L’Europe finit dans le désordre, Washington et Téhéran restent dans l’impasse
par Diana Mandia
21 mai (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, la séance ayant été marquée par la crainte que les profondes divergences entre Washington et Téhéran ne compliquent encore davantage la reprise des négociations de paix.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,39% à 8.086,00 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,33% et à Londres, le FTSE 100 a pris 0,11%.
L’indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,03%, le FTSEurofirst 300 a grappillé 0,06% et le Stoxx 600 a gagné 0,23%.
Deux sources iraniennes ont dit à Reuters jeudi que le guide suprême de la République islamique, Mojtaba Khamenei, estimait que les réserves iraniennes d’uranium enrichi devaient rester dans le pays, ce qui marque un durcissement de la position de Téhéran face à l’une des principales exigences des Etats-Unis et est donc perçu par les investisseurs comme un mauvais signe pour la résolution du conflit.
Cette information a fait basculer dans le rouge les indices européens en début d’après-midi, même si le marché s’est calmé en fin de séance.
« Cela fait presque trois mois que le choc pétrolier a commencé et c’est généralement à ce moment-là que la croissance mondiale commence à se détériorer légèrement », estime Noah Buffam, analyste chez CIBC Capital Markets à Toronto.
Alors que les perturbations dans le transport du pétrole via le détroit d’Ormuz alimentent les craintes d’inflation et pèsent sur le marché obligataire à l’échelle mondiale, les investisseurs s’inquiètent également de l’impact de la guerre sur la croissance, après une série d’indices PMI peu encourageants dans la zone euro et les nouvelles prévisions de croissance de la Commission européenne, qui dressent un tableau moins optimiste pour 2026.
L’exécutif européen prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,9% cette année, contre une précédente prévision établie en novembre de 1,2%. La prévision pour 2027 a également été revue à +1,2% contre +1,4% attendu auparavant.
PÉTROLE
Les prix du pétrole poursuivent leur hausse dans un contexte de forte incertitude géopolitique liée au détroit d’Ormuz et à l’avenir des pourparlers au Moyen-Orient.
Le Brent avance de 2,97% à 108,14 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,64% à 101,84 dollars.
Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a par ailleurs averti jeudi que le début de la saison estivale, caractérisée par une forte demande en carburant, conjugué à l’absence de nouvelles exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient et à l’épuisement des réserves, pourrait faire entrer le marché pétrolier en « zone rouge » cet été.
VALEURS
Ubisoft a reculé de 2,2% après avoir publié une perte opérationnelle annuelle record, l’éditeur français de jeux vidéo en pleine réorganisation n’anticipant pas de rebond avant l’exercice 2027-2028.
Le groupe de restauration collective Elior a décroché, plongeant de 26% au lendemain de la publication de ses résultats au premier semestre et de la révision à la baisse de ses perspectives annuelles.
Airbus a fini en baisse de 4,27% et Air France a perdu 0,98%, le jour où les deux groupes ont été condamnés par la cour d’appel de Paris à la peine maximale – une amende de 225.000 euros chacune – pour « homicides involontaires » à l’issue du procès du crash du vol Rio-Paris, qui avait fait 228 morts en 2009.
Ailleurs en Europe, Generali a pris 2,69%, le premier assureur italien ayant publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et confirmé ses objectifs jusqu’en 2027.
Les valeurs spatiales européennes ont bondi après que SpaceX, la société du milliardaire américain Elon Musk, a dévoilé mercredi son dossier d’introduction en Bourse, ce qui a redonné confiance à l’ensemble du secteur. L’opérateur de satellites français Eutelsat a grimpé de 22% et l’allemand OHB de 7,7%.
A WALL STREET
À l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones perd 0,31%, le Standard & Poor’s 500 0,48% et le Nasdaq Composite 0,65%, pénalisés par l’enlisement des négociations entre Washington et Téhéran.
Nvidia recule de 2,1% malgré ses solides résultats et ses perspectives, les investisseurs se montrant prudents face à un environnement de plus en plus concurrentiel pour le géant américain des puces d’IA.
IBM progresse en revanche de 7,3%, l’administration Trump ayant décidé de financer plusieurs entreprises spécialisées dans l’informatique quantique.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les indices PMI du mois de mai ont révélé que le secteur privé français s’est contracté à un rythme jamais vu depuis fin 2020.
« Les indicateurs PMI ne sont pas toujours de très bons indicateurs prévisionnels pour l’économie française, les enquêtes de l’Insee offrant une image plus représentative car tiennent mieux compte du poids de chaque sous-secteur … Néanmoins, le signal envoyé par les indicateurs PMI du mois de mai est suffisamment fort pour qu’on doive le considérer », estime dans une note Charlotte de Montpellier, experte macroéconomique chez ING France, ajoutant que l’économie française pourrait se contracter au deuxième trimestre.
La France est confrontée à des risques croissants en matière de consolidation des finances publiques, alors que la rigueur budgétaire tarde à se concrétiser et que la dette reste élevée, a pour sa part déclaré jeudi le Fonds monétaire international (FMI), soulignant que les efforts déployés pour réduire le déficit public sont plus lents que prévu.
Les données ne sont pas non plus encourageantes pour la zone euro, où l’activité économique s’est contractée à son rythme le plus rapide depuis plus de deux ans et demi.
Aux Etats-Unis, le marché du travail reste solide, le nombre d’inscriptions au chômage ayant diminué au cours de la semaine au 16 mai, ce qui donne encore plus de marge de manoeuvre à la banque centrale pour se concentrer sur sa lutte contre l’inflation.
Cependant, les conditions d’activité dans la région de Philadelphie se sont effondrées de façon inattendue en mai, a montré jeudi l’enquête mensuelle de l’antenne locale de la Réserve fédérale. L’indice « Philly Fed » est passé dans le rouge, s’établissant à -0,4 après +26,7 en avril et alors que les économistes l’attendaient en territoire positif.
TAUX
Les rendements des bons du Trésor américain poursuivent leurs gains dans un contexte de craintes inflationnistes, qui se sont encore accentuées après que des sources iraniennes ont déclaré à Reuters que le Guide suprême estimait que l’uranium enrichi devait rester en Iran.
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 4,5 points de base à 4,6154% tandis que celui de l’obligation à deux ans progresse de 7 points de base à 4,1085%.
Selon l’outil FedWatch de CME, les traders estiment désormais à 58% la probabilité d’au moins un relèvement des taux d’intérêt de 25 points de base par la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année, contre 48% mercredi.
Dans la zone euro, où les opérateurs s’attendent à une hausse des taux en juin, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris près d’un point de base à 3,1021%, tandis que celui du titre à deux ans a gagné 3,2 points de base à 2,6801%.
CHANGES
Le dollar bénéficie des craintes inflationnistes et de l’incertitude géopolitique persistante, gagnant 0,34% face à un panier de devises de référence.
L’euro perd 0,35% à 1,1586 dollar.
A SUIVRE LE 22 MAI :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

