L’Europe finit dans le rouge avec la géopolitique et après les banques centrales
par Claude Chendjou
PARIS, 19 mars (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse dans un contexte d’importante volatilité, de tensions dans l’obligataire, de flambée des cours de l’énergie et d’avertissements de plusieurs grandes banques centrales alors que le conflit en cours au Moyen-Orient s’étend désormais aux infrastructures énergétiques.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 2,03% à 7.807,87 points. Le Footsie britannique a reculé de 2,35% et le Dax allemand a reflué de 2,82%.
L’indice EuroStoxx 50 a perdu 2,14%, le FTSEurofirst 300 2,39% et le Stoxx 600 2,39% également.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,89%, le Standard & Poor’s 500 de 0,74% et le Nasdaq de 0,90% sur fond de craintes d’une résurgence de l’inflation qui pèse sur le sentiment des investisseurs.
Les trois grands indices boursiers américains se négocient désormais en dessous de leur moyenne mobile à 200 jours, un indicateur technique qui reflète la dynamique à long terme.
Les attaques aériennes iraniennes menées depuis mercredi ont infligé d’importants dégâts au plus grand complexe gazier du monde, au Qatar, et ont visé une raffinerie Saudi Aramco-ExxonMobil en Arabie saoudite, Téhéran ripostant aux frappes israéliennes contre ses propres installations gazières.
Les Émirats arabes unis ont quant à eux fermé des installations gazières et deux raffineries koweïtiennes sont en flammes.
Les déclarations du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, selon lesquelles Washington pourrait prochainement lever les sanctions visant le pétrole iranien déjà chargé à bord de pétroliers afin de contribuer à augmenter l’offre mondiale et à faire baisser les prix, n’ont pas suffi à rassurer.
L’escalade du conflit au Moyen-Orient a contribué à faire s’envoler le prix du gaz et du pétrole, tandis que l’indice de la volatilité sur l’EuroStoxx 50 a bondi de plus de 10%, au dessus des 30 points.
C’est dans ce contexte que les banques centrales de la zone euro, des Etats-Unis, du Canada, du Japon, du Royaume-Uni, de la Suède et de la Suisse ont publié mercredi et jeudi des messages mettant en garde sur les risques pour la croissance et l’inflation lors de leurs déclarations de politique monétaire respectives.
VALEURS EN EUROPE
Les groupes énergétiques Equinor (+11,03%), Var Energi (+12,69%), Aker BP (+6,97%) ont figuré dans le trio de tête du Stoxx 600, profitant de l’envolée des cours du brut.
Accor a plongé de 5,97% après que Grizzly Research a annoncé avoir pris une position vendeuse (« short ») sur le titre du groupe hôtelier.
Beneteau a perdu 1,81% après ses résultats et prévisions, tandis que Deezer a bondi de 7,27%, la plateforme française de « streaming » musical ayant fait état mercredi soir de son tout premier bénéfice annuel.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué aux Etats-Unis lors de la semaine au 14 mars, à 205 .000, contre 213.000 la semaine précédente, selon le département du Travail.
Les conditions d’activité dans la région de Philadelphie se sont améliorées en mars, contrairement aux attentes, montre l’enquête mensuelle de l’antenne locale de la Réserve fédérale.
La croissance annuelle des salaires au Royaume-Uni, hors primes, s’est établie à 3,8% au cours du trimestre clos en janvier, moins que prévu, selon l’Office national des statistiques (ONS).
CHANGES
Le dollar recule de 0,52% face à un panier de devises internationales, mais reste proche de son plus haut niveau des 10 derniers mois, atteint en fin de semaine dernière, le conflit en Iran et la hausse des prix du pétrole ayant récemment incité les investisseurs à s’abriter sous les valeurs refuge américaines.
L’euro gagne 0,81%, à 1,1543 dollar, tandis que la livre sterling s’échange à 1,3378 dollar (+0,94%), après la décision à l’unanimité de la BCE et de la BOE de maintenir leurs taux directeurs face aux risques d’inflation liés à la guerre au Moyen-Orient.
Les traders estiment désormais à plus de 60% la probabilité d’une hausse des taux par la BCE d’ici avril, tandis que sources ont rapporté à Reuters que des discussions sur un relèvement du coûts des emprunts au sein de l’institution de Francfort étaient également envisagées en avril.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en hausse de 1,4 point de base, à 2,9553%, et celui à deux ans, plus sensible aux variations sur les taux, à 2,5667%, soit un bond de 12,1 pb. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans avançait d’environ trois points de base, à 4,2866%, tandis que celui à deux ans grimpait de 12,8 points, à 3,8706%.
Cette tension sur le marché obligataire s’explique par la prudence découlant des décisions de la Banque d’Angleterre (BoE) et de la Banque centrale européenne (BCE), dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
ÉNERGIE
Le pétrole Brent a dépassé jeudi les 119 dollars le baril après que l’Iran a attaqué des installations énergétiques à travers le Moyen-Orient à la suite de l’attaque israélienne sur son gisement gazier de South Pars, une escalade majeure dans le conflit.
Vers 17h00 GMT, le Brent prenait de 2,49% à 110,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,63% à 97,89 dollars.
Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour l’Europe, de son côté, a brièvement atteint 74 euros/MWh, son plus haut niveau depuis le 10 janvier 2023.
A SUIVRE VENDREDI:
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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