Il y a des tiraillements au gouvernement sur la réforme des retraites
PARIS (Reuters) – Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, exclut de réserver le futur régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail (« clause du grand-père »), un scénario d’apaisement avancé au sein de la majorité pour éviter un nouvel embrasement social en France.
La CGT, Force ouvrière, la FSU et Solidaires appellent à une journée de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites – la fusion des 42 régimes existants en un système universel par points en 2025 -, alors que plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF et des transporteurs routiers annoncent « une grève illimitée » à partir de ce jour là.
Lors d’une « assemblée des assemblées » le 3 novembre, des représentants des « Gilets jaunes » se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes le 5 décembre, laissant planer la menace d’une mobilisation de l’ampleur des grèves de 1995 contre le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale.
Fort de l’expérience éprouvante des « Gilets jaunes » et face à un climat social tendu, Emmanuel Macron a laissé entendre le 28 octobre sur RTL que des aménagements au projet de réforme des retraites étaient encore possibles. Il avait notamment paru ouvrir la voie à la « clause du grand-père », option figurant dans le rapport remis en juillet dernier par Jean-Paul Delevoye.
« Je comprends tout à fait quelqu’un qui, à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans et qui proteste. Il est rentré avec un pacte avec la Nation. On lui a dit : ‘vous allez travailler dans cette entreprise, voilà vos droits’. Sans doute ne faut-il pas tout bousculer pour lui », avait dit le chef de l’Etat.
Le projet de réforme en l’état prévoit que le nouveau système, qui supprime les régimes spéciaux, entre en vigueur à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025.
« J’ai toujours dit que si on appliquait de façon généralisée la ‘clause du grand-père’, cela reviendrait à créer un 43e régime. C’est impossible! », souligne Jean-Paul Delevoye dans un entretien paru jeudi dans Le Parisien.
« UNE SEULE LIGNE »
« Si on fait la ‘clause du grand-père’ pour une profession, il faut le faire pour tout le monde, question d’équité, ça veut dire que l’on renonce à la réforme », ajoute-t-il.
Interrogé sur les ouvertures d’Emmanuel Macron et d’une partie de l’exécutif à ce sujet, le haut-commissaire invoque « la qualité première » à ses yeux d’un dirigeant moderne : « Maîtriser ses nerfs ».
« S’il y a des assouplissements nécessaires de quelques mois, cela ne pose aucune difficulté, mais un projet aussi ambitieux ne souffre aucune interrogation de contingences électorales ou de timing lié aux municipales ou à la fin du quinquennat », prévient l’ancien ministre de Jacques Chirac.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a fixé à juin 2020 le vote de la loi portant réforme des retraites. Mercredi soir, sur BFM TV, il s’est dit « déterminé à prendre son temps » pour mettre en oeuvre la réforme, écartant toute « urgence ».
« Moi, je ne transigerai pas sur l’objectif », insiste Jean-Paul Delevoye dans Le Parisien. « Si la grève du 5 décembre est une grève catégorielle, si elle vise à s’opposer au régime universel, je ne l’entends pas. »
« C’est ma position. Après, c’est au Premier ministre d’arbitrer », dit-il.
A la sortie du conseil des ministres, Sibeth Ndiaye a souligné par la suite que le gouvernement n’obéissait qu’à « une seule ligne, elle est portée par le Premier ministre ». Elle a réfuté toute « divergence » au sein de l’exécutif.
« Nous sommes dans un temps particulier qui est le temps de la négociation avec les organisations syndicales et patronales. C’est compliqué de vous dire d’ores et déjà aujourd’hui quels seront les points de sortie de cette négociation », a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres, dans un clair rappel à l’ordre à Jean-Paul Delevoye.
Le haut-commissaire a exprimé « une préférence ». « Tout est évidemment sur la table », a-t-elle ajouté.
(Sophie Louet avec Jean-Stéphane Brosse, édité par Bertrand Boucey)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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