L’Europe vue dans le désordre, la géopolitique et la « tech » pèsent
par Diana Mandia
13 octobre (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en ordre dispersé mardi à l’ouverture, dans un climat de prudence lié aux tensions accrues au Moyen-Orient et aux doutes sur l’intelligence artificielle (IA), tandis que les investisseurs attendent la publication des résultats des grandes banques américaines plus tard dans la journée.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,18% pour le CAC 40 parisien, mais une hausse de 0,11% pour le Dax à Francfort et de 0,42% pour le FTSE de la Bourse de Londres.
Le Stoxx 600 est quant à lui vu sur un gain de 0,09%.
Les frappes meurtrières qui ont visé l’aéroport international de Ryad, capitale de l’Arabie saoudite, le week-end dernier, ont mis en évidence l’instabilité d’une région clé pour l’approvisionnement en pétrole, ce qui a propulsé lundi le Brent à son plus haut niveau depuis environ deux semaines, à plus de 106 dollars le baril.
Même si les cours reculent légèrement mardi dans la matinée, la récente escalade des Houthis yéménites, alliés de Téhéran, contre le royaume, partenaire de Washington, ne contribue pas à rassurer un marché extrêmement sensible, avec le risque que la dette souveraine soit à nouveau sous pression après un léger répit ces derniers jours.
« Les marchés redécouvrent que la géopolitique prend toute son importance lorsqu’elle se répercute sur l’inflation », souligne Charu Chanana, stratège en chez Saxo à Singapour.
La trêve énergétique entre la Russie et l’Ukraine annoncée dimanche par Donald Trump semble, pour le moins, fragile, le président Volodimir Zelensky ayant déjà accusé Moscou de l’avoir violée en menant des attaques contre six cibles énergétiques dans le pays.
La publication, mercredi, des chiffres de l’inflation américaine donnera un aperçu actualisé de l’évolution des prix à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale (Fed) en fin de mois et des élections de mi-mandat aux États-Unis, mais avant cela, ce mardi même, les investisseurs prendront connaissance des résultats trimestriels de plusieurs grandes banques américaines, un autre bon indicateur du climat économique après des mois de turbulences géopolitiques.
Les opérateurs chercheront avant tout à déceler les signes de l’impact de la récente flambée des rendements obligataires sur les opérations de fusion-acquisition et la croissance des prêts.
Les investisseurs suivent également de près le secteur de l’intelligence artificielle (IA), préoccupés non seulement par les dépenses colossales qu’il engendre, mais aussi par la présence croissante de concurrents chinois tels que CXMT, ce qui pèse mardi sur les marchés asiatiques après avoir affecté Wall Street la veille.
De manière plus générale, les opérateurs analysent les dernières prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI), qui estime que l’économie mondiale parviendra en 2026 à enregistrer une croissance supérieure à 3% grâce aux investissements dans l’IA, qui compensent le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Il a toutefois évoqué les risques liés à une vague de ventes dans la technologie, à la hausse des rendements de la dette souveraine ou à des cyberattaques.
L’institution financière a revu à la hausse sa prévision de croissance pour la zone euro cette année, mais abaissé celles concernant la France, dont la croissance ne devrait atteindre que 0,4%, en ligne avec les perspectives de la Banque de France (BdF).
LES VALEURS À SUIVRE : [L8N45Y1DZ]
La saison des résultats bat également ses débuts en Europe.
Le géant du luxe LVMH a fait état lundi d’une croissance organique de ses ventes inférieure aux attentes des analystes au troisième trimestre, la demande pour ses marques de mode et de maroquinerie s’étant détériorée en raison de la faiblesse du marché en Chine.
Eramet a pour sa part confirmé lundi son intention de lancer une augmentation de capital avec Droits Préférentiels de Souscription (DPS) de 500 millions d’euros au quatrième trimestre de 2026 qui va faire de l’État français le principal actionnaire du groupe.
À WALL STREET
La Bourse de New York a fini en ordre dispersé lundi, les investisseurs se montrant prudents face à la hausse des cours pétroliers.
L’indice Dow Jones a gagné 0,38%, le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 0,06%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 0,44%.
Aux valeurs, Microsoft a gagné 1,1% après avoir dévoilé lundi sa nouvelle puce IA, Maia 300.
La performance des fabricants de puces a été particulièrement faible, l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie reculant jusqu’à son plus bas niveau en trois semaines, après des informations sur les progrès rapides de leur rival chinois ChangXin Memory Technologies (CXMT).
EN ASIE
L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a reculé de 1,82%, plombé par les valeurs technologiques, dans le sillage de Wall Street la veille.
L’indice Kospi de la Bourse de Séoul a également souffert, perdant 5,46%.
La vague de ventes d’actions liées à l’IA se fait également sentir en Chine, ce qui a entraîné le CSI 300 à son plus bas niveau depuis plus d’un an.
L’indice CSI 300 des grandes capitalisations recule de 0,48%, tandis que le SSE Composite de Shanghaï abandonne 0,11%.
La Bourse de Hong Kong cède 0,11%.
TAUX / CHANGES
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 5 points de base à 5,1937% après un week-end prolongé, tandis que celui du titre à deux ans perd 2,3 à 4,7679%.
Les investisseurs attendent la publication, mercredi, de l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis, qui pourrait s’avérer déterminante pour ajuster les prévisions concernant la politique monétaire de la Fed pour les prochains mois.
Les contrats à terme sur les taux fédéraux évaluent à 80,6% la probabilité que la banque centrale américaine maintienne ses taux inchangés ce mois-ci, même si l’on s’attend à ce qu’elle les relève à nouveau avant la fin de l’année pour lutter contre une inflation supérieure à l’objectif de 2%.
Dans la zone euro, où la Banque centrale européenne (BCE) devrait également maintenir ses taux inchangés ce mois-ci mais poursuivre son resserrement monétaire en décembre, le rendement du Bund allemand à dix ans recule de 3,8 points de base à 3,4389%. Celui du titre à deux ans s’affiche en légère baisse à 3,1152%.
Les chiffres définitifs concernant l’inflation dans la zone monétaire seront publiés vendredi, mais, en attendant, le bureau allemand des statistiques a confirmé mardi la hausse des prix en Allemagne à 3,3% en glissement annuel.
En France, le rendement de l’OAT à dix ans abandonne 2,2 points de base à 4,8770%. L’examen du budget 2027 s’ouvre mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, dans un contexte d’inquiétude des investisseurs quant aux finances publiques de la deuxième économie de la zone euro.
Sur le marché des changes, le dollar perd 0,18% face à un panier de devises de référence, tout en restant proche d’un pic de 18 mois, tandis que l’euro gagne 0,19% à 1,1174 dollar.
PÉTROLE
Le Brent cède 1,13% à 105,44 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 1,3% à 92,52 dollars.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L’AGENDA DU 13 OCTOBRE
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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