Les chrétiens protestants débattent de l’islam
La publication de «L’islam conquérant» de Shafique Keshavjee a créé de nombreuses réactions au sein des protestants. Pourquoi est-il si difficile de parler de l’islam? Une soirée-débat pour y voir plus clair.
«Pourquoi peine-t-on à parler de l’islam et des musulmans?» Cette question était au centre du débat organisé par DM-échange et mission, mercredi 5 février, au temple de Montriond, à Lausanne. Pour en parler, les théologiens protestants Shafique Keshavjee et Jean-Claude Basset, tous deux spécialistes de l’islam, ont été invités à confronter leurs positions. Un débat sur l’islam sans musulmans?
«Il y a une difficulté à nouer des débats autour de l’islam à l’interne du protestantisme», lâche Michel Kocher, directeur de médias-pro, le département protestant des médias et modérateur du débat. Une situation qui s’est encore renforcée avec la publication, début 2019, de L’islam conquérant de Shafique Keshavjee. Un ouvrage qui a divisé les protestants et suscité les foudres des musulmans. «Nous avons besoin de dialoguer au sein même du protestantisme, car il y a des positions très différentes et une méconnaissance de l’islam», souligne Nicolas Monnier, le directeur de DM-échange et mission, une organisation protestante qui est présente sur le terrain dans de nombreux pays musulmans.
Deux points de vue
Les deux invités ont donc développé leurs positions. Si Shafique Keshavjee a mis en évidence la diversité des musulmans, des discours sur l’islam et des sources de référence, il a également pointé la violence des hadiths, un recueil qui rassemble les propos de Mahomet, notamment à l’égard des juifs et des chrétiens. «Certains musulmans considèrent également Mahomet comme un chef politique et veulent une société musulmane.» Pour Jean-Claude Basset, «une religion n’est pas un système, mais une voie, un chemin à parcourir. L’islam est une communauté morale, une culture et une civilisation.»
Quant aux textes, «il est essentiel de les replacer dans leur contexte socio-historique, car c’est ainsi que l’on comprend leurs sens. On peut aussi aligner les textes violents de l’Ancien Testament», ajoute Jean-Claude Basset. Pour l’auteur de L’islam conquérant, «le christianisme commence, en effet, avec des textes violents, mais pour terminer avec des messages d’amour. L’islam, c’est l’inverse». «L’islam est complexe et mal connu, et cela introduit des facteurs d’insécurité et amène à faire des amalgames», constate Jean-Claude Basset.
Dialoguer avec les musulmans
Pas invitée au débat, la présidente de l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), Sandrine Ruiz, était présente dans le public. «La vision de Shafique Keshavjee n’est pas très objective. Je le sens partisan contrairement à Jean-Claude Basset», déplore la présidente de l’UVAM, qui regrette toutefois qu’il n’y ait pas eu un point de vue musulman à la table de discussion. «Les deux formes de dialogue: au sein des protestants et avec des musulmans sont essentielles. Elles sont menées en parallèle», affirme Jean-Claude Basset.
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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

