L’impôt ecclésiastique par canton
L’impôt ecclésiastique fait partie des impôts cantonaux. Il appartient donc aux 26 cantons de définir comment ils veulent le prélever. Différents systèmes sont actuellement en place, tant pour les personnes physiques que morales. La majorité des cantons ont accordé un statut de droit public à l’Église réformée et à l’Église catholique romaine. Certains cantons confèrent également ce statut à l’Église catholique chrétienne ou à la communauté israélite. En Suisse romande, les réglementations cantonales sont particulièrement hétérogènes.
Neuchâtel
Dans le canton de Neuchâtel, il s’agit d’une «contribution volontaire». Personne n’est obligé de la verser. Un bordereau est envoyé avec la déclaration d’impôt, sur lequel il faut cocher une case: protestant, catholique romain, catholique chrétien, autre ou sans confession. Celui qui a coché une des trois confessions reçoit en avril une invitation à verser 11% de son impôt cantonal. Cette contribution est facultative, aucune obligation de verser ce montant proposé. Pour les personnes morales, elle est également volontaire, son affectation est œcuménique et s’élève à 12%.
Genève
Comme à Neuchâtel, la contribution ecclésiastique est facultative dans le canton de Genève. Sur leur déclaration fiscale, les intéressés cochent une des trois confessions reconnues d’utilité publique, soit protestant, catholique romain ou catholique chrétien. Les Églises proposent de verser 16% de l’impôt cantonal sur le revenu et 6% de l’impôt sur la fortune, auquel s’ajoute une somme forfaitaire de 10 francs.
Valais
En Valais, les frais de cultes sont à la charge des communes. Elles peuvent donc prélever un impôt ecclésiastique. Toutefois, seules six en font usage. La contribution s’élève à environ 2% de l’impôt communal. Elle n’est pas obligatoire, chaque habitant peut faire la demande d’exonération à sa commune stipulant qu’il ne fait pas partie des deux Églises reconnues, réformée ou catholique romaine.
Fribourg, Berne et Jura
Dans les cantons de Fribourg, Berne et du Jura, les membres des communautés reconnues sont astreints par l’État à payer un impôt ecclésiastique. Les autres contribuables peuvent en être exemptés s’ils en font la demande.
Vaud
Dans le canton de Vaud, il n’y a pas d’impôt ecclésiastique, mais une subvention prélevée sur le budget de l’État. Indirectement, tous les contribuables, physiques comme moraux, y participent. Ce montant est reversé aux trois Églises reconnues: réformée, catholique romaine et la communauté israélite.
Et dans le reste de la Suisse?
En Suisse alémanique, dans la majorité des cantons, les personnes physiques sont assujetties à l’impôt ecclésiastique. Or en vertu de l’article 15 de la Constitution qui précise que «personne ne peut être contraint de payer des impôts destinés à couvrir les frais de culte d’une communauté religieuse à laquelle il n’appartient pas», chaque citoyen peut faire la demande d’en être exempté. Pour les personnes morales, l’impôt ecclésiastique est obligatoire dans la plupart des cantons, sauf à Bâle-Ville, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures et Argovie où aucun impôt ecclésiastique n’est prélevé auprès des personnes morales.
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