Joe Biden remporte la présidentielle et appelle à « guérir » une nation divisée
Joe Biden s’est proclamé samedi soir 46e président des Etats-Unis et a promis dans sa première allocution à la nation en tant que président élu de chercher à unifier un pays polarisé à l’extrême après quatre années de présidence Trump.
« Le peuple de cette nation a parlé. Il nous a donné une victoire claire, une victoire convaincante », a-t-il dit lors de son discours de victoire prononcé à Wilmington, dans l’Etat du Delaware, où il réside et où siégeait son équipe de campagne.
« Je promets d’être un président qui ne cherche pas à diviser mais à unifier, qui ne voit pas d’Etats rouges et d’Etats bleus, mais ne voit que les Etats-Unis », a poursuivi Joe Biden alors que les chaînes d’information diffusent continuellement depuis la fin du scrutin des cartes du pays colorées de rouge et de bleu – les couleurs traditionnelles du Parti républicain et du Parti démocrate.
Biden s’est engagé à « rassembler les forces de la décence » pour lutter contre la pandémie de coronavirus qui a fait plus de 235.000 morts aux Etats-Unis, à rebâtir la prospérité économique alors que des millions se sont retrouvés au chômage, à assurer la santé des Américains et à expurger le racisme systémique.
Sans jamais mentionner le nom de son adversaire, il s’est adressé aux 70 millions d’électeurs qui ont voté pour le président sortant et a prôné une politique de coopération bipartisane.
« Pour tous ceux qui ont voté pour le président Trump, je comprends leur déception ce soir. J’ai moi-même perdu quelques fois. Mais à présent, donnons une chance à chacun d’entre nous. Le moment est venu de repousser les discours agressifs, de faire baisser la température, de nous regarder et de nous écouter à nouveau. Et pour progresser, nous devons cesser de traiter nos adversaires comme nos ennemis. Ils ne sont pas nos ennemis. Ils sont des Américains. »
« La Bible nous enseigne qu’il y a une saison pour tout, un temps pour construire, un temps pour récolter et un temps pour semer, et un temps pour guérir. Le moment est venu de guérir en Amérique. »
TRUMP REFUSE DE CONCÉDER LA DÉFAITE
Il aura fallu attendre près de quatre jours entiers pour connaître l’issue de l’élection du 3 novembre, la faute à un dépouillement interminable dans certains Etats clefs comme la Pennsylvanie en raison du recours massif au vote par correspondance ou par anticipation, risque sanitaire oblige.
En fin de matinée heure de Washington, peu avant 16h30 GMT, les grands réseaux de télévision et l’agence Associated Press ont annoncé que les 20 grands électeurs de Pennsylvanie donneraient à Joe Biden la majorité requise au collège électoral.
L’ancien vice-président de Barack Obama a alors été déclaré président-élu des Etats-Unis. Le candidat démocrate, qui aura 78 ans le 20 novembre, deviendra deux mois plus tard le président le plus âgé à sa prise de fonction.
Donald Trump, qui jouait au golf lorsque les principales chaînes américaines ont annoncé la victoire de son adversaire, a refusé de concéder sa défaite.
« Cette élection est loin d’être terminée », a affirmé le président républicain sortant, dont les équipes ont engagé plusieurs recours dans l’espoir d’obtenir que les tribunaux invalident sa défaite dans les urnes.
« Nous savons tous pourquoi Joe Biden se précipite pour se faire passer à tort pour le vainqueur, pourquoi ses alliés médiatiques font tant d’efforts pour l’aider; ils ne veulent pas que la vérité soit dévoilée », a poursuivi Donald Trump.
En amont du scrutin, il avait refusé de s’engager à une passation pacifique du pouvoir en cas de défaite – et a maintenu ce cap.
Mais les représentants électoraux d’Etats à travers le pays ont déclaré n’avoir aucun élément indiquant une fraude massive.
Et en félicitant rapidement Joe Biden, de nombreux dirigeants de la planète, dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, ont peut-être rendant plus difficile pour Donald Trump de clamer que l’élection présidentielle lui a été volée, ainsi qu’il l’a répétée tout au long du dépouillement.
AVEC KAMALA HARRIS, UNE BARRIÈRE TOMBE
A mesure que l’information de la victoire de Joe Biden et de sa vice-présidente, Kamala Harris, se propageait, des manifestations de joie se sont multipliées dans plusieurs villes à travers le pays.
A Atlanta, en Georgie, Emmi Braselton, 37 ans, graphiste freelance, raconte qu’elle se promenait avec sa fille Sylvie, âgée de 2 ans, quand les effusions ont débuté.
« C’est quoi tout ça, maman ? », lui a demandé la fillette
– Je lui ai dit ‘le gentil a gagné’. Et aussi, ‘il y a désormais une femme à la vice-présidence’. Elle m’a répondu: ‘Je veux être présidente' », a raconté Braselton.
Mais comme un rappel des profondes divisions du pays, des partisans de Donald Trump ont organisé des manifestations réclamant d' »arrêter le vol » devant les capitoles des Etats du Michigan, de la Pennsylvanie et de l’Arizona.
« Ça me dégoûte, ça me rend triste », dit Jayla Doyle, 35 ans, qui dirige un pub dans la petite ville de Mifflintown en Pennsylvanie. « Je pense que l’élection a été truquée », ajoute-t-elle.
Elu pour la première fois au Sénat des Etats-Unis en 1972, Joe Biden, qui a la réputation solidement établie d’être dans l’empathie et d’un abord simple, va devoir s’employer pour refermer les plaies et les divisions d’une société tourmentée qui s’est polarisée autour de la figure clivante de Donald Trump, protecteur des intérêts du pays pour les uns, menace contre la démocratie pour les autres.
Face à lui se présente la difficile mission de gouverner un pays ravagé par l’épidémie de coronavirus qui a tué plus de 235.000 Américains, et l’impact économique de celle-ci, ainsi que par les manifestations et contre-manifestations contre les discriminations raciales et les violences policières.
Avec lui arrive à la Maison blanche Kamala Harris, la première femme élue à la vice-présidence des Etats-Unis. Née d’un père jamaïcain et d’une mère indienne, la sénatrice démocrate de Californie est aussi la première femme noire et a première femme d’ascendance indienne à occuper ce poste, au deuxième rang dans la hiérarchie du pouvoir.
« Qu’il ait eu l’audace de briser l’une des barrières les plus solides qui existe dans notre pays en choisissant une femme pour être sa vice-présidence est un témoignage de la personnalité de Joe », a-t-elle dit à Wilmington dans son discours de présentation du futur président.
MISSION DIFFICILE
La victoire de Joe Biden valide sa stratégie bâtie sur quatre axes: retrouver le vote ouvrier qui avait fait cruellement défaut à Hillary Clinton en 2016, remobiliser l’électorat noir, tirer parti du rejet violent de Donald Trump par une large partie de la population épuisée par les polémiques permanentes attisées par l’ex-magnat de l’immobilier et proposer face à la pandémie de coronavirus une politique radicalement de celle de l’administration sortante.
L’ancien vice-président et les démocrates n’auront toutefois pas obtenu le raz-de-marée qu’ils espéraient aux élections législatives qui se tenaient le même jour que la présidentielle pour renouveler la totalité de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat.
Cela pourrait compliquer la réalisation des promesses de campagne de Biden de « corriger » en partie l’héritage laissé par Donald Trump, qu’il s’agisse de baisses d’impôts ayant particulièrement profité aux entreprises et à la classe aisée, de politiques très strictes en matière d’immigration, ou encore l’abandon d’accords internationaux comme celui de Paris sur le climat ou celui sur le programme nucléaire iranien.
Si les républicains venaient à conserver le contrôle du Sénat, ils devraient vraisemblablement s’opposer à d’importantes politiques voulues par Joe Biden, en premier lieu sur l’assurance maladie et le changement climatique.
Donald Trump, 74 ans, devient lui le premier président sortant à échouer à être réélu depuis son pair républicain George H.W. Bush en 1992. Mais il n’est pas certain que l’issue du dépouillement sera le clap de fin de l’ascension politique fulgurante de cet homme qui, avant son triomphe de 2016, n’avait jamais concouru à la moindre élection.
L’ex-magnat de l’immobilier et présentateur de télévision a fait le plein dans les petites villes et les comtés ruraux où son discours nationaliste et ses positions sur l’avortement, les droits de la communauté LGBT ou le port d’arme, portent le plus.
Dans quatre Etats, représentant au total 45 grands électeurs, l’issue du scrutin n’est pas encore connu. Il s’agit de l’Arizona (11), de la Caroline du Nord (15), de la Géorgie (16) et de l’Alaska (3).
Les 538 grands électeurs du Collège électoral désignés Etat par Etat se réuniront pour élire le 14 décembre prochain le président. L’ensemble des recours portés devant les tribunaux par l’équipe Trump devra avoir été réglé avant cette date.
La date d’investiture est fixée elle au 20 janvier.
(avec Michael Martina à Detroit, Michigan, Mimi Dwyer à Phoenix, Arizona, Jarrett Renshaw à Philadelphie, Jan Wolfe à Boston et Doina Chiacu, Alexandra Alper, Raphael Satter, Makini Brice, Aram Roston, Susan Cornwell et Richard Cowan à Washington; version française Jean Terzian, Blandine Hénault, Benjamin Mallet, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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