RDC: Les personnels de santé se mobilisent pour faire face à l’épidémie d’Ebola
par Erikas Mwisi
BUNIA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, 18 mai (Reuters) – Des professionnels du secteur la santé s’activaient lundi sur les lieux d’une nouvelle épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dont la détection tardive et la propagation rapide alarment les experts.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré dimanche que cette épidémie constituait « une urgence de santé publique de portée internationale » en raison du risque élevé que la maladie se propage au-delà des frontières de la RDC après la confirmation de deux cas à Kampala, capitale de l’Ouganda voisin.
L’épidémie aurait fait 105 morts tandis que 393 cas suspects ont été recensés dans la province d’Ituri, dont huit cas confirmés par des analyses en laboratoire, ont annoncé lundi les autorités sanitaires de la RDC.
Un autre cas a été confirmé à Goma, capitale de la province voisine du Nord-Kivu, selon les rebelles du M23 qui contrôlent la ville.
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des Etats-Unis (CDC) ont en outre annoncé lundi qu’un Américain avait été testé positif au virus Ebola dans le cadre de sa mission en RDC.
Le patient va être transféré en Allemagne afin de recevoir un traitement, a indiqué aux journalistes le responsable de la gestion de crise Ebola au sein des CDC.
Une délégation emmenée par le ministre de la Santé de la RDC, Samuel Roger Kamba, est arrivée dimanche à Bunia, capitale de l’Ituri, avec des tentes devant servir à mettre en place de centres de traitement afin de soulager les hôpitaux locaux, déjà débordés.
« Ce n’est pas une maladie mystique », a-t-il déclaré à Reuters. « Faites-vous connaître afin que l’on puisse vous soigner et empêcher la propagation de la maladie. »
La représentante de l’OMS en RDC, Anne Ancia, a déclaré que l’agence onusienne avait épuisé ses stocks d’équipements de protection dans la capitale, Kinshasa, et qu’elle préparait actuellement un avion-cargo pour en acheminer des fournitures supplémentaires depuis un dépôt situé au Kenya.
UN VARIANT SANS TRAITEMENT SPÉCIFIQUE NI VACCIN
Les organisations humanitaires International Rescue Committee (IRC) et Médecins Sans Frontières ont pour leur part indiqué lundi avoir déployé des équipes.
L’épidémie actuelle est provoquée par le variant Bundibugyo pour lequel, contrairement à la souche plus courante d’Ebola du Zaïre, les professionnels de santé ne disposent pas de traitement spécifique ni de vaccin.
Une épidémie d’Ebola survenue entre 2018 et 2020 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri a été la deuxième plus meurtrière jamais enregistrée, faisant près de 2.300 morts.
La réponse à celle-ci a été compliquée par les affrontements armés dans l’est du Congo et la méfiance des populations locales à l’égard des premiers intervenants.
Ces dernières semaines, des affrontements entre groupes armés rivaux en Ituri ont tué des dizaines de civils, aggravant une situation humanitaire déjà désastreuse.
Jean Pierre Badombo, ancien maire de Mongbwalu, une ville minière de l’Ituri située à l’épicentre de l’épidémie, a déclaré que les gens avaient commencé à tomber malades mi-avril après l’arrivée d’un grand cortège funèbre à cercueil ouvert en provenance de Bunia.
« Après cela, nous avons connu une cascade de décès », a-t-il déclaré.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré vendredi que l’agence avait été informée pour la première fois de cas suspects le 5 mai et avait dépêché une équipe en Ituri, mais que les échantillons prélevés sur le terrain s’étaient initialement révélés négatifs.
Des tests effectués par la suite à Kinshasa ont confirmé des cas positifs le 14 mai et l’OMS a déclaré l’épidémie le lendemain.
LA BAISSE DES FINANCEMENTS AGGRAVE LA SITUATION
Lievin Bangali, coordinateur principal de la santé de l’IRC en RDC, a pour sa part indiqué que la baisse des financements provenant des bailleurs de fonds internationaux avait fragilisé la détection des maladies.
« Lorsque les réseaux de surveillance s’effondrent, des maladies dangereuses comme Ebola peuvent se propager plus loin et plus vite avant que les communautés et les professionnels de santé puissent réagir », a-t-il déclaré.
La RDC a connu 17 épidémies d’Ebola depuis que le virus a été identifié pour la première fois dans le pays, en 1976. La maladie se propage par contact direct avec les fluides corporels de personnes infectées ou avec des matériaux contaminés.
Selon l’OMS, le taux de mortalité moyen lié à Ebola est d’environ 50% et a varié entre 25% et 90% lors des précédentes épidémies.
L’Ouganda a annoncé dimanche le report des célébrations du Jour des martyrs prévues le 3 juin, une fête nationale qui attire habituellement des milliers de chrétien venus de l’est de la RDC, en raison de l’épidémie.
Kithula Haggai Sunday, médecin au ministère ougandais de la Santé, a déclaré lors d’un point presse en ligne que plusieurs personnes originaires de l’ouest de l’Ouganda, qui s’étaient récemment rendues à des funérailles dans l’est du Congo avant de rentrer chez elles, étaient placées en observation.
Certaines ont développé des symptômes et ont été transférées vers la ville de Fort Portal, a-t-il ajouté.
(Avec Aaron Ross, version française Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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