Les risques liés à l’IA pourraient l’emporter sur ses opportunités, selon le FMI
par Andrea Shalal et Maria Martinez
BANGKOK, 16 octobre (Reuters) – Les risques liés à l’intelligence artificielle pourraient l’emporter sur ses opportunités si aucune mesure de protection adéquate ni aucun cadre éthique ne sont mis en place, a déclaré vendredi la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva.
A ses yeux, il faudrait trouver une solution combinant l’autorégulation du secteur et l’intervention des Etats.
L’intelligence artificielle a été au coeur des débats lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se sont tenues cette semaine à Bangkok.
Le FMI a souligné mardi les risques importants pour la croissance et la stabilité financière, dont une éventuelle fin du boom des investissements dans l’IA, des niveaux d’endettement des Etats élevés et une guerre prolongée au Moyen-Orient.
Au cours d’une table ronde à laquelle a notamment participé Jack Clark, cofondateur d’Anthropic, Kristalina Georgieva a déclaré que l’IA renforçait l’économie mondiale, tout en ajoutant qu’elle pourrait entraîner des chocs négatifs si elle ne parvenait pas à générer les gains de productivité aussi vite qu’espéré.
« En l’absence de garde-fous, les risques pourraient l’emporter sur les opportunités. Et surtout, nous avons besoin d’un fondement éthique et je ne suis pas certaine que nous en soyons là en tant que société », a-t-elle déclaré.
Lors d’une autre table ronde, le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a déclaré que l’IA risquait d’aggraver les déséquilibres mondiaux.
« Cela apparaît clairement lorsque l’on considère les investissements considérables que nécessite l’IA, tant en matière de développement matériel que logiciel », a-t-il mis en garde.
Pour Kristalina Georgieva, certaines conditions préalables doivent être mises en place pour que chacun, partout dans le monde, puisse bénéficier de cette technologie nouvelle et en pleine évolution.
DES NORMES DE BON SENS
La question principale est désormais de savoir comment mettre en place des garde-fous pour une technologie qui évolue rapidement, a déclaré la directrice générale du FMI, comparant les progrès de l’IA à des voitures de Formule 1 filant à toute allure sans aucune barrière pour protéger le public.
L’autorégulation du secteur pourrait fonctionner, étant donné que les gouvernements ne pas bien placés pour réglementer ou superviser un secteur en constante mutation, mais pas toute seule, a-t-elle estimé.
Les pays où sont concentrés les plus gros acteurs de l’IA – notamment les États-Unis, la Chine et l’Inde – ainsi que les Etats impliqués dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA, doivent être associés à tout encadrement du secteur, a-t-elle dit.
Jack Clark a estimé qu’il était possible d’établir des normes, notant qu’elles se mettaient déjà en place grâce notamment aux premiers cadres réglementaires dans l’Union européenne.
Le co-fondateur d’Anthropic a précisé que son entreprise testait régulièrement ses propres systèmes, publiait les détails de ces tests et partageait ces informations, tout en appelant à aller au-delà d’une seule démarche volontaire.
Lorsqu’on lui a demandé s’il était favorable à une réglementation émanant des pays producteurs d’IA, il a répondu : « Oui. Nous avons besoin de normes de bon sens, et c’est ainsi que l’on instaure, en fin de compte, la confiance dans la technologie et que l’on développe l’économie. »
ARTIFICIELLE OU « SUPER » ?
La sous-secrétaire au Trésor américain, Erin Browne, a déclaré que le FMI était trop focalisé sur les risques pesant sur l’économie mondiale et qu’il devait accorder davantage d’importance aux opportunités de chocs économiques positifs, tels que l’IA, que le gouvernement américain qualifie désormais de « super-intelligence ».
Jeudi, elle a dit à Reuters que Washington était en pourparlers avec d’autres membres du FMI concernant l’adoption de cette nouvelle appellation.
« Je continuerai à l’appeler intelligence artificielle », a dit pour sa part le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil.
Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, a déclaré qu’il était plus optimiste qu’il y a un mois quant à la possibilité que les pays parviennent à s’accorder sur des normes pour l’IA.
« Je ne sais pas si nous sommes censés parler d’IA aujourd’hui, n’est-ce pas ? L’autre jour, j’ai utilisé l’expression : ‘l’artiste anciennement connu sous le nom d’IA’ « , a-t-il ajouté lors d’une réunion de l’Institut de finance internationale
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, est également intervenu, disant à Kristalina Georgieva lors d’une table ronde distincte : « Kristalina, vous dites ‘IA’. Aux États-Unis, nous disons désormais cela ‘SI' ».
(Reportage de Andrea Shalal et Maria Martinez, avec la participation de David Milliken et David Lawder; Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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