’infrastructure devraient se poursuivre jusqu’en 2027 », commente Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Bank Of America recule de 1,5% en avant-Bourse après avoir annoncé son intention de comptabiliser une charge de 1,2 milliard de dollars dans le cadre d’une enquête pour des manquements en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
VALEURS EN EUROPE
ASML prend 1,34% après avoir indiqué que la demande, stimulée par l’IA, pour ses outils d’impression de puces était si forte qu’elle ne serait pas en mesure de satisfaire pleinement ses clients en 2027 et 2028. Le groupe néerlandais a en outre relevé ses prévisions de ventes pour cette année et envisage d’accroître ses capacités de production.
Le secteur technologique sur le Stoxx 600, qui avait chuté mardi, rebondit mercredi de 0,73% avec notamment STMicroelectronics (+0,82%) et Infineon (+1,43%).
Dans le luxe (+1,26%), également chahuté la veille par les résultats de LVMH, on relève un léger sursaut, même si des doutes persistent quant à la reprise du secteur après trois années de récession.
Ailleurs, Orsted recule de 2,97% en réaction à une information de l’agence Bloomberg selon laquelle les États-Unis ont décidé de réexaminer le permis accordé au groupe pour son parc éolien près de Rhode Island.
La banque suédoise SEB plonge de 6,37% après que l’autorité de régulation bancaire du pays a temporairement relevé les exigences de fonds propres de l’établissement en raison de failles dans ses modèles de risque internes.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro sont globalement stables mercredi après une période de forte volatilité, les investisseurs se montrant prudents dans l’attente des chiffres de l’inflation américaine.
Le taux du Bund allemand à dix ans s’affiche inchangé, à 3,46%, tandis que le rendement à deux ans, plus sensible aux anticipations de taux d’intérêt, baisse d’environ 1,5 point de base, à 3,10%.
Le rendement de l’OAT française à dix ans s’établit à 4,83%, formant un écart avec le Bund de même échéance autour de 137 points de base.
Minimisant les spéculations concernant une possible intervention de la Banque centrale européenne (BCE), la présidente de l’institution de Francfort, Christine Lagarde, a déclaré mercredi que la France devrait résoudre ses problèmes d’endettement par un assainissement budgétaire. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans perd environ deux points de base, à 5,19%, et celui à deux ans cède 1,6 point, à 4,77%.
CHANGES
Le dollar grappille 0,06% face à un panier de devises internationales dans l’attente des données sur l’inflation américaine et les commentaires des responsables de la Fed.
L’euro recule de 0,05%, à 1,1192 dollar, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3260 dollar (+0,05%).
PÉTROLE
Le marché pétrolier monte mercredi après une attaque contre le siège de la compagnie pétrolière nationale saoudienne, tandis que des responsables iraniens ont déclaré à Reuters vouloir recourir à une nouvelle stratégie contre les navires transitant par le détroit d’Ormuz.
Le Brent prend 0,56% à 106,29 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,83% à 95,86 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 14 OCTOBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à la consommation (CPI) septembre +0,6% +0,4%
– sur un an +3,6% +3,4%
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution d’Avinash P, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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