Nicaragua : Mgr Mata cible d’un régime en guerre contre l’Église
L’arrestation et la disparition temporaire de Monseigneur Juan Abelardo Mata, évêque émérite de 80 ans, mettent en lumière une vérité brutale : au Nicaragua, même les pasteurs les plus âgés et malades n’échappent plus aux griffes de la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo.
Une disparition programmée
L’alerte a été donnée fin juin dernier. Alors qu’il se rendait dans une clinique pour un examen médical de routine lié à son pacemaker, Monseigneur Juan Abelardo Mata Guevara, figure historique et respectée de l’Église nicaraguayenne, a été intercepté par la police nationale. La veille, le prélat de 80 ans avait commis ce que le régime considère désormais comme un crime de lèse-majesté : appeler publiquement les fidèles à prier pour « l’Église persécutée ».
Si les autorités ont fini par diffuser une vidéo à la mi-août pour prouver qu’il était en vie, l’évêque émérite d’Estelí reste privé de liberté, assigné à résidence et coupé du monde. Atteint de diabète et de graves problèmes cardiaques, son sort incarne le calvaire quotidien de la communauté chrétienne dans ce pays d’Amérique centrale.
Une guerre ouverte contre la foi
L’affaire Mgr Mata n’est pas un cas isolé, mais le dernier rouage d’une stratégie systématique d’asphyxie de l’Église catholique, débutée après les manifestations citoyennes de 2018. À l’époque, les prêtres avaient ouvert les portes des églises pour protéger les étudiants des balles de la police, s’érigeant en médiateurs de la crise. Depuis, le pouvoir sandiniste a qualifié les évêques de « terroristes » et de « putschistes en soutane ». Cette répression, documentée par l’ONU et les organisations des droits de l’homme, s’articule autour de plusieurs axes destructeurs, à commencer par l’exil forcé et les expulsions qui ont déjà frappé plus de 250 prêtres, religieux et religieuses, parmi lesquels figurent le nonce apostolique et les Missionnaires de la Charité.
Le régime recourt également aux emprisonnements politiques, le cas le plus emblématique restant celui de Mgr Rolando Álvarez, condamné à 26 ans de prison avant d’être finalement banni vers Rome en janvier 2024 avec une quinzaine d’autres ecclésiastiques. Pour paralyser l’action de l’Église, le gouvernement orchestre la confiscation massive des biens, saisissant les universités catholiques, les stations de radio religieuses ainsi que les fonds des diocèses, tout en gelant les comptes bancaires. Enfin, cette persécution s’attaque directement à la liberté de culte par l’interdiction des processions de la Semaine Sainte et des célébrations de rue, sommant la foi de se cacher derrière les murs clos des sanctuaires, sous l’œil vigilant de policiers en uniforme ou d’informateurs en civil.
Mgr Mata : Une voix prophétique réduite au silence
En ciblant Mgr Mata, le régime s’en prend à un symbole fort. Bien avant la crise de 2018, cet évêque avait été l’un des premiers à dénoncer les dérives autoritaires de Daniel Ortega, les violations des droits de l’homme dans les campagnes et l’assassinat d’opposants paysans. Sa voix, fermement ancrée dans la doctrine sociale de l’Église, a toujours été un rempart pour les opprimés. Aujourd’hui, en le maintenant sous contrôle strict malgré son grand âge, la dictature envoie un message clair à la résistance spirituelle du pays : personne n’est intouchable.
La résilience de la foi face à la peur
Malgré les condamnations de la communauté internationale et du Vatican, qui a qualifié le régime de « dictature grossière », la persécution ne faiblit pas. Au Nicaragua, les chaires des églises se vident et l’autocensure s’installe par peur des représailles contre les familles. Pourtant, dans la clandestinité des foyers et le murmure des prières, la foi des Nicaraguayens reste vibrante. L’histoire de Mgr Mata rappelle aux chrétiens du monde entier que le prix de la vérité et de la fidélité à l’Évangile se paie parfois, encore aujourd’hui, au prix de la liberté.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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