Grève contre la réforme des retraites: L’exécutif tend la main à la CFDT
Le gouvernement a tendu la main jeudi à la Confédération française démocratique du travail (CFDT) au lendemain de la présentation du projet de réforme des retraites qui a braqué l’ensemble des syndicats, dont les centrales réformistes qui ont annoncé rallier le front de contestation.
Le syndicat de Laurent Berger, favorable au principe d’un système par points porté par l’exécutif, a estimé mercredi qu’une « ligne rouge » avait été franchie avec l’instauration d’un « âge pivot » fixé à 64 ans à partir de 2027 visant à équilibrer financièrement le système.
Partagée par l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), cette position complique la donne pour l’exécutif, confronté à un mouvement de grèves qui paralyse les transports et menace de se poursuivre pendant les fêtes de fin d’année. Le scénario de 1995, avec plus de trois semaines de grèves contre le plan Juppé, s’insinue dans les esprits.
Face à cette perspective, l’exécutif s’est employé jeudi à souligner les « avancées sociales » du projet de réforme, citant notamment la pénibilité, les droits familiaux ou encore un minimum de pension de 1.000 euros nets par mois, et a appelé à la discussion.
« La CFDT a été largement entendue » donc « ce serait dommage que sur un point, un pur point financier, qu’il y ait un blocage alors même que nous sommes ouverts à la négociation », a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire sur France 2.
« Arrêtons avec la logique de conflit, il y a de la place pour la discussion, pour la négociation, sur la pénibilité, sur les modalités pour parvenir à l’équilibre, mettons-nous autour d’une table, regardons tous ces sujets », a-t-il poursuivi.
« Si les partenaires sociaux se mettent d’accord sur autre chose (pour parvenir à l’équilibre-NDLR), le gouvernement écoutera les partenaires sociaux », a abondé le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin sur Europe 1. Ce qui n’est « pas négociable », c’est la nécessité de parvenir à cet équilibre.
Parmi les pistes pour y parvenir, il y a plusieurs solutions possibles, a-t-il avancé en contrepoint, citant la baisse des pensions, l’augmentation des cotisations patronales – « mais ça tue l’emploi » -, l’augmentation des cotisations des salariés ou l’augmentation de la durée du temps de travail – option retenue par l’exécutif à ce stade.
« PAS DE TRÊVE À NOËL »
Hostile à toute réforme « paramétrique », la CFDT, qui avait prévenu ces dernières semaines qu’elle s’opposerait à tout projet qui mêlerait système par points et mesures d’économies, a appelé dans la foulée des annonces d’Edouard Philippe à manifester mardi prochain.
Il faut que le gouvernement comprenne « qu’en voulant courir deux lièvres à la fois, il a fait une erreur, il met en danger ce projet de réforme universelle des retraites auquel la CFDT tient (…) parce qu’il poursuit une logique budgétaire », a déclaré Laurent Berger sur BFM TV et RMC. « La question de l’équilibre, ce n’était pas la promesse du président de la République, la promesse, c’était un système universel des retraites. »
« J’espère qu’on ne va pas dans le mur, en tout cas la CFDT n’en portera pas la responsabilité, j’espère qu’on va aller vers un apaisement et une rediscussion », a-t-il poursuivi, appelant de ses voeux une réunion entre le Premier ministre et « tous ceux qui veulent s’inscrire dans une réforme universelle des retraites. »
« Il faut retrouver le chemin du dialogue, la CFDT est ouverte », a-t-il assuré.
Une semaine jour pour jour après la première manifestation contre la réforme, qui avait rassemblé plus de 800.000 personnes dans les rues, les transports étaient encore très perturbés jeudi à la SNCF et la RATP et la situation devrait perdurer, a prévenu la CGT-Cheminots.
« La grève continue, nous sommes au regret de constater que le gouvernement est droit dans ses bottes et donc (la grève) va durer longtemps », a déclaré le secrétaire général du syndicat Laurent Brun sur franceinfo. « Pas de trêve pour Noël sauf si le gouvernement revient à la raison avant cela ».
(Edité par Sophie Louet)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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