Le Vatican inquiet face à la loi anti-homophobie
Alors que l’Italie étudie un projet de loi qui rendrait la discrimination à l’égard des personnes LGBT punissables par la loi, le Vatican cherche à s’immiscer dans le débat pour garantir sa liberté religieuse.
Le Sénat italien examine actuellement une loi qui, si elle est approuvée, ajoutera l’homophobie à la liste des discriminations racistes, religieuses et culturelles actuellement poursuivies dans le pays en tant que crimes de haine. Cette loi, connue sous le nom de «projet de loi Zan», du nom de son auteur, le politicien et militant Alessandro Zan, pourrait punir les responsables de crimes anti-LGBT de peines allant jusqu’à quatre ans de prison.
Le projet de loi Zan a été adopté par la Chambre basse italienne et doit encore être approuvé par le Sénat. Il se heurte cependant à l’opposition du Vatican, qui suit la législation avec «inquiétude», selon le cardinal Joseph Farrell, préfet du «Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie». Selon le quotidien Il Corriere della Sera du 22 juin, le Vatican a envoyé quelques jours plus tôt, par le biais de ses canaux diplomatiques, une note écrite au gouvernement italien exprimant sa préoccupation quant au fait que le projet de loi Zan violerait l’accord entre l’Italie et le Vatican signé en 1929, connu sous le nom de Traité du Latran.
Écoles, hôpitaux et orphelinats en jeu
La note du Vatican faisait écho aux préoccupations exprimées par la Conférence des évêques catholiques italiens quant aux effets du projet de loi sur les organisations religieuses, notamment les nombreux hôpitaux, écoles et orphelinats catholiques du pays. À l’heure actuelle, on ne sait si, en vertu de la loi, les écoles catholiques seraient tenues de sensibiliser à l’homophobie, si les médecins catholiques devraient adopter la théorie du genre ou si les orphelinats seraient tenus d’autoriser les couples de même sexe à adopter des enfants.
Or, le traité du Latran, révisé en 1984, permet «aux catholiques et à leurs associations et organisations la pleine liberté de réunion et d’expression». Les évêques italiens ont alors proposé des modifications au projet de loi Zan, pointant que les mesures existantes rendent la nouvelle législation redondante. Par ailleurs, le président de la conférence, l’archevêque Gualtiero Bassetti, a souligné que la lutte contre la discrimination ne peut se faire au prix «de la poursuite d’objectifs intolérants», faisant fi de la liberté religieuse.
«C’est un terrain très délicat», formule Agostino Giovagnoli, professeur d’histoire contemporaine à l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan. Et d’ajouter qu’à ses yeux, le projet de loi Zan déploie «une hache» alors qu’un outil plus fin aurait été souhaitable.
Une intervention inédite?
Le projet de loi a provoqué «un acte sans précédent dans l’histoire des relations» entre l’Italie et l’État de la Cité du Vatican, a déclaré à l’AFP son porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, en référence à la note envoyée le 17 juin. Le Corriere della Sera affirmait également que «jamais l’État du Vatican n’avait frappé à la porte de l’État italien pour le confronter directement sur une loi».
Pour le professeur d’histoire Agostino Giovagnoli, il convient cependant d’utiliser l’expression «sans précédent» avec précaution lorsqu’il s’agit du Vatican. En effet, explique-t-il, les notes diplomatiques ne sont pas destinées à être publiées et, par conséquent, la fréquence à laquelle le Vatican utilise cet outil est inconnue. «Une question intéressante est donc de savoir pourquoi et par qui cette note a été rendue publique», pose-t-il.
Ce spécialiste fait d’ailleurs état d’une note similaire envoyée en 1966 par le bureau des affaires internationales du Vatican au gouvernement italien, pour s’opposer à une loi légalisant le divorce alors en discussion au Parlement italien. Selon le Vatican, cette loi violait également le traité du Latran. Le divorce a été légalisé en Italie en 1970, ce qui prouve, selon l’historien, que cette note «n’a abouti à aucun résultat».
Souveraineté étatique
S’il existe des cas d’évêques et de prélats italiens s’opposant ouvertement à la législation italienne ou d’autres gouvernements, le Vatican a pour politique de tenir sa langue – du moins publiquement – lorsqu’il s’agit de questions de souveraineté étatique. Le pape François s’est lui-même abstenu de s’immiscer dans les affaires de son propre pays, l’Argentine, qui a adopté en 2021 une loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse.
Mercredi 23 juin, le Premier ministre italien Mario Draghi a repoussé l’ingérence du Vatican, déclarant au Sénat que «l’Italie est un État laïc» et que le Parlement a pris en compte les ramifications possibles du projet de loi Zan. De son côté, Matteo Renzi, ancien premier ministre italien qui dirige le parti de centre-gauche Italia Viva, a qualifié d’«erreur» la tentative du Vatican de bloquer ce projet de loi Zan, rappelant que «les lois sont faites par les membres du Parlement, pas par les cardinaux». Les organisations qui défendent les droits des LGBTQ en Italie ont également rejoint la mêlée, accusant l’Église de «haïr nos enfants» et de soutenir la discrimination tout en prêchant la tolérance et la miséricorde.
De l’autre côté, certains catholiques conservateurs, y compris des membres du Parlement, souhaitaient que le Vatican entre plus clairement dans la bataille, exprime l’historien Agostino Giovagnoli. À l’instar de Matteo Salvini, qui dirige le parti de droite de la Ligue du Nord, plusieurs politiciens et évêques influents estiment que l’Église locale devrait faire davantage pour promouvoir la doctrine et l’enseignement catholique.
Jeudi 24 juin, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a déclaré à la presse interne du Vatican: «Nous tenons à préciser qu’il n’y a jamais eu de demande pour stopper cette loi», mais que l’Église catholique devait se protéger du «contenu vague et incertain» de la mesure, qui pourrait entraîner un déluge de poursuites contre l’institution. Et de formuler: «Le débat est toujours licite.»
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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