Feu vert des Vingt-Sept pour signer l’accord commercial avec le Mercosur
par Philip Blenkinsop
BRUXELLES, 9 janvier (Reuters) – Les États membres de l’Union européenne (UE) ont approuvé vendredi la signature de l’accord de libre-échange avec le bloc sud-américain Mercosur, après plus de 25 ans de négociations et malgré l’opposition de plusieurs pays, dont la France.
L’accord a été donné via les ambassadeurs des Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, a-t-on appris de trois diplomates européens et de sources. Les pays doivent confirmer leur vote par écrit d’ici 17h00 (16h00 GMT), ont dit les diplomates.
La Commission européenne, qui a conclu les négociations il y a un an, et des pays tels que l’Allemagne et l’Espagne soutiennent que cet accord constitue un élément clé de la stratégie de l’UE visant à ouvrir de nouveaux marchés afin d’atténuer l’impact des droits de douane américains et de réduire la dépendance à l’égard de la Chine, particulièrement pour les minerais comme le lithium pour batteries.
Les détracteurs de l’accord commercial, au premier rang desquels la France – premier producteur agricole de l’UE -, s’inquiètent pour leur part d’une hausse des importations de produits alimentaires bon marché, notamment de bœuf, de volaille et de sucre, au détriment de l’agriculture locale.
En colère, les agriculteurs ont lancé des manifestations dans toute l’Europe. En France, ils ont notamment mené jeudi des opérations de blocage dans et autour de Paris. Vendredi, une opération « escargot » a perturbé le trafic sur le périphérique parisien à l’initiative de la Confédération paysanne.
Pour être validé, l’accord UE-Mercosur nécessite l’approbation de 15 pays représentant 65% de la population totale du bloc européen.
Si le feu vert final est donné, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourra signer l’accord avec les pays du Mercosur, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay – possiblement dès la semaine prochaine.
Le Parlement européen devra également approuver l’accord avant qu’il n’entre en vigueur.
PAS LA FIN DE L’HISTOIRE, DIT MACRON
Cet accord de libre-échange serait le plus important signé par l’UE en termes d’allégement douanier puisqu’il supprimerait quatre milliards d’euros de surtaxes sur les exportations.
Les pays du Mercosur appliquent des droits de douane élevés, tels que 35% sur les pièces détachées automobiles, 28% sur les produits laitiers et 27% sur les vins.
Les exportations de l’UE sont dominées par les machines, les produits chimiques et les équipements de transport, tandis que celles du Mercosur sont axées sur les produits agricoles, les minéraux, la pâte à papier et le papier.
Le commerce de marchandises entre l’UE et le Mercosur a représenté 111 milliards d’euros en 2024.
Pour convaincre les sceptiques, la Commission européenne a mis en place des mesures de sauvegarde permettant de suspendre les importations de produits agricoles sensibles.
Elle a aussi renforcé les contrôles des importations et proposé le déblocage anticipé de certains fonds alloués à l’agriculture dans le prochain budget pluriannuel de l’UE.
Ces concessions, insuffisantes pour la Pologne ou la France, semblent avoir convaincu l’Italie, longtemps réticente et dont le soutien à l’accord commercial est crucial.
Jeudi, le président français Emmanuel Macron a confirmé que la France voterait contre le traité avec le Mercosur et affirmé que « l’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire », s’engageant à continuer de protéger les agriculteurs.
L’accord UE-Mercosur pourrait ouvrir un nouveau front politique en France, où le gouvernement est déjà engagé depuis plusieurs mois dans de difficiles négociations budgétaires.
Le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) ont annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale, les deux partis dénonçant « l’hypocrisie » de la position française sur l’accord UE-Mercosur.
Sur X, le locataire de Matignon a défendu vendredi une « position claire » de Paris sur l’accord commercial et dénoncé des motions de censure qui conduisent à « affaiblir la voix de la France » et retardent encore les discussions sur le budget.
(Rédigé par Philip Blenkinsop, version française Blandine Hénault, édité par Kate Entringer)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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