Michelin ferme deux usines en France, le site de Cholet en grève
PARIS (Reuters) – Michelin a annoncé mardi son intention de fermer d’ici début 2026 ses sites de Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan), qui emploient 1.254 salariés, en raison de la concurrence des pneus asiatiques à bas coût et de la hausse des prix de l’énergie en Europe.
Cette annonce, qui illustre la conjonction de difficultés auxquelles le secteur automobile européen est actuellement confronté – baisse du marché, transition énergétique et concurrence chinoise – a provoqué une levée de boucliers des syndicats de Michelin sur le site de Cholet.
Réunis en intersyndicale, ils ont appelé les salariés à la grève à compter de ce mardi, a-t-on appris de source syndicale. La production de l’usine étant arrêtée temporairement le temps des annonces, le mouvement de protestation sera surtout visible à compter de la semaine prochaine, a ajouté la source.
Sur BFM TV, Romain Baciak, délégué central CGT, a déclaré pour sa part que son syndicat appellerait « sur tous les sites français à ce que les salariés Michelin fassent grève pour montrer leur mécontentement et leur soutien aux salariés de ces deux sites. »
« La CFDT demande à la direction de revoir son projet en négociant avec ses représentants du personnel (et) interpelle aussi le ministre de l’Industrie pour exiger de Michelin de revoir sa position sur la fermeture de ces deux sites », a réagi de son côté la CFDT dans un tract.
Marc Ferracci a dit mardi regretter la décision de Michelin de fermer les deux usines mais a seulement appelé à un plan d’accompagnement « exemplaire » des salariés et des territoires.
UN PROBLEME DE VITESSE D’AJUSTEMENT
Le groupe clermontois a annoncé que la majeure partie des salariés touchés quitteraient le groupe et se verraient proposer un accompagnement « en mobilité professionnelle externe », tandis que les autres bénéficieront soit de mesures de pré-retraite, soit d’un accompagnement pour être reclassé au sein de l’entreprise.
Pour financer ce plan, Michelin enregistrera une provision d’environ 330 millions d’euros en charges non récurrentes dans ses comptes consolidés au 31 décembre 2024, a-t-il ajouté.
« Ces dernières années, les marchés européens des pneus tourisme-camionnette et poids lourd se sont profondément transformés pour s’orienter fortement vers les pneus à bas prix issus principalement d’Asie », a expliqué Michelin dans un communiqué.
« L’engagement remarquable des équipes et les efforts du groupe n’ont pas suffi à préserver la viabilité de ces deux sites, lourdement impactés par (…) la dégradation de la compétitivité de l’Europe, notamment du fait de l’inflation et de la hausse des prix de l’énergie », a-t-il ajouté.
Dans une interview aux Echos, le directeur général de Michelin Florent Menegaux pointe également du doigt la lenteur réglementaire de l’Europe pour s’adapter à la compétition, notamment celle des pneus de mauvaise qualité qui s’usent trop vite.
« Nous avons réclamé pendant des années un texte sur l’abrasion (…) Il nous a fallu six à sept années pour convaincre, et ce règlement ne sera applicable que fin 2027 », a-t-il expliqué. « Il y a un problème de vitesse d’ajustement. Quand les Etats-Unis mettent en place l’IRA, ils le font en quelques semaines. »
Michelin, qui a déjà annoncé un an plus tôt la fermeture de deux sites allemands de pneus poids lourds, a abaissé le mois dernier sa prévision de résultat annuel pour tenir compte d’un ralentissement plus marqué que prévu du marché automobile au troisième trimestre.
(Rédigé par Elena Smirnova, avec Gilles Guillaume, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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