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«La foi est d’abord une question de choix personnel»

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Vecteur de valeurs, mais pas de foi, le protestantisme serait-il responsable de la sécularisation de la société? L’éthicien François Dermange livre des pistes qu’il étoffera lors d’une conférence le 25 mars. Interview.

En brandissant l’étendard de la liberté depuis cinq siècles, le protestantisme a transmis des valeurs, mais pas la foi. Cette liberté a creusé le sillon de la sécularisation que connaît aujourd’hui la société. Comment s’en extraire? François Dermange, professeur d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université de Genève donnera une conférence sur le sujet le 25 mars, dans le cadre du cycle de conférences «De génération en génération». Interview.

Pourquoi les protestants n’ont-ils pas su transmettre leur foi?

Parce qu’ils ne l‘ont pas voulu. Les uns voulaient que la foi soit affaire de libre examen et de conscience ; les autres qu’elle repose sur l’expérience d’une relation intime à Dieu, mais par-delà leurs oppositions, les protestants s’entendaient sur un point essentiel : la foi était d’abord question de choix personnel. On pouvait transmettre une culture et des valeurs en particulier, mais pas la foi!

La liberté a donc fait office d’héritage?

En effet, car s’il y a choix, il doit y avoir liberté, mais à côté d’elle d’autres valeurs étaient au cœur du projet de transmission. Certaines, comme la sobriété ou la pudeur, peuvent nous paraître désuètes ; d’autres sont au sommet de ce que la société valorise encore aujourd’hui : la justice d’abord, que les réformés ont vu comme la première exigence de l’amour, mais aussi la responsabilité et l’engagement, l’honnêteté et la générosité, la droiture et le travail. En ce sens, les réformés ont bien gagné. Ils ont imprégné la société de leurs valeurs, mais leur lien avec la modernité s’est retourné contre eux : nous vivons dans un monde individualiste, qui juge souvent que le christianisme appartient à l’histoire.

Quelle en a été la conséquence pour les réformés eux-mêmes?

La foi a progressivement été présentée, y compris par les pasteurs, comme un « plus », peut-être pas essentiel, mais qui pouvait enrichir la vie. Cela mettait la foi sur le même plan que toutes les autres propositions de développement personnel. La prière à côté de la méditation, la foi à côté de toutes les autres options de spiritualité, dotées de l’attrait de la nouveauté et débarrassées de la « religion » et de l’Église jugées suspectes. Autrement dit, une proposition parmi d’autres et sans doute moins attractive.

Les réformés seraient-ils gagnés par l’individualisme ambiant?

Oui, c’est aussi pour cela que les Églises sont discréditées. Dans mon développement personnel, ai-je vraiment besoin d’une communauté ? Je les laisse libre, mais qu’ils me laissent libre aussi ! La difficulté, c’est que c’est bien en un sens le message que les réformés ont voulu mettre au centre de leur compréhension de l’Évangile.

Comment renverser la vapeur?

Je vois deux défis. Le premier est d’oser parler encore de ce qui a été pendant des siècles au cœur du christianisme et qui le distingue de la plupart des autres formes de spiritualité: l’idée que l’horizon n’est pas cette vie-ci seulement, mais la vie éternelle.

Le second défi est de trouver une bonne articulation entre l’intelligence et la piété. Cela devrait être la force du protestantisme, mais en Suisse romande, on les a trop souvent opposées. Autrement dit, il n’y a pas à inventer, mais à revenir à nos fondamentaux, en commençant par revenir à une lecture à la fois critique et spirituelle de la Bible.

Est-ce que ces propositions ne s’adressent pas d’abord à des adultes?

En effet, les sociologues nous apprennent que la foi se construit dès l’enfance. Peut-être devrions-nous repenser à des rites familiaux comme cela avait lieu autrefois. Relire la journée le soir, se demander pardon s’il le faut et chanter. Les protestants se sont souvent méfiés des rites, mais ces rites familiaux ont certainement eu un rôle structurant. Il faut aussi soutenir les groupes de jeunes et avoir le courage et l’audace d’interpeller. Je pense ici en particulier aux vocations. La plupart des pasteurs vous le diront : il y a eu dans leur existence quelqu’un qui leur a suggéré de le devenir ou qui les a encouragés à faire le pas. Si nous avons si peu de vocation dans nos Églises, c’est aussi que nous n’osons plus le faire, lorsque nous ne dissuadons pas en encourageant à d’abord entreprendre d’autres études.

Cycle de conférences

«De génération en génération», un cycle de conférences organisé par la Région les Chamberonnes de l’Église réformée vaudoise et le Centre œcuménique de Crissier:

– «Repères et valeurs pour grandir et faire grandir: les sept défis de l’âge adulte», mercredi 11 mars, 20h15, salle villageoise, Chemin du Village 14, Romanel-sur-Lausanne. Avec Pierre Galrdon, théologien, diplômé en Sciences de l’éducation, thérapeute en accompagnement.

– «Le protestantisme: des valeurs à transmettre?», mercredi 25 mars, 20h15, centre œcuménique de Crissier, Quartier Pré-Fontaine 60. Avec François Dermange, professeur d’éthique à la Faculté de théologie de Genève.

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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

1. Le Journal Chrétien,  un service de presse en ligne reconnu par l’Etat

Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.
La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

2. Chrétiens TV, chaîne 483 de Free

Chrétiens TV est une chaîne de télévision chrétienne francophone reconnue par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et diffusée en continu sur le canal 483 de l’opérateur Free en France ainsi que sur Apple TV, Roku TV, Amazon Fire TV, les applications Chrétiens TV et Free TV (iOS ou Android), les sites Chrétiens TV et https://tv.free.fr
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