Une altercation désamorcée de justesse
Genève, 29 novembre, seconde journée du dernier Consistoire de l’année pour l’Église protestante de Genève (EPG). Après avoir voté la veille à la quasi-unanimité l’ouverture à la bénédiction pour les couples de même sexe, le Consistoire (assemblée délibérante) est sous tension. L’heure est à présent au vote quant à la nouvelle stratégie de direction proposée par le Conseil du Consistoire (exécutif). Pour rappel, ce projet établissant une direction élargie modifierait les rapports entre l’exécutif et l’organe délibérant, avait immédiatement suscité de vifs remous, lors de sa présentation en juin. Et le vote, initialement prévu pour la session de septembre, avait également été soumis à report par l’assemblée.
«Passons à présent au point que tout le monde attend», commente sans détour Joëlle Walther, présidente de l’assemblée du Consistoire, après le repas. Et de lire, en préambule à la discussion, les différents amendements apportés à la proposition de l’exécutif. En effet, de nombreux délégués s’étaient en amont regroupés pour réfléchir à d’autres modèles de gouvernance à proposer à l’assemblée, dans le but très clair de barrer la route au projet du Conseil du Consistoire (CC).
Une volonté d’apaisement
Prenant immédiatement la parole après la présentation de ces nouveaux amendements, le vice-président de l’exécutif, Charles de Carlini, a cependant pris de cours toute l’assemblée des délégués en annonçant que le Conseil avait décidé d’annuler le vote. «Nous avons constaté que ce modèle de gouvernance engendrait inquiétudes et incompréhension, voire beaucoup de souffrance. Or l’unité de notre Église reste notre priorité», a-t-il souligné. Et de poursuivre: «Le Conseil du Consistoire a donc mûrement réfléchi et nous vous proposons de renvoyer ce dossier en commission.»
Dans sa prise de parole, Charles de Carlini a également devancé les questions que ce revirement allait soulever, notamment sur l’urgence à voter un nouveau modèle de gouvernance qui n’en était soudain plus une. «Agir avec rapidité nous semblait nécessaire en raison de la vacance du poste de responsable RH. Or entre-temps, celui-ci a été mis au concours.» Quant aux autres modèles de gouvernance «qui circulent, ils ont certainement aussi leurs atouts et leurs faiblesses, mais le CC n’a pas eu le temps de les évaluer avec autant de sérieux que nécessaire».
Pas du jeu!
Si une grande majorité des délégués ont salué cette démarche empreinte de sagesse de la part du CC, d’aucuns n’ont pas manqué d’exprimer un certain ras-le-bol. «On est en pleine improvisation!» lâche Betty Riedweg, de la paroisse Berney-Confignon. «Sur le fond, je suis soulagée, même si je reste avec le sentiment de règles du jeu qui ne sont pas les mêmes…
On a travaillé d’arrache-pied pour présenter un contre-projet et pour tenir le calendrier. Alors, pour le dire avec des mots d’enfant comme je suis enseignante: « Ce n’est pas du jeu! ».»
«Dans ma paroisse de Troinex-Veyrier, les gens n’en peuvent plus!» exprime à son tour Isabelle Jeanneret. «On a complètement usé les forces de nos conseillers avec tous ces règlements, amendements, à lire puis relire. On vient de passer trois Consistoire à parler de cette stratégie de gouvernance, je n’ai pas du tout envie d’en faire encore trois autres si le sujet part en commission.»
En finir rapidement?
C’est dans cette optique précise, soit de ne pas renvoyer la question de la gouvernance aux oubliettes, que les consistoriaux, après avoir accepté la proposition du CC, ont alors exigé que les membres de ladite commission soient élus le soir-même. Selon le règlement de l’EPG, il revient cependant au CC de proposer les membres de toute commission. Or, dans un réel souci d’apaisement, l’exécutif a choisi de définir comme suit sa composition, à savoir que la commission serait formée d’un représentant de chaque amendement, ainsi que d’un membre du CC et un représentant du Consistoire (qui ne serait par ailleurs signataire de l’un des contre-projets ) – histoire de respecter un équilibre entre les différents points de vue.
Après moult suspensions d’audiences et autant de votes, ont été désignés pour siéger dans cette commission: Daniel Pilly, Werner Schlegel, Charles de Carlini et André Assimacopoulos.
La Compagnie des pasteurs doit quant à elle encore voter, en son sein, un représentant.
Autre signe d’une méfiance persistante à l’égard du CC, le fait que les délégués aient voté pour que la commission rende son rapport à la prochaine session. «Un délai impossible à respecter», selon Laurent Extermann de la paroisse Rive-Droite. Affaire à suivre, donc.
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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